‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 48 sur 111 · NU EE EC · texte numérisé non relu

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2° Digression : Le péché dans le monde depuis Adam jusqu’à Moïse (13-14.). ;

3° Divergences entre les deux termes de la comparaison.

a) Introduction (15 a;).

b) Première différence : La grâce plus puissante que le péché (rs b).

c) La justice ne vient pas d'un seul homme pécheur, mais porte sur un grand nombre de transgressions (16;).

d) Conclusion : Par un péché, la mort a régné. A bien plus forte raison la vie viendra sur les disciples du Christ-(17:).

4° Deuxième énoncé du parallèle (18. 19;).

5° Rôle de la loi : Faire abonder le péché pour que la grâce surabonde (20. 21;).

Reprenons maintenant ces différents points. Il y a intérêt, croyons-nous, à commencer cet examen par les points secondaires, plus facilement intelligibles, pour aller ainsi du simple au complexe. Il y a une premiére digression sur le péché dans le monde depuis Adam jusqu’à Moise, c'est-à-dire avant la promulgation de la loi (13.14;). Pendant cette période, le péché existe réellement dans le monde. Son règne se manifeste par le règne de la mort, mais ce péché n’est pas imputé parce qu’il est en quelque sorte informe, en ce sens qu’il n’est pas la transgression d’un commandement donné par Dieu à l’homme. Ce péché, dit expressément Paul, n’est pas semblable à celui d'Adam. Le premier homme en effet a péché d’une manière consciente et voulue, tandis que les hommes qui lui ont succédé n'ont pas eu conscience de pécher. Nous trouvons ici, on le voit, les mêmes idées que nous avons déjà rencontrées en étudiant les rapports de la loi et du péché. Ce sont ces mêmes idées que nous

trouvons’encore dans la digression finale où Paul affirme que la loi est venue pour faire abonder la transgression (20 er

Le parallèle lui-même n’est pas réguliérement développé. Nous avons déjà vu que des digressions et des restrictions l'interrompent à chaque instant. Paul n’y revient pas moins de quatre fois : au verset 12 d’abord, mais d'une manière incomplète, au verset 17, aux versets 18 et 19, et enfin dans la conclusion du verset 21. Le premier terme de la comparaison est Adam. C’est par lui que le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort. Paul précisant davantage dit même que c’est par la désobéissance (raparoñ. rapérsoux) d’Adam que le péché est entré dans le monde (17-19;). Ce péché qui n’est cependant pas identique à celui d'Adam entraîne la mort (12. 14. 15. 17;). Du fait d'Adam, le péché a donc régné dans la mort (Esaaihevoev ñ Auapria Ev To Oavdtw, 21 à

Est-ce, comme on le comprend parfois, que l’apôtre ait pensé que tous les hommes ont péché en Adam? Cette explication ne nous paraît pas admissible, car, s’il est dit que les hommes qui sont venus avant Moïse n'ont pas péché exactement comme Adam (ëri r® éporpan rie rapabdsews Addy, 14;), il n'est nullement dit qu’ils n’ont pas péché; de plus, ce n’est pas directement la mort qui règne par l'effet de la transgression d'Adam, mais le péché, c'est-à-dire une puissance qui produit des actes. Enfin, et cette raison est surtout importante à nos yeux, il ne nous semble pas naturel de traduire (i’ 6 tavrec fuaprov, 12;) par: « en qui tous ont péché », 6 se rapportant à evè avbpwrev qui est tout à l’autre bout de la phrase‘. La tra-

1. À ces raisons s’en ajoute une autre, qui n’est pas sans valeur, c’est que,

si Paul avait voulu exprimer l’idée que tous les hommes ont part au péché : d'Adam, il aurait trouvé pour le dire une formule plus précise que celle-là.

duction la plus naturelle de cet ts’ est celle que donnent entreautres Wilke Grimm'quiconsidèrentis écommeune expression syncopée pour ër! eût ër:, parce que. Il faut alors comprendre que la mort a régné sur tous les hommes parce que tous ont péché. Nous aurions donc ici seulement l’affirmation que, par suite du péché d'Adam, tous les hommes ont péché”.

Le second terme du parallèle, le Christ, nous intéresse beaucoup moins ici. Bornons-nous à dire que pour notre auteur le Christ est le principe et la source de la vie pour toute l'humanité. Quant aux restrictions que présente Paul, elles visent, non à différencier le cas d'Adam du cas du Christ, mais à affirmer, par une sorte de raisonnement d fortiori, que les conséquences de l’obéissance du Christ doivent être plus étendues encore que celles du péché d'Adam, car la grâce et la vie doivent être plus puissantes que la mort et le péché.

Quel que soit l'intérêt du parallèle que nous venons d'étudier, il ne nous apprend en dernière analyse que peu de chose sur l’origine du péché. Il nous fait connaître seulement que pour Paul le règne du péché à commencé avec la désobéissance d'Adam. L’apôtre ne nous dit d’ailleurs pas ce qu'a été cette désobéissance, mais, étant donné ce que nous savons de son respect pour l'autorité de l'Ancien Testament, il est en tous cas fort vraisemblable qu’il s’en tenait sur ce point au récit de la Genèse, mais il ne nous est pas possible de savoir s’il ne l’allégorisait pas.

Il faut maintenant quitter le terrain de l’histoire pour

PACIQUIS, p.162:

2. Il faut cependant maintenir comme le fait avec raison MéNécoz (Le

péché et la rédemplion.…., p. 62, n. 1), qu’il y a chez Paul l’idée d'une fatalité dans le péché.

suivre Paul sur celui de la psychologie. L’apôtre esquisse en effet une théorie psychologique de l’origine du péché, dans le passage du premier chapitre de l’épitre aux Romains, Où il parle de la révélation primitive de Dieu et du péché qui a suivi le rejet de cette révélation.

On peut dans ce passage, distinguer trois développements successifs, sans que cependant la limite qui les sépare soit nettement marquée. L’apôtre affirme d’abord que la colère de Dieu se manifeste du ciel sur l’injustice et l’impiété des hommes (Rom., 1, 18;). L'idée que les hommes s'opposent à la vérité, c’est-à-dire qu’ils refusent d’adorer Dieu, amène le développement suivant où Paul affirme que Dieu s’est révélé aux hommes, mais que ceux-ci se sont cependant livrés à l’idolâtrie (1, 19-23 ;). L’apôtre indique ensuite quelles ont été les conséquences de cette idolâtrie: Dieu a abandonné les hommes à leurs passions et ils sont tombés dans toutes sortes de crimes et de souillures (1, 24-32). La marche des idées est donc très simple. Paul part de l’idée d’une révélation naturelle par laquelle Dieu fait connaître à l'homme quelque chose de lui-même. Ce qui peut être connu de lui (53 yrworèv roù Oec5, 1, 19;)', ce sont ses attributs invisibles (rx éépura aùro5) qui sont révélés depuis la création du monde (1, 20;). La nature de ces attributs n’est pas facile à définir : Paul mentionne seulement la puissance (ados Divaus) et quelque chose de très vague qu'il nomme la divinité (beérne, 1, 20;).Il ne s’agit pas d’une vue adéquate de Dieu, mais cette révélation est suffisante pour que Paul puisse dire que les hommes connnaïssent ou ont connu- Dieu (yvévres rov Ocdv, 1, 21). Mais les hommes se sont injustement opposés à la vérité, ils

1. Id quod de Deo cognosci potest (Wizxe Grimm, Clavis, p. 82).

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