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ont refusé d’adorer le Dieu qui se révélait à eux, mais ils se sont perdus dans des raisonnements vains, leurs cœurs se sont obscurcis et ils sont devenus fous. Au lieu d’adorer le Dieu incorruptible, ils ont adoré des hommes et des animaux, ils ont adoré la créature au lieu du créateur (1, 21-25;), enfin ils n’ont pas voulu connaître Dieu (oùx EdonipLacay rdv Geo Éyeu èv émryywoet I, 28 >» Dans les versets que nous avons cités, il n’est question que d’un seul et même fait, le rejet par les hommes de la révélation de Dieu et le refus de l’adorer.
En un mot, les hommes ont répondu à la révélation de Dieu par l’impiété et par l'idolâtrie; telle est, nous allons le voir, la cause du péché. Leméprisdela révélation de Dieu attire en effet sa colère (1, 18 ;); il abandonne les hommes aux passions infâmes de leurs cœurs (1, 24. 26;) si bien qu’ils se livrent à la débauche et déshonorent leurs corps (1, 24;). On sait ce que Paul entend par les passions infâmes, qu’il décrit en deux versets d’un réalisme et d’une crudité tels, qu’on ne peut les citer (1, 26. 27;). Mais ce n’est pas seulement la débauche sous les formes les plus horribles qu’elle a revêtues dans le monde grécoromain, que Paul considère comme la conséquence de lidolâtrie, c’est d’une manière générale, tout ce qui est mauvais, soit dans les sentiments, soit dans les actes, c'est tout ce qui est contraire à l’ordre (xx un xa0#rovra, I, 28;). L'’apôtre donne une longue liste des crimes et des vices, qui va du meurtre jusqu’à la dureté de cœur, et il a bien soin d'indiquer que son énumération n’est pas limitative, car il a dit que la colère de Dieu vient sur ceux qui font des choses semblables (roue, 1, 32;).
D'après ce passage, le péché résulte donc de ce que Dieu a abandonné l’homme à ses passions. Pour bien comprendre la pensée de l’apôtre, il est utile de déter-
LE PÈCHE 1 AATSS
miner de quels hommes il est ici question. S'agit-il de tous les hommes, ou bien la révélation dont parle Papôtre a-t-elle été accordée seulement aux premiers hommes ?
Il n'est pas possible de résoudre complètement cette question. Il se peut d’ailleurs fort bien que Paul ne se la soit pas posée. Rien en tous cas dans notre passage ne donne une indication, ni dans un sens ni dans l’autre. Il est toutefois permis de faire remarquer que la pensée de Papôtre semble avoir une allure générale, et qu'il ne paraît pas que l’auteur, en écrivant le passage qui nous occupe, décrive même dans ses grandes lignes le cas des individus. Non seulement les débauches grossières dont il parle, quelque répandues qu’elles aient été au premier siècle, ne pouvaient pas être universelles, mais encore, si Paul visait tous les individus de tous les temps et de tous les pays, il faudrait admettre qu’il exclue de la domination du péché tout le peuple juif, auquel on ne pouvait en tous cas pas reprocher l’idolâtrie.
Il est donc permis de croire que nous avons dans le premier chapitre de l’épitre aux Romains une théorie sur l’origine du péché, non pas dans l'individu, mais dans la race. Cette théorie reste muette sur un point important : la question de la transmission du péché, mais les passages que nous avons étudiés plus haut nous permettent heureusement de combler cette lacune, et d'affirmer que pour Paul, la culpabilité de l'individu entraîne celle de la race.
Une question très délicate se pose ici. Quel rapport y a-t-il entre l’idolâtrie dont Paul fait dans Rom., 1, 185ss. la cause du péché, et la transgression d'Adam qui d’après Rom., 5, 12 ss. fait entrer le péché dans le monde? Il va sans dire qu’en l'absence de déclarations précises de Paul,
nous ne pouvons guêre faire sur ce point que des hypothèses, Il nous paraît vraisemblable que pour Paul, le récit delaGenésesurla désobéissance d'Adam, n’était qu’un récit allégorique de l’idolâtrie des premiers hommes. Nous ne voulons pas dire par là que Paul ait douté de l’historicité du récit de la Genèse. La manière dont il traite les récits relatifs à Agar et à Sarah (Gal., 4,21-31;), nous montreen effet, qu’à côté du sens littéral, il savait trouver aux textes de l'Ancien Testament un sens allégorique. Mais nous tenons à le répéter encore, c’est là une simple hypothèse, car les textes ne suffisent même pas pour décider si la question du rapport de l’idolâtrie des premiers hommes et de la désobéissance d'Adam s’est posée devant l’apôtre.
Si nous essayons maintenant de réunir les différents éléments de la théorie paulinienne de l’origine du péché, nous verrons que la cause première du règne du péché est une faute initiale du protoplaste, faute qui a consisté essentiellement en une désobéissance, en d’autres termes, en une idolâtrie.
La colère de Dieu, ainsi provoquée, se manifeste par l'abandon de l’homme par Dieu. En conséquence, l’homme a été livré aux passions de sa chair. Celle-ci, maintenue dans l’ordre tant que l’homme n’était pas livré à lui-même, est devenue toute puissante quand l’homme a été abandonné. Le péché a régné alors au moyen de la chair devenue le principe dominateur dans l’homme. La transmission du pêché d'Adam à ses descendants s’explique par ce fait, que ce n’est pas l’homme, que Dieu a abandonné, mais sa race.
Ce péché cependant était en quelque sorte informe, il a fallu que Dieu fit intervenir la loi pour le multiplier, afin qu'à l’excès du mal, répondit le reméde, pour que là où le péché a abondé, la grâce puisse surabonder.
Ce que nous avons vu de l’origine et de la nature du péché, nous permet de comprendre pourquoi il fallait que dans le système paulinien le péché fût conçu comme universel ; aussi pouvons-nous nous borner à citer ici quelques-unes des affirmations de l’universalité du péché que l’on trouve dans les épîtres de Paul. Dans l’épiître aux Galates, Paul déclare que l’Écriture a tout enfermé sous le péché (Gal., 3, 22;). Dans l’épitre aux Romains, il affirme que tous les hommes, Juifs et Grecs, sont pécheurs, et à l'appui de sa thèse, il apporte comme un réquisitoire contre l'humanité, une série de déclarations de l'Ancien Testament. « Il n’y a pas de juste, dit-il, pas un seul. Personne n’est intelligent, personne ne cherche Dieu. Tous se sont détournés et corrompus ensemble. Il n’y en a pas un qui fasse le bien, pas un seul » (Rom., 3,955. ;). Dans le même chapitre, il'affirme de nouveau : « Il n’y a pas de différence, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom., 3, 23 ;). Enfin, arrivé à la fin de son exposé dogmatique, Paul résume ainsi sa pensée : « Dieu les a tous enfermés sous la désobéissance, afin de faire miséricorde à tous » (Rom. T2)
Un dernier point reste à examiner : la question des conséquences du péché. Ici encore, la pensée de Paul est d’une netteté qui ne laisse place à aucun doute. Il y a cependant lieu de constater chez Paul deux courants de pensée, légèrement divergents. D’après l’un, c’est de la colère de Dieu que vient le châtiment du péché ‘. D’après l'autre au contraire, il semblerait que la mort soit la conséquence pour ainsi dire logique du péché, sans que l’intervention de Dieu soit nécessaire.
t. H. Hozrzman, Neulestamentliche Theologie, II, pp. 48, 49.
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