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| ue | L . 4 . 5 [El L aux Romains où Paul dit « l’obéissance d’un seul est
venue sur tous pour la justice de la vie » (Rom. ce 18;).
Drescher’ soutient, il est vrai, que le mot àmaiwux que . 1 2 <
l’apôtre emploie ici vise seulement l’obéissance de Jésus
au moment de sa mort. Cette interprétation a pour elle,
que c’est évidemment la mort du Christ qui, aux yeux de Paul, a une valeur rédemptrice. Il y a certainement, dans cette manière de comprendre le texte, une grande part de vérité, mais on peut faire observer que si la mort du Christ est ainsi efficace, c’est parce qu’il n’était pas un homme pécheur comme les autres, mais un saint qui a été condamné à la place des coupables. Ces observations nous permettent d'affirmer que le àxxwyz dont parle l'apôtre n’est pas seulement l’obéissance du Christ en face de la mort, mais la sainteté de toute sa vie. Enfin, quand Paul recommande à ses lecteurs d’être ses imitateurs comine lui-même est l’imitateur du Christ (I Cor., 11, 1;),1l est évident que cette exhortation implique l’idée de l’absolue perfection du Christ.
Nous relevons aussi dans les épitres de Paul quelques allusions à des traits particuliers du caractère du Christ. C'est ainsi qu'il est question de l'amour dont il a aimé les hommes. Paul présente même cet amour comme le trait dominant du caractère du Christ, qui est pour lui « Celui qui nous a aimés » (Rom., 8, 37:;). Mais est-ce du Christ préexistant, du Christ historique ou du Christ glorifié qu’il est question dans ce passage ? Comme Paul parle ici de « ne pas être séparé de l'amour du Christ », il faut conclure que cet amour est un fait actuel au moment
1 Ouv. cité, p.25:
2. Le principe de limitation du Christ se trouve sous une forme un peu différente dans l’épitre aux Colossiens. L'auteur de cet écrit exhorte ses lecteurs à marcher d’une manière digne du Seigneur (Col., 1, r0;)..
CE QUE PAUL CONNAÎT DE LA VIE ET DES PAROLES DE résus | Se
où écrit Paul, et par conséquent, qu'il s'agit du Christ glorifié.
» sell faut cependant tenir compte d'un fait, c'est que la distinction qui nous paraît si naturelle entre le Christ
historique et le Christ glorifié, n’existait pas pour Paul
au même degré que pour nous. Il identifiait complétement lun et l’autre, et attribuait indifféremment à l’un, les prédicats de l’autre. I] est ainsi trés probable que ce qui détermine Paul à parler de l'amour du Christ glorifié, c’est l'amour que le Christ historique a témoigné aux hommes à tous les moments de son existence concrête. On pourrait faire la même observation à propos d’un autre passage de l’épître aux Romains : « Accueillezvous les uns les autres. dit l’apôtre, comme Christ vous a accueillis dans la gloire du Père » (Rom. 15,7;). Paul songe certainementau Christ glorifié accueillant le croyant dans le royaume du Père, mais il est fort possible que ce soit la bienveillance sans cesse témoignée par Jésus à tous ceux qui l’approchaient, qui lui ait inspiré cette idée.
À côté de tous ces passages à propos desquels on se demande si Paul songe au Christ glorifié, ou s’il fait allusion au Jésus de l’histoire, il yen aun où la question ne se pose pas. « Moi, Paul, écrit l’apôtre aux Corinthiens, je vous exhorte par la douceur du Christ » (II Cor., 10, 1;). L’allusion ici est d'autant plus évidente que nous avons certainement une réminiscence d’une parole de Jésus
(Matb., 11,29;)°.
1. Der erbübhte Christus ist dem Apostel genau dieselbe geschichtliche, reale
Grôüsse in der Gegenwart, die ihm der erniedrigte Christusin der Vergangenheit
ist. Für ibn steht Christus gebielend in der Geschichte, ibr Wendepunkt in der Vergangenbeit, br Angelpunkt in der Gegenwart, ibr Zielbunkt in der Zukunft. (DerssmanN, Theologische Litteraturzeitung, 189$, col 522.)
2. Nous reviendrons sur ce point dans la seconde partie de ce chapitre.
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Drescher‘ signale encore quelques autres passages dans lesquels il croit déméler des allusions aux attributs moraux de Jésus. Quand l’apôtre écrit aux Galates : « Portez les fardeaux les uns des autres et ainsi vous accomplirez la loi du Christ » (Gal., 6, 2;),ilcroit voir là une allusion à la dienende Liebe Christ; il nous paraît plus naturel d'y voir une allusion à toute son œuvre rédemptrice. Quand Paul fait son propre éloge dans la première épitre aux Corinthiens, il dit : « Ce que je dis, jene le dis pas selon le Seigneur, mais comme un fou » (II Cor., 11, 17;), Drescher en conclut que l’orgueil a dû être, d’après Paul, étranger au Christ. La conclusion nous paraît hasardée, car le sens de xarx xüproy est « dans l'esprit du Seigneur », et non, « comme aurait dit le Seigneur * ».
Ce que Paul nous dit du caractère de Jésus se réduit donc à peu de chose, maisil est à remarquer que l’impression qui se dégage des épîtres pauliniennes concernant la personne de Jésus, est exactement celle que l’on éprouve en lisant les Évangiles synoptiques. Comme le dit avec raison Drescher, il faut reconnaître que l’apôtre a précisèment choisi les traits du caractère de Jésus qui sont aussi au premier rang dans les Évangiles*.
Sur toute la période centrale de la vie de Jésus, les épitres de Paul ne contiennent que fort peu d'indications. « Le long intervalle, dit Paret, qui s'étend entre la naissance de Jésus et l'institution de la Cène, reste relativement vide * ». Un seul fait en effet est mentionné: l’institution de l’apostolat. Paul connaît les apôtres de Jésus,