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sents qui ne goûteront pas la mort jusqu’à ce qu'ils aient vu le Royaume de Dieu venir avec puissance » (Marc, 9, 1; cie Math, T6, 28%1Lnt; 9,275:
IT. — La christolooie de lapôtre Paul.
Avec la christologie, nous abordons la doctrine centrale de la théologie paulinienne. Écrivant aux Corinthiens, l’apôtre caractérise l’enseignement qu’il leur a donné en disant : « Je n’ai rien voulu savoir parmi vous que Jésus-Christ et Jésus-Christ crucifié » (1 Cor., 2, 2; cf. 1, 23 ;). Nous nous efforcerons dans ce chapitre, d’exposer la pensée de l’apôtre sur la personne, la nature et l’œuvre du Christ, laissant provisoirement de côté la question de savoir comment cette œuvre s'applique à chaque individu chrétien.
Nous avons vu, dans un chapitre précédent, ce que Paul connaît de la vie et de l’enseignement du Christ historique, nous avons vu l'autorité qu’il attribue à son enseignement. On peut dire toutefois, que le Christ qui a vécu, qui a été de lieu en lieu en Galilée, en Judée, en Samarie, n est pas le véritable Christ de la piété de Paul. Ce Christ est en effet un Christ charnel, c’est-à-dire qu’il a vécu dans la chair, et qu’il est connaissable pour l’être charnel, tandis que le véritable Christ n’est connaissable que pour le croyant. Le vrai Christ pour Paul, est le Christ glorifié, c’est celui de qui-il peut dire : « Le Seigneur c’est l’Esprit » (II Cor., 3, 17;). Du Christ de la chair au contraire, il dit : « Si nous avons connu le Christ selon la chair, nous ne le connaissons plus » (4 Cor.
Membre du peuple juif (Rom., 9, 5;), appartenant à la race d'Abraham, héritier des promesses faites à ce pctriarche (Gal., 3, 16;), né de la descendance de David CRom., 1, 3:), le Christ apparaît d’abord chez Paul comme le Messie promis à Israël et comme l’aboutissement et le couronnement de tout l’Ancien Testament.
‘La dignité messianique du Christ est affirmée par Paul
chaque fois qu’il emploie le nom de Christ. Ce mot en effet n’est pas chez lui un nom propre, c’est un nom commun qui signifie « l’oint, le Messie »'.
Quant à sa nature, ce Messie est désigné comme le Fils de Dieu : « Lorsque vint l'accomplissement dutemps, Dieu envoya son Fils pour racheter ceux qui sont sous la loi » (Gal., 4, 4. 5;). Jésus est souvent appelé par Paul le Fils de Dieu (I Thess., 1, 10; Gal., 1, 16; 2, 20; 4. 4.6; I Cor., PUNAER 20, CORSA TO ROM NT AL OS LORS 03 25-Col, 1: M3: NEDH A 13) etinvetsements Dieu est appelé le Père de notre Seigneur Jésus-Christ ÉRÉor Pr sel ns 24 H-Cor mors Er 30 Ron, 2 ef6; 4:12] 15;6:. Philèm;s: [el Phil rss tel Eph.,1,2;{?]x,3;Col., 1,3:). En disant que le Christest le Fils de Dieu, Paul n’a certainement pas voulu exprimer par là une théorie métaphysique sur le processus par lequel Dieu a engendré le Christ. La seule chose à noter, c’est que, pour Paul, le Christ est le Fils de Dieu autrement que les hommes. L’expression qu’emploie Paul — ès — est la même, qu'il s'agisse du Christ, ou des hommes, mais il y a une différence qui consiste en. ceci, que le Christ est fils par nature, tandis que les hommes le deviennent par adoption. Il est vrai que,
i. Îl faut pourtant reconnaître que chez Paul, dans certains passages au moins, le mot Christ commence à être un nom propre.
d’après un passage de l’épitre aux Romains, il semble que le Christ ne soit le Fils de Dieu qu’à partir du moment de sa résurrection, mais le sens véritable de ce passage est que c’est par la résurrection que la filialité divine du Christ est manifestée au monde.
Si nous essayons de préciser le sens de cette filialité
divine, nous rencontrons d’abord le problème de la
préexistence”. Le Christ a-t-il eu une existence antérieure à sa vie terrestre, ou bien, a-t-il été créé par Dieu au mo-
ment de son entrée dans le monde? Un certain nombre
de passages permettent de résoudre cette question dans le sens de la préexistence. Déjà dans l’épître aux Galates, nous trouvoi s quelques expressions qui paraissent l’impliquer : « Lorsque vint la plénitude du temps, dit l’apôtre, Dieu envoya son Fils » (Gal., 4, 4;). L’expression #£arioraey qu'emploie Paul indiqueque ce Fils existait avant le moment de son entrée dans le monde, car, s’il y avait à ce moment-là un acte spécial de création de la part de Dieu, quelque chose lindiquerait dans la phrase de Paul. Ce passage n'implique pas sans doute la préexistence d’une manière absolument nécessaire, mais il ap-
1. Cf. Rom., 1, 4; L'expression dont le sens est douteux est celle-ci : mob éprobivros vioù Deoï èv duvaue: xaTX T'edua dylwolvns LE avasräsews vexpüv. Le sens ordinaire du verbe épifw est en effet : établir, constituer, etc. (cf. Ackes, 2, 23; Héb., 4, 7; etc.) mais il est évident ici que le Christ est Fils de Dieu avant sa résurrection puisqu'au verset 3 nous trouvons l'expression : « Son fils, né de la femme ». Pour bien comprendre ce passage, il ne faut pas séparer le mot épisbévros des mots ëv duvquet Le sens est donc que Jésus, par la résurrection, a été proclamé puissamment Fils de Dieu, alors qu'auparavant il l'était sans doute, mais dans l’abaissement et ignoré de rous Cf. Wie Grimm, Clavis, P-3ES.
2. LossrEIN, La notion de la préexistence du Fils de Dieu, Paris, 1883, pp. 23-48; PFLEIDERER, Der Paulinismus, p. 125; H. Hozrzmanx, Neutestamentliche Theologie, Il, 82
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DS Re) et des 4 le de ct Se Le
porte en sa faveur une présomption très forte. On pourrait
dire presque la même chose à propos de deux autres passages de la même épître : « Jésus-Christ, dit Paul, qui s’est donné pour nos péchés... » (Gal., 1, 4;). «Le Fils de Dieu qui m'a aimé, dit-il un peu plus loin, et qui s’est donné pour moi... » (Gal., 2, 20;). On peut sans doute interpréter ces passages, en disant que l’amour du Christ dont ils parlent est l'amour du Christ pendant sa vie terrestre. Notre impression cependant est que tel n'est pas le sens de ces passages, car la mort du Christ pour le salut de l'humanité, apparaît dans le paulinisme comme faisant partie du plan divin arrêté longtemps à l'avance, et non comme déterminée seulement par l'amour que le Christ éprouve pour les hommes pendant son ministère terrestre. La première épître aux Corinthiens nous fournit une affirmation indirecte, mais très précise, de la préexistence. Il est question des Israélites au désert. Partant du fait que d’après les récits de l’Ancien Testament, Dieu leur a donné miraculeusement à boire en frappant le rocher (Exod., 17, 6;), il dit : « Tous ont bu du breuvage spirituel, car ils ont bu l’eau venue du ro-
cher spirituel qui les accompagnait, or ce rocher était le
Christ » (I Cor., 10, 4;). Nous n’avons pas à nous préoccuper ici de la manière dont Paul se représente les événements dont il parle; ce qui nous intéresse, c'est que pour lui, non seulement le Christ existe avant sa venue sur la terre, mais encore joue un rôle dans l’histoire d'Israël”.
Dans la deuxiéme épiître aux Corinthiens, l’apôtre parle à ses lecteurs du Christ « qui pour eux s’est fait pauvre,
1. Il y a là une idée analogue à la conception johannique qui fait du Christ le mualeak de Yahveh (Jean, 8, 56 ;).
étant riche, afin que par sa pauvreté ils soient rendus riches » (IL Cor., 8,9;). La question qui se pose est de savoir quelle est la pauvreté du Christ dont il est ici question. Feine' rapproche ce verset du passage Math., 8, 20 ;, où Jésus déclare que les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids, mais que le Fils de l’homme n'a pas un lieu où reposer sa tête. Il indique par làque dans notre passage, Paul pense à la pauvreté matérielle du Christ pendant son ministère. Cette interprétation, comme le rapprochement qui doit la légitimer, nous paraît inadmissible. Il ne peut être, à notre avis, question ici de la pauvreté physique. La pauvreté et la richesse dont il s'agit sont certainement de même nature. Or Jésus n’a jamais été riche matériellement, et jamais iln’aenrichi personne de cette richesse-là. Il faut donc exclure toute interprétation littérale et entendre les termes de pauvreté et de richesse au sens figuré; il est certainement question ici de ‘état d’abaissement dans lequel Jésus a passé sa vie terrestre, et des richesses spirituelles que par là il donne à ses disciples. Par suite, les mots zhoÿsis y ne peuvent se rapporter qu'à une période antérieure à la vie terrestre du Christ, ce qui implique nécessairement l’idée de la préexistence’.
Dans l’épitre aux Romains, il n’y a pas d’affirmation directe de la préexistence, mais deux passages impliquent cette idée. « Ce qui était impossible à la Loi, dit l’apôtre, Dieu l’a accompli en envoyant son Fils » (Rom., 8, 3;), et un peu plus loin il ajoute : « Dieu n’a pas épargné son Fils, mais il l’a livré pour nous tous » (Rom.,8, 32;). Le