‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 79 sur 111 · ze! (n. À. D. E.. }, ürép (B · texte numérisé non relu

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3. Il y a là une idée analogue à celle que Pascal a développée dans le Mystère de Jésus : « Je pensais à toi dans mon agonie, j'ai versé telle goutte de sang pour toi « (éd. HAveT, IT, p. 208).

meurt pour les pécheurs, sa mort est une expiation substitutive des péchés de l'humanité.

Si Paul enseigne l'efficacité de la mort du Christ, ce serait se faire une idée trés incomplète de son système, que d'imaginer que la mort du Christ seule à l'exclusion de la résurrection, y joue un rôle. Étant donnée l’importance capitale que la foi à la résurrection du Christ a eue dans la genèse du christianisme de Paul, il serait bien surprenant que cette résurrection n’eût pas d’autre raison d’être, que de donner une preuve éclatante de la mission divine du Christ. Nous voyons en effet que Paul attribue à la résurrection du Christ une portée plus générale, celle d'un don de vie aux croyants. Nous n’avons pas à rechercher ici comment cette idée peut se concilier avec celle de la Rédemption par la mort du Christ, car cette question sera examinée d'une manière plus utile quand nous nous occuperons de la sotériologie paulinienne. ;

On voit l'importance de la résurrection pour Paul, dans ce fait que dans le résumé de son enseignement qu'il donne aux Corinthiens, à côté de la mort et de l’ensevelissement du Christ, il mentionne sa résurrection au troisième jour, et ses diverses apparitions (1 Cor., 15,4; ss.). Dans le même chapitre, il déclare que si Christ n’est pas ressuscité, sa prédication est vide et la foi chrétienne vaine (I Cor., 15, 14. 17;). De même, dans l’épitre aux Romains, il dit du Christ qu’il est ressuscité pour notre justification (Rom., 4, 25 ;): « Qui condamnera les élus de Dieu, dit encore l'apôtre? Christ est celui qui est mort et qui, de plus est ressuscité » (Rom., 8, 34;). La résurrection a pour effet de faire du Christ « le Seigneur des vivants et des morts » (Rom., 14,9:;). Elle est d’autre part le gage le plus certain que nous puissions avoir de notre propre résurrection, parce que par l'union mys-

‘tique. avec le Christ, nous devenons Apart à sa vie.

Il semble par là que la résurrection du Christ nous conduise plus loin que sa mort. « Si, dit l’apôtre, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, combien plus, étant réconciliés, serons-nous sauvés dans sa vie » (Rom. 5, 10;). « Nous .portons partout dans notre corps la mort de Jésus, dit-il encore, afin que sa vie aussi soit manifestée dans notre corps » (IL Cor., 4, 10;). « Il a été crucifié à cause de la faiblesse, écrit-il dans la même épiître, mais il vit par la puissance de Dieu; nous de même nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui par la puissance de Dieu » (II Cor., 13, 4;).

Dans l’épître aux Romains, Paul dit : « Si l'esprit de celui qui a éveillé Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a éveillé le Christ d'entre les morts vivifiera . aussi vos corps mortels, par son esprit qui habite en vous » (Rom., 8, 11;); dans l'épitre aux Philippiens, l’apôtre parle d’« expérimenter la puissance de la résurrection du Christ et de la communion avec ses souffrances » (Phil., 3, 10;). D'une manièreun peudifférente, la résurrection du Christ est conçue par Paul comme un gage matériel de la résurrection corporelle des croyants, au moins dans cette période de la pensée de Paul qui est marquée par la première épître aux Corinthiens : « Dieu, dit l'apôtre, qui a ressuscité le Seigneur, nous ressuscitera aussi par sa puissance » (I Cor., 6, 14; cf. I Cor., 15;). On peut résumer la pensée de Paul en disant que pour lui, en ressuscitant le Christ, Dieu donne la vie au monde.

Une autre conséquence de la mortet de la résurrection du Christ, cest. l'abolition dela. loi. Pour Paul, le croyant uni à Christ est, comme lui, mort à la loi.

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