‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 3 sur 111 · Neues Süchsisches Kirchenblatt, 1895, n°s 45 à · texte numérisé non relu

Neues Süchsisches Kirchenblatt, 1895, n°s 45 à

2. On ne peut pas dire d’ailleurs, que le livre de FEINE ait toute l’indépendance désirable. Le parti pris de ne tenir aucun compte d'un livre comme: celui de WERNLE (Die Anfünge unserer Relivion, Leipzig et Tubingue, 1901, cf. FEINE, p. vi) en est un indice trés caractéristique. Voir les comptes-rendus qui ont été donnés de ce livre par L’ABBÉ Loisy (Revue critique, 1902, p. 243) et par CLEMEN ( Theologische Litieraturzeituno 1904, col. 12 ss.).

3. Mentionnons encore pour être complets, une bonne étude de ZILLESEN qui porte sur un point particulier : Die Begriündung der sitthchen Forderungen bei Jesus und bei Paulus (Theologische Arbeiten aus dem rheinis: + chen twissenschaftlichen Predigerverein, Neue Foloe. V, 1902, pp. 33-71).

Er ee HROEA :

Ja méthode que nous avons suivie, et le . qué nous ‘avons adopté. ;

La question la plus importante ici est celle de la délimitation des sources à utiliser. Nous avons admis, qu'à condition deles employer avec une certaine prudence, là surtout où ils ne sont pas d'accord entre eux, les Évangiles synoptiques constituent une source sûre pour connaître l’enseignement de Jésus. Sans entrer dans le détail, bornons-nous à dire que nous acceptons dans ses orandes lignes la théorie connue sous le nom de théorie des deux sources. Sans admettre toutes les conclusions de Wrede dans son livre sur Marc', nous croyons qu'il convient d'examiner, dans chaque cas particulier, si quelque vue systématique n’a pas influencé la narration des évangélistes.

Quant au IV° Évangile, c’est pour nous une œuvre théologique, aussi croyons-nous que, s’il est possible d’en tirer quelques indications sur les faits de la vie de Jésus, il faut le laisser complètement de côté quand on veut exposer son enseignement.

À cette manière de voir, une objection peut être faite, à laquelle il convient derépondre. Les Évangélistes synoptiques, pourrait-on dire, sont des esprits étroits et bornés qui n’ont su réellement comprendre, ni la personne, ni l’œuvre de Jésus. Ils se sont contentés de reproduire un côté de son enseignement, pas même le plus important. Aussi faut-il complèter le tableau qu’ils tracent, au moyen des indications que nous fournissent Paul et Jean*. Si cette

1. Das Messiasoeheimnis in den Evanoelien, Güttingue, 1907. 2. Telle est en particulier l’opinion de GLoarz (cf. p. 4, n. 1).

INTRODUCTION 4 A AA

objection « était Baie, la présente étude n'aurait plus

aucune raison d’être. Examinons-la donc avec soin.

Un premier fait doit étre noté. La prédication des premiers apôtres, telle qu'elle nous est connue par les discours du commencement des Actes, est, dansses grandes lignes, parfaitement d'accord avec le contenu des Évangiles synoptiques. L'idée de l’expiation par la mort du Christ n’y a aucune place. L'image du Christ que les synoptiques nous ont conservée est donc celle qui avait cours dans l’Église de Jérusalem, au lendemain de la Pentecôte. Est-il vraisemblable que cette image soit infidéle, et doive être complétée par l’idée que s’est faite du Christ, l’apôtre Paul, entré plus tard dans l’Église, et qui, ne l’oublions pas, n'a en tous cas jamais connu de près le Christ historique, mais a affiché la plus souveraine indifférence à l’égard de tout ce qui concernait le Christ selon la chair (IT Cor. $, 16 ;)? Sans doute, dira-t-on peutêtre, mais il y a l'Évangile de Jean, l’apôtre bien-aimé, qui a su comprendre dans toute sa profondeur l’enseignement du Maître, et il se peut fort bien que cesoit à l’apôtre Jean que Paul doive son intelligence supérieure de l'Évangile. Cette objection ne nous paraît pas redoutable. Nous ne saurions, pour notre part, admettre que le IV* Évangile soit l’œuvre d’un disciple immédiat du Christ. Nous croyons qu’il a pour auteur un homme de la seconde, peut-être même de la troisième génération chrétienne, tout imbu d’esprit alexandrin, et de qui la théologie suppose avant elle le paulinisme’. Mais cette

1. Nous avons essayé de le montrer sur un point particulier dans notre étude : La notion johannique de l'Esprit el ses antécédents historiques. Paris,

| 1902, pp. 157-160.

INTRODUCTION

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