‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 29 sur 111 · I. — Les paroles de Jésus · texte numérisé non relu

I. — Les paroles de Jésus

Une lecture attentive des lettres de l’apôtre Paul révèle chez lui la connaissance d’un certain nombre de paroles de Jésus’. L'examen minutieux de toutes les allusions à des paroles des Évangiles que les épîtres contiennent, est important, surtout pour l’histoire de la tradition

1. HaveT (Le Christianisme el ses origines, IV, p. 124, 125. La conversion de saint Paul, p 183), dit que Paul ne connaît pas d’autre parole de Jésus que celles de linstitution de la Cène et IT Cor., 10, 1. Ce jugement dénote une connaissance bien superficielle des épitres de Paul. Werzsæcker, Das apostolischz Zeitalter, p. 118 dit plus justement : Dass Paulus die Spriche Jesu kennt, xeigen seine Ausführungen; de même vON SODEN (ouv. cilé, p. 129) : Paulus kennt nicht nur Herrnworte sondern ist wenigstens mit einigen derselben so vertraut, dass sie auf seine exvenen Ausführungen einwirken, ja dass er einmal eines derselben geradexuwürthch in sie einfübren lässt ; Trrivs (Der Paulinismus unter dem Gesischtspunkt der Selicheit dargestellt, p. 12), dit de même : Wenn auch eine ausgesprochene Berufung auf Herrnworte uns nur spürlich begeonet, so sind dagegen die Anspielungen auf solche nicht selten.

évangélique; nous ne l’entreprendrons pas ici et nous.

nous bornerons à montrer que Paul connaît un certain nombre de paroles de Jésus.

I convient, nous semble-t-il, de distinguer les citations proprement dites, extrêmement rares, comme nous le verrons, des simples allusions. Nous distinguerons celles-ci à leur tour, suivant qu’elles présentent ou ne présentent pas une netteté telle, que l’on puisse admettre que Paul avait en écrivant une parole de Jésus consciemment

présente à l'esprit. Il peut paraître inutile de relever ici les

simples réminiscences inconscientes qui forment ainsi Ja

troisième catégorie que nous avons distinguée. Il serait en effet fastidieux d’en dresser une liste complète. On

peut dire cependant, sans paradoxe, qu’elles PHÉSTIERE plus d'intérêt encore que les citations directes.

C’est dans le récit que Paul fait aux Corinthiens que

nous trouvons la citation la plus précise. Paul rapporte

textuellement les paroles prononcées par Jésus dans le

dernier souper qu'il fit avec ses disciples (1 Cor., 11, 24. 25 ;)°. Dans un autre passage de la même épître, Paul invoque d’une manière positive l'autorité d’une parole du Christ. Les Corinthiens l’avaientinterrogé sur la conduite que doivent tenir les gens mariés : « À ceux qui

1. Cette étude a été faite par STurM (ouv. cilé). Voir aussi Rescx,

Agrapha, Leipzig, 1889 (Texte und Untersuchungen, V, 4) et Ropes, Die

Sprüche Jesu, die in den hanonischen Evangelien nicht überhefert sind, Leipzig, 1896. (Texte und Untersuchungen, XIV, 2).

2. Le texte de Paul présente certaines divergences importantes avec celui des synoptiques, mais ceux-ci présentent entre eux des différences tout aussi notables. Il est certain en tout cas que Paul entend citer le texte même des paroles prononcées par Jésus. Sur tout cela, voir STURM, auv. cité, I, p. 36; ScHWEITZER, Das Abendmabhl im Zusammenhang mit dem Leben Jesu und der Geschichte des Urchristentums, Tubingue et Leipzig,

1901, [, pp. 50 ss.

té AR STE FOMRDANERRE FIM

sont mariés, répond lapôtre, je recommande, non pas moi, mais le Seigneur, que la femme ne se sépare pas de son mari » (I Cor., 7, 10;). Il est hors de doute que Paul cite ici une parole de Jésus‘, mais on ne peut dire s’il songe à cette parole du sermon sur la montagne : « Je vous le dis : si quelqu'un renvoie sa femme, si ce n’est pour cause d’adultère, il la rend coupable d’adultère » (Math., 5, 32;); ou s’il songe, comme le pensent Feine* et Sturm’, à la réponse faite par Jésus aux pharisiens qui l'interrogeaient sur la légimité du divorce (Marc, 10, 2-12; cf. Math., 19, 3-12;)°.

Dans la même épitre encore, Paul établit le droit, pour ceux qui annoncent l'Évangile, d’être entretenus par les Églises en invoquant un ordre donné par le Christ : « Le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l'Évangile de vivre de l'Évangile » (I Cor., 9, 14;). Comme le dit Sturm *, il n'est pas vraisemblable que Paul fasse ici allusion à une révélation du Christ glorifié. Il est bien plus naturel en effet, d'admettre qu’il songe à cette parole de Jésus : « Si on vous reçoit dans une maison, mangez et

1. Ce qui confirme cette allusion, c'est qu’un peu plus loin, Paul déclare au sujet des vierges, qu'il n’a pas de préceptes du Seigneur (1 Cor., 7, 25 ;). Cette affirmation de Paul n’empêche d’ailleurs pas FEINE (ouv. cité, p. 260 . n ) de penser que l’apôtre songe ici à Math., 19, 12.

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