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opinion n’est pas universellement reçue, il nous faut
donc démontrer que, même en admettant quil soit
l’œuvre de l’apôtre Jean, ce ne peut être à lui que Paul doit ce qui caractérise son évangile. Il est certain d’abord
qu’en tout état de cause, l’apôtre n’a pu connaître le IV°
Évangile, composé de l’aveu même des défenseurs de l'au-
thenticité, un certain nombre d’années après sa mort”. Quant à l’idée d'un enseignement donné directement à Paul par Jean, il la faut repousser sans hésiter. Rien dans les épiîtres de Paul n’autorise une telle supposition, qui a contre elle les déclarations formelles de l’apôtre (Gal., F2, 6-10). É
Passons maintenant à une seconde question : celledes sources de notre connaissance du paulinisme. Il faut diviser les documents que nous possédons en trois classes :
1° Sources de premier ordre. Epîtres d’une authenticité incontestable : Première aux Thessaloniciens, Galates, Première et Seconde aux Corinthiens, Romains, Philémon et Philippiens; 2° Sources suspectes. Épiîtres d'une authenticité douteuse : Éphésiens et Colossiens ;
3° Sources à rejeter. Épitres inauthentiques : Seconde
aux Thessaloniciens, Pastorales (Première et Seconde
à Timothée, Tite), et Discours de Paul conservés dans les Actes des Apôtres”.
1. Entre 80 et 90 d’après Goper (Commentaire sur ,Évangile de, saint Jean, 3° éd., Paris, 1881, t. I, p. 283) La date indiquée par Godet nous parait être trop ancienne. Pour notre part nous plaçons la composition du IVe Evangile une quarantaine d'années plus tard.
2. L'existence de fragments authentiquement pauliniens dans les épitres pastorales et dans les discours des Actes, nous paraît non seulement possible, mais encorc très vraisemblab'e; mais, étant donn£ l'impos-
INTRODUCTION F0
Donner ici les raisons qui nous ont fait adopter cette
classification, nous entraînerait trop loin. Bornons-nous
à quelques indications en ce qui concerne le second groupe, celui où nous avons rangé les épîtres aux Éphésiens et aux Colossiens. Nous avouons qu’il ne nous a pas été possible, jusqu'à présent, d'arriver sur ce point à une conclusion arrêtée. Les objections que l'on fait valoir contre l'authenticité de ces épitres nous paraissent avoir un grand poids, mais quelques-uns des arguments mis en avant par les défenseurs de l’authenticité nous semblent très sérieux. C’est ainsi qu’il est bien difficile, dans l'hypothèse de l’inauthenticité de ces épîtres, d’expliquer le lien étroit qui unit l’épître aux Colossiens à l'épître à Philémon, dont rien à nos yeux ne permet de soupçonner l'authenticité. La vérité nous paraît être du côté d’une hypothèse comme celle de H. Holtzmann' qui voit dans l’épitre aux Éphésiens l’œuvre d’un faussaire qui aurait imité l’épître aux Colossiens, et ensuite remanié son modéle. Quoi qu'il en soit, nous n’avons pas cru devoir écarter complètement les épitres aux Ephésiens et aux Colossiens, comme nous avons écarté, par exemple, la seconde aux Thessaloniciens, mais nous avons eu soin d'indiquer nettement, chaque fois que nous nous sommes appuyés sur les textes de ces épitres’.
sibilité de les délimiter avec précision, nous croyons qu'il vaut mieux n’en pas tenir compte ici.