Ce résumé paraît aussi être visé dans Rom
Seigneur ».… (I Cor., 5, 43). Il est certain pour nous que
Paule songe à cette parole de Jésus : « Là où deux ou trois sont assemblés (suvmuév) en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Math., 18, 20;). | De même, quand Paul blâme les Cofinthiens d’avoir des procès, il leur dit qu'il vaudrait mieux qu’il se laissent
faire injustice (1 Cor., 6, 5 ;). Il est trés naturel de voir
là une allusion à cette parole de Jésus. « Je vous dis de ne pas résister au méchant. à celui qui veut te faire un procès et te prendre ta tunique, donne aussi ton manteau » (Matb., $, 39. 40;). |
Dans l’hymnede la charité (I Cor., 13 ;), nous trouvons encore des allusions à deux paroles de Jésus : « Si j'avais toute la foi, jusqu’à transporter les montagnes. », dit lapôtre (1 Cor., 13, 2;). « Si vous aviez de la foi gros comme un grain de moutarde, avait dit Jésus à ses disciples, vous diriez à cette montagne : Vat'en d'ici la et elle obéirait » (Math., 17, 20; cf. Maïh., 21, 21; Luc, 17, 6;). Au versetsuivant, Paul dit : « Si je vendais tous mes biens pour être distribués aux pauvres. » (I Cor.,
13, 3;). Cela fait songer à cette parole de Jésus : « Ven-
dez tous vos biens et distribuez-les en aumônes » (Luc, 12, 335).
La seconde épître au Corinthiens ne nous présente qu'un parallèle certain : « Je vous exhorte, écrit Paul, par la douceur et la miséricorde du Christ » (à sis mpaËrros ua émierxelas toù Xpioro, IL 'Cor. 10; 14) Ceci nous paraît être une allusion à la parole de Jésus : « Je suis doux et humble de cœur » (roue eu rai rameuwèc 1ÿ xapda, Math., AR de
1. Ce qui confirme la réalité de ce parallèle, c’est que l’idée de l’humi-
L’épitre aux Romains nous fournit quelques parallèles intéressants : « Bénissez ceux qui vous persécutent », écrit l’apôtre, « bénissez-les et ne les maudissez pas » (Rom., 12, 14; eohoyeïre rod iwxovras, ebAoyeïre Aa ph ratapäs0e). Ce sont presque les termes mêmes qu'emploie Jésus : « Bénissez, dit-il, ceux qui vous maudissent » (eboyeïe rod xatapwyévous, Luc, 6, 28;). Dans le même chapitre, Paul dit : « Ne rendez pas le mal pour le mal » (Rom., 12, 17;). C'est là un parallèle de la parole de Jésus : « Je vous le dis : Ne résistez pas au méchant » (Maith., $, 39;).:
Paul écrit : «Je sais et je suis persuadé dans le Seigneur Jésus que rien n’est impur par soi-même » (Rom., 14, 14;). Il est fort possible que Paul parle ici d’une conviction personnelle qui est « dans le Seigneur » comme sa vie tout entière, mais il faut remarquer que dans ce cas on attendrait plutôt Christ que Jésus car, par le terme de «le Seigneur Jésus », Paul désigne plutôt le Christ historique (I Cor., 11, 23; pourtant I Cor., 12, 3;), aussi est-il très possible que Paul songe ici à une déclaration de Jésus, étant donné surtout que nous savons que Jésus a dit : « Ce n’est pas ce qui entre dans le corps qui souille l’homme » (Maib., 15, 11 ;).
Nous avons maintenant à énumérer sans nous y arrêter un certain nombre de réminiscences des paroles de Jésus. Ce qui fait leur importance, c’est leur fréquence. Par là, le hasard est tout à fait exclu et nous avons la preuve que l’apôtre était tout nourri des paroles de Jésus, puisque tout naturellement un mot ou une image employée par le maître, lui vient à l'esprit quand il écrit. L'idée de l'appel de Dieu dans 1 Thess., 2, 12 ; rappelle la parabole
lité qui ne se trouve pas dans la partie du texte paulinien que nous avons citée se retrouve dans le contexte (10, 1 B;).
du festin de noces (Math., 22, 3 ss.; Luc, 14, 16 ss.;). L'idée du comble mis par les Juifs à leurs péchés en s’opposant à la prédication de l'Évangile (I Thess., 2, 16:), rappelle un passage du discours de Jésus contre les pharisiens (Math., 23, 13;). Cette réminiscence est d'autant plus frappante, que dans le même verset, Paul parle de la colère qui viendra surles Juifs au dernier jour, et quecette idée est exprimée dans la même parole de Jésus. Quand Paul dit que le temps de la parousie est inconnu et qu’elle viendra comme vient un voleur (I Thess., 5, 1. 2;), il y a certainement là une réminiscence des paroles de Jésus (Math., 24, 36-43 ;). Paul parle de même, comme Jésus, de langoisse des derniers jours (1 Th., 5, 3; cf. Luc., 21, 34;). II dit dans l’épître aux Galates : « Quand les temps furent accomplis, Dieu envoya son Fils (Gal., 4, 4;). Cela rappelle que Jésus commença sa première prédication en disant : « Les temps sont accomplis » (Marc., x, 15;). L'opposition qu’établit Paul entre la sagesse du monde et la folie de Dieu (I Cor.,r, 185ss.; cf. Phil., 3, 19;), s'inspire . de celle que fait Jésus entre les pensées de Dieu et les pensées des hommes, quandil dit à Pierre : « Retire-toi de moi, Satan, tu n'as pas les pensées de Dieu, mais les pensées des hommes » (Marc., 8, 33 et paral.;). De même, quand Paul écrit aux Corinthiens qu'il n'y a pas parmi eux beaucoup de sages (I Cor., 1, 26;), il faut voir là comme un écho de la parole de Jésus sur la révélation aux enfants (Math., 11, 25; Luc, 10, 21;). Paul déclare que le monde ne connaît pas Dieu (1 Cor., 1, 21; 2, 8;). Ceci nous semble être une réminiscence de la parole de Jésus : « Nul ne connaît le Fils que le Pére, et nul ne connaît le Pére que le Fils et celui auquel il a plu au Fils de le faire connaître (Math., 11, 25 ;). Paul déclare que les Juifs demandent des miracles (I Cor., 1,
np Le
22:), et cela fait songer à une déclaration identique de Jésus (Math. 12, 38 ss.;). L'idée du « mystère dé Dieu ». (L.Cor!, 2,075 4/1 0Rome, 16, 252); UDBE trouve plusieurs fois chez Paul, rappelle peut-être (Maib., 13, 113 Marc, 4, 11: Luc, 8, 10;)'. Quand Paul dit qu’il est le jardinier de Dieu (I Cor., 3, 9; cf. 9, 11), ou qu’il pose le- fondement (I Cor., 3, 10;), ou qu'il est l'administrateur des mystères de Dieu (I Cor, 4, 1.23), il fait probablement allusion aux paraboles du semeur (Math., 13, 1-9; et paral.;), du grain de senevé (Marc., 4, 30, et paral.;), de la maison bâtie sur le roc (Math., 7, 24-27 et paral.;), de l’économe infidèle (Luc, 16, 1-12;), des talents (Math., 25, 14-30 et paral.;). Quand Paul dit : « Tout est permis, mais tout n’édifie pas » (I Cor., 6, 12;), il se peut qu'il songe à la parole de Jésus : « Les fils du Royaume sont libres du tribut » (Math., 17, 26;). Paul rappelle comme Jésus l'unité profonde de l’homme et dela femme enseignée dans la Genèse (I Cor 6 "HOT Ti CI Mano mseec Dale devornde glorifier Dieu par sa vie, tel que Paul l’expose (I Cor., 6, 20; 10, 31;), rappelle l’exhortation de Jésus : « Que votre lumière luise devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et qu’ils glorifient votre père qui est dans les cieux » (Math., 5, 16;). Les épreuves que Paul prédit, à cause de la proximité de la parousie à ceux quise marient(I Cor., 7, 28 ;), rappellent les prophéties de Jésus
1. Il est très vraisemblable, comme l’a montré JüzicHEr (Die Gleichnisreden Jesu, I (2° éd.)., Fribourg, Leipzig, Tubingue, 1899, p. 144; cf. WREDE, Das Messiasoeheimnis in den Evangelien, Güttingue r901), que Jésus n’a jamais entendu donner aux paraboles qu'il racontait au peuple un sens mystérieux accessible aux seuls initiés. La parole, Marc, 4, 12 et paral. serait donc inauthentique. La dépendance serait ici du côté des synoptiques, plutôt que du côté de Paul.
| CE QUE PAUL CONNAÎT DE LA VIE ET DES PAROLES DE JÉSUS 93 sur l'angoisse finale et la malédiction sur les femmes qui . Seront enceintes Où qui allaiteront à ce moment-là (Luc, 21, 23 et paral.;). Ce que Paul dit du scandale (I Cor., 8, 11-13; cf. Rom., 14, 13;), rappelle l’enseignement de Jésus sur ce point (Math., 5, 29; 18,6;). Paul dit aux Corinthiens que lorsqu'ils sont invités quelque part, ils doivent manger tout ce qui leur est présenté (xäv rà rapari)épevoÿ duty écôiere, Î Cor., 10, 27;). Ces mots sont exactement les mêmes que prononce Jésus :« Mangez, dit-il aux disciples qu'il envoie évangéliser, ce qu’on vous présen-
tera » (Esbiere rà raparéueve div, Luc., 10,8 di: Il faut tou-
tefois remarquer que l’idée exprimée n’est pas la même chez Jésus et chez Paul. Jésus ne songe pas à la distinction des aliments purs et impurs, il veut seulement établir le droit de ses disciples à être nourris par ceux qu'ils évangélisent. Paul, au contraire, songe à la question des viandes sacrifiées aux idoles. La rencontre n’en est que plus intéressante, car elle nous montre que pour Paul les paroles de Jésus ont une autorité qui n’est pas seulement celle de leur contenu. Dans la même épiître encore, qui, on le voit, est celle qui nous présente le plus grand nombre de points de contact entre Paul et son maître,
l’apôtre écrit : « Personne ne peut dire parlant dans
l'esprit de Dieu : Jésus est anathème, et personne ne peut dire : Jésus estle Seigneur, sicen’est dans l'esprit saint » (I Cor., 12, 3;). Titius' croit que ces expressions, un peu obcures, s'expliquent peut-être si on en rapproche une ‘ parole de Jésus que Marc nous a conservée : « Personne ne peut, dit le Seigneur, faire un miracle en mon nom et ensuite dire du mal de moi » (Marc, 9, 39;). Il n’est pas impossible, en effet, que Paul en écrivant la