PERTE EN IR CREER A ER SE
Christ, mais les ennemis de la croix du Christ (Phil. 3, 18:),
L'idée de l'efficacité de la mort du Christ est une des idées fondamentales du paulinisme. Dans lépître aux Thessaloniciens, Paul parle du Christ qui est mort pour que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions avec lui (I Thess., $, 10:). Dans l’épître aux Galates, il dit que Jésus-Christ s’est donné pour nos péchés, afin de nous arracher au mauvais siècle à venir (Gal., x, 4;). Dans la premiére épître aux Corinthiens, il donne comme un des points essentiels dela doctrine chrétienne, que Jésus est mort pour nos péchés (I Cor., 15, 3). Dans l’épître aux Romains, il dit que Christ a été livré pour nos offenses (Rom., 4, 25;), et que lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils (Rom., 5, 10;)'.
Dans un certain nombre des passages que nous venons de citer, et dans quelques autres, on aperçoit une idée qui peut contribuer à nous expliquer comment Paul conçoit l'efficacité de la mort du Christ, c’est l'idée de la substitution pour la souffrance, c’est-à-dire pour le châtiment ou plutôt de la souffrance subie dans l'intérêt de l'humanité. Une expression de la première épître aux Corinthiens doit être relevée : « Christ, notre Pâque a été sacrifié », dit l’apôtre (I Cor., $, 7 ;). Il y a là une assimilation du sacrifice du Christ au sacrifice lévitique, que l’on ne saurait complétement négliger, mais à laquelle il faut cependant se garder d'attribuer trop d'importance. L’assimilation est faite d’une manière seulement incidente,
1. Paul essaye de prouver l'efficacité de la mort du Christ en raisonnant par l'absurde. « Si, dit-il, on pouvait être justifié par la loi, Christ serait mort en vain » (Gal., 2, 21;); conclusion qu’il repousse naturellement.
et il est bien difficile de dire si elle n'existe pas dans les mots plus que dans la pensée. Il est certain que lorsque Paul engage les Corinthiens à célébrer la Pâque avec du nouveau levain, il parle d’une manière figurée. N'est-il pas dès lors possible que l’idée du Christ agneau pascal, qui continue cette image, ne soit pas autre chose, elle aussi, qu'une simple image? Il faut donc se garder de trop presser ce texte.
Ce qui tendrait à confirmer l'indication qu'il contient, c'est que parfois on trouve appliqué au Christ le terme de propitiation (fasréosv. ME2)', qui est emprunté au rituel du sacrifice lévitique. « Christ, dit Paul, que Dieu a établi pour les croyants comme moyen d’expiation, par son sang pour la manifestation de la justice » (Rom., .3.25;). L’assimilation du sacrifice du Christ à un sacrifice de l’ancienne alliance est ici bien plus solidement établie. Étant données certaines indications contenues dans des textes que nous verrons un peu plus loin, nous pouvons dire que Paul conçoit d'une manière générale ce sacrifice comme un châtiment, la mort tombant sur un animal au lieu de tomber sur l’homme coupable. Appliquons cette idée au sacrifice du Christ; il en résulte que la mort tombe sur le Christ au lieu de tomber sur l’homme coupable; en d’autres termes, la souffrance du Christ serait . l'expiation du péché de l’homme.
Poursuivons l'étude de cette idée : nous trouvons dans l'épître aux Galates un passage d’une netteté parfaite. « Christ, dit Paul, nous a rachetés de la malédiction de la
1. Detssmanx IAAËSTHPIOS wnd IAASTHPION (Zeischrift für die neuteslamentliche Wissenschaft und dié Kunde des Urchristentums, 1903, pp. 193 s6.).
loi, étant devenu malédiction à notre place » (Gal., 3,
Ds)".
De ce passage, il faut en rapprocher un autre : « Celui qui ne connaissait pas le péché, écrit Paul dans la seconde épitre aux Corinthiens, Dieu l’a fait malédiction pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (I Cor., 5, 21;). Ce que Paul veut dire par là, ce n’est pas que le Christ qui ne connaissait pas le péché est devenu pécheur pour sauver les hommes, mais que Dieu Pa traité, lui saint, comme un pécheur, pour sauver les pécheurs.
C'est cette idée que contient aussi le passage important de l'épître aux Romains dont nous avons déjà cité un fragment. « Dieu a envoyé son Fils dans une chair semblable à la chair du péché, et à cause du péché, a condamné le. péché dans la chair» (e Oedç TÔv Éautod vid vrépbas Ev éorwmatt capxèc aurptias nat mept auaptiac natéxouvey Thv auaptixr 2v 1% aout, Rom., 8, 3;,). Le texte de Paul est quelque peu obscur, essayons d’en bien saisir le sens. Cette chair dans laquelle Dieu condamne le péché, c’est évidemment la chair du Christ, ce n’est pas une chair de péché, mais seulement une chair semblable à la chair du péché. Il faut que virtuellement Christ porte en sa chair le péché de l’homme, pour que ce péché puisse être condamné. Le Christ se substitue donc à l’homme pour porter les conséquences du péché. Un passage de la deuxième épiître aux Corinthiens nous explique comment une telle substitution est possible. « Si un est mort pour tous, dit l’apôtre, tous sont morts » (IT Cor., $, 15;). Il y a donc un phénomène de solidarité, grâce auquel celui qui
1. Nous croyons devoir traduire tip fuüy par « à notre place », par analogie avec I Cor., 15, 29; Il Cor., 5, 2; Rom, 8, 26. 27. 25.3
FRA UE PNUD D.
Mo ts
te