‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 28 sur 111 · Voir sur ce point Il° partie, ch, vir · texte numérisé non relu

Voir sur ce point Il° partie, ch, vir

8o : PREMIÈRE PARTIE. — LES FAITS

tous », écrit-il (IL Cor., 5, 14. 15 ;), et ailleurs il déclare qu'il vit dans la foi au Fils de Dieu qui l'a aimé et qui s’est donné pour lui (Gal., 2, 20;). Quant à la cause de cette mort, quand Paul ne cherche pas à l'interpréter théologiquement, il la voit dans l'ignorance et dans l’incrédulité du peuple juif. Parlant de Ja sagesse divine révélée en Christ, il dit : « Aucun des princes de ce monde ne l’a connue, car s'ils l’avaient connue ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (I Cor., 2, 8;). Paul écrit de même aux Thessaloniciens à propos des souffrances qu'ils ont à subir de la part de leurs concitoyens : « Vous souffrez de la part de vos concitoyens ce que les Églises de Judée souffrent de la part des Juifs qui ont tué le Seigneur Jésus et les prophètes « (I Thess., 2, 14. 15). Paul sait aussi que le Seigneur fut trahi, et qu’il passa sa dernière nuit avec les siens (1 Cor., 11, 23;). Les termes mêmes qu’emploie l’apôtre pour rappeler ces faits aux Corinthiens, indiquent nettement qu’ils étaient parfaitement connus d’eux par son enseignement antérieur’. Quant au moment du supplice du Christ, il est peut-être indiqué dans la première épître aux Corinthiens, quand Paul écrit : « Christ notre Pâque a été sacrifié, célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, mais avec des pains sans levain de simplicité et de vérité (I Cor., 5, 7. 8;). Cette désignation du Christ comme l'agneau pascalest sans doute dictée à Paul par un certain parallélisme entre le supplice du Christ, et le sacrifice de la Pâque. Comme d’autre part Paul n’assimile jamais la mort du Christ à un sacrifice rituel, il est fort possible que le point de contact entre le Christ et l’agneau pascal qu'il aperçoit, consiste en ceci, que le

lPARET, Pl CU, prit

Christ est mort à énouue de l’année où était célébrée “la fête de Pâques. ;

Paul sait aussi que le Christ, avant a mourir, à institué la Cène. « Le Seigneur Jésus, dit-il, la nuit qu'il fut trahi, prit du pain, et, ayant rendu grâce, il le rompit et dit : Ceci est mon corps qui est donné pour vous, faites ceci en mémoire de moi. De même il prit la coupe, après avoir soupé, disant : Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, faites ceci en mémoire

de moi »; et l'apôtre ajoute : « Chaque fois que vous

mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu'il vienne ». (I Cor., 11, 23-26;). Ce passage est des plus importants, non seulement en raison de son contenu, mais parce que Paul n'a raconté avec autant de détail aucun autre fait de la vie de son maître.

Quant à la mort même du Christ, Paul en parle un sand nombre déstois (l Cor 11,226: Rom.6, 321445 etc.). Il nous apprend que ce fut une mort violente (I Cor., 4, 10;), accompagnée d’effusion de sang GRO 05:15 9: LConMIO, 16211, 25273)" Dlus précisément, il dit, presque à chaque page de ses épîtres, quéJésus 4 été cruciné (Gal, 122 19%13,/14:6, 12: 14: FCO Mr TS 17 101232)2400 11 Cor 1344 Rome 6,6; Phil., 2, 8; 3, 18 ;). Paul parle aussi très nettement des souffrances qui ont accompagné la mort du Christ Cordons 7 Rom ot sr Pts. Lo) Al-parte de l’affaiblissement du Seigneur lors de sa mort (II Cor. 13, 4;) et raconte qu'il eut aussi à souffrir moralement par les outrages des Juifs (Rom., 15, 3;). Enfin, Paul fait allusion à l’ensevelissement du Christ (1 Cor., 15, 4;)°.

1. Mentionnons à titre de curiosité l’allusion que découvre NôÔsGEN,

-YsTRSS

Paul a enfin considéré comme un des points principaux de ce qu'il savait du Christ, l’histoire de sa résurrec-tion : « Je vous ai appris, écrit-il aux Corinthiens, que Christ est ressuscité le troisième jour selon les Écritures, il s’est montré à Céphas, puis aux Douze, ensuite à plus de cinq cents frères à la fois, dont la plupart vivent encore et quelques-uns sont morts; ensuite il s’est montré à Jacques, puis à tous les apôtres, enfin, pour Îla dernière fois, il s’est montré à moi comme à un avorton » (E Cor., 15, 4. 8;)'. Paul est en effet certain d’avoir vu le Christ ressuscité (I Cor., 9, 1:). Ces visions du Christ dont parle ainsi l’apôtre ne sont pas de simples phénoménes physiques, maïs des faits religieux. Dans la vision que Paul eut sur le chemin de Damas, Dieu révéla son Fils en lui (Gal., 1, 15. 16;). Mais ce serait gravement errer que de conclure de ce qui précède, que les apparitions du Christ ressuscité constituent seulement un phénomèéne psychologique subjectif. Ce qui le prouve, c’est que Paul semble avoir nettement distingué les apparitions du Christ dontil parle dans la première épître aux Corinthiens (1 Cor., 9, 1; 15, 4-8;), des visions et des révéla-

(art, cité, p. 57). Dans rù xa0” AUOV yerpéypapoy rois déyuacuw dont parle Col. 2, 14; il voit une allusion à l’inscription placée au dessus de la croix. On se demande comment une inintelligence aussi complète de ce texte est possible. Il va sans dire que nous ne pouvons pas non plus suivre SCHMOLLER (art. cité, p. 669) quand il soutient en s'appuyant sur Hebr., 5,7; (!) que Paul a connu l’angoisse de Gethsemané.

1. On voit que ce récit des diverses apparitions du Christ ressuscité, ne concorde pas avec ceux que donnent les Evangiles. Nous nous bornons à signaler ce fait, en rappelant que chronologiquement, Paul est antérieur à nos Évangiles. PARET (arf. cité, p. 20) suppose, avec raison selon nous, que Paul se contente ici de faire allusion à des récits primitivement faits par lui aux Corinthiens et qui ne devaient pas se borner à un simple Go0n.

tions du Seigneur (orraciar nat amoxaAUVEL xvplou qu'il se vante d’avoir eues, dans la seconde épître aux Corinthiens (IT Cor., 12, 1;). De plus, la psychologie paulinienne rend nécessaire une résurrection corporelle du Seigneur, car, pour l’apôtre, l'âme etle corps, loin de s’opposer comme pour nous, n ont de pleine réalité que l’un par l’autre. Enfin, la résurrection corporelle du Christ nous paraît ressortir du passage Ï Cor., 15, 1 ss.;. Si Paul dans cet endroit, rappelle la résurrection du Christ, c'est pour combattre les doutes qui s'étaient élevés chez quelques membres de la communauté de Corinthe sur la résurrection des morts. Paul présente la résurrection du Christ comme les prémices et comme le gage de la résurrection de tous les croyants. « Christ est ressuscité des morts, dit-il, il est les prémices de ceux qui sont morts » (I Cor., 15, 20 ;). La résurrection du Christ est donc pour Paul de même nature que la résurrection promise aux fidèles : c’est une résurrection corporelle. Quand Paul parle de la résurrection du Christ, il emploie deux verbes : ävisrévu et tyäpen. Le premier étant un verbe neutre ne peut nous indiquer comment Paul conçoit la résurrection. Quant au second, ilest à remarquer que, quand Paul emploie à lactif, le sujet est Dieu et le complément Christ. « Dieu a ressuscité Jésus d’entre les morts », dit Paul (bsés #yeiper èx rüv vexpüv ‘Tnooëv, | Thess., Ho ct Gus Tir: 1 Cp -G AS TS, 15.1 COr 4 14 Po. St 10.0: Ephi 20: Cok, 2, 12;}; il tan contraire : « Christ a été ressuscité des morts par la gloire du Pére » (av£e0n Xpuords èx vexpov dix tie GéEnc vod matpés Rom., 6,43ct. Rom., 4, 25: 6,9;7,4:8, 34; 1 Cor., 15,4. 12. 13; etc., II Cor., 5, 15). Dans la résurrection, Christ a donc un rôle purement passif, c’est Dieu seul qui agit. Quand

il meurt, le Christ paulinien ne conserve pas commele

Christ johannique le pouvoir de reprendre sa vie e( Jean, 10, 17;), mais il meurt réellement et ce n'est que par un nouvel acte créateur de Dieu qu'il récommence à vivre.

Un dernier point reste à examiner. Paul a-t- -il connu, sous une forme quelconque, un récit de l'ascension de Jésus Christ? Nous n’avons pas de textes qui nous per-

mettent de résoudre cette question avec certitude, et nous

en sommes réduits à opérer par induction. Paul dit que Christ est assis à la droite de Dieu (Rom., 8, 34; cf. Eph., 1205:. Cols, 3,545); etila descente upGhnstioutr les nues fait partie pour lui du grand drame eschatologique (1 Thess., 4, 17:). Mais comime il ne fait pas la plus légère allusion à l’ascension, le mieux est de laisser la question sans solution. |

Page 1