H. HocTzMan, Hand-Commendar, 1, 1, p
2. H. HozrzmaxN, Noeulestamentliche Theologie, T, pp. 130-160; WEeRNLE, (Die Anfänge unserer Religion, Tubingue, Leipzig, 1901, p. 54) observe avec raison que la question ne s’est pas posée d’une manière théorique pour Jésus, parce qu’il était non pas un théologien, mais un laïque.
serment, à la vengeance, les ramène à leur principe et exige, non seulement la soumission à la lettre de la loi, mais encore le respect de son esprit, et cela aussi bien | quant aux sentiments que quant aux actes. La mauvaise pensée est condamnée à l’égal du meurtre, et la convoitise à l’égal de l’adultère (Matb., s,21;ss.). Cela est surtout sensible pour ce qui concerne la condamnation du divorce (Marc, 10, 2-12;). L’attitude de Jésus vis-à-vis de la loi morale de l'Ancien Testament est donc une attitude à la fois de soumission humble et sincère, et de souveraine liberté. Jésus reste soumis à la loi parce qu’il y voit le commandement de Dieu, mais les exigences de sa conscience l’obligent à en appeler de l’interprétation au texte, et parfois même de la lettre de la loi à son esprit. Cette attitude de soumission et de liberté est aussi celle que Jésus adopte vis-a-vis de la loi rituelle. Il lui reste humblement soumis tant que sa conscience n’exige pas le contraire, mais toujours il a le sentiment d’être entiérement libre. C’est ainsiqu’à propos de l'impôt du temple, Jésus commence par déclarer qu’il est libre et ne doit pas cet impôt, puis il charge Pierre de le payer pour lui (Math., 17, 24-27;). Il s’agit dans cet épisode, non d’un impôt établi par l'autorité sacerdotale, mais par la loi elle-même (Exode, 30, 11-16 ;).
La conduite de Jésus est exactement la même à l'épard de questions plus importantes, comme celle du sabbat. On sait que cette question fut l’occasion des premiers conflits de Jésus avec le judaïsme. Jésus affirme d’abord en s'appuyant sur l'exemple de David, qu'en cas de nécessité on peut violer Le sabbat (Marc, 2, 23-28 ; ei paral..). Dans un autre épisode que les évangiles rapprochent, d'une manière peut-être artificielle, de l'épisode des épis arrachés, Jésus accomplit une guérison le jour du sabbat,
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en faisant passer le devoir de miséricorde avant le respect du jour du repos (Marc, 3, 1-6;).
Jésus critique aussi très vivement l'usage des purifications avant les repas, mais ceci est moins important pour nous, car 1lles considère comme des traditions, ou comme des commandements humains (Marc, 7, 7. 8;), et comme s'ilavaitbesoin de légitimerla distinction qu'il établit entre le commandement de Dieu et la tradition humaine, il montre comment l'une peut être en opposition avec l’autre, et comment la loi du corban parvient à neutraliser et à rendre inefficace le commandement qui dit : « Tu honoreras ton père et ta mère » (Marc, 7, 9- 135): .
Une preuve saisissante de la liberté de Jésus vis-à-vis de la loi ressort de sa conduite à l'égard des péagers et des gens de mauvaise vie. Jésus les reçoit, se met à table avec eux, alors que, d’après les principes du judaïsme, le seul contact de ces gens était une souillure (Marc, 2, 1$- FF yetc.).
Les différents exemples que nous venons de citer nous montrent d’une manière frappante que Jésus a rompu avec le principe juif du nomisme. Le rite n’a pas pour lui la valeur absolue qu’il avait pour le pharisaisme, Jésus le subordonne sans hésiter à la charité et même tout simplement à l'utilité. Pourtant Jésus est resté toute sa vie sur le terrain du judaïsme. Il a été, comme le dit Paul, le serviteur de la circoncision (Rom., 15, 8;). Cela ne veut pas dire que Jésus ait considéré la circoncision comme une condition de salut. À vrai dire, la question ne s’est jamais posée pour lui sur le terrain de la théorie, mais sur celui de la pratique. La question n’est donc pas de savoir ce que Jésus a pensé de l’utilité de la circoncision, mais de voir s’il a admis que des incirconcis, c'est-à-dire
des non Juifs, puissent être sauvés. Ce qui rend ce problème extrémement délicat, c’est qu’il n’est pas toujours possible de savoir si le travail de rédaction que les paroles de Jésus ont subi avant d’arriver jusqu’à nous, n’a pas eu pour effet d’accuser le caractère universaliste de certaines déclarations de Jésus. :
Malgré cela, nous croyons possible d'établir ces deux points : d’abord Jésus a enseigné que la qualité de membre du peuple juif ne suffisait pas pour assurer l'entrée dans le Royaume des cieux ; il a même déclaré que les Juifs en tant que peuple seraient rejetés à cause de leur incrédulité. Il à d’autre part admis que des païens pouvaient être appelés à entrer dans le Royaume de Dieu, sans qu il soit pour cela nécessaire qu'ils soient auparavant incorporés au peuple juif. Il convient d’apporter ici la preuve de ces affirmations. |
Il n’est pas malaisé d'établir que Jésus s’est cru envoyé tout spécialement à Israël. L'épisode de la Cananéenne en fait foi. Comme cette femme étrangère implorait Jésus, lui demandant de guérir son enfant, le Seigneur lui répondit : « Je ne suis envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël » (Math., 15, 24;), et il ajouta : « Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il n’est pas bien de prendre le pain des enfants pourle jeter aux petits chiens » (Marc, 7,27; Math. 15, 26;). On ne peut dire que ces déclarations de Jésus ne doivent pas être prises au pied de la lettre, que la dureté extrême des termes qu’il emploie doit seulement éprouver la foi de la Cananéenne, car une telle attitude, voisine de l'hypocrisie, est indigne de Jésus"; de plus, le texte donne nettement l'impression que
1, Îl n'est pas sans intérêt de noter que Luc, l’évangéliste paulinien et universaliste, omet cette péricope,
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Jésus a voulu d’abord refuser le miracle qu’on lui deman-
dait, et qu'il a été comme vaincu par la foi de la Cana-
néenne.
Mais à côté de cela, Jésus enseigne clairement le rejet d'Israël. I] n’est pas possible en effet de se méprendre sur le sens parfaitement clair de la parabole des vignerons (Marc, 12, 1-12 ; et paral.). On connaît l’allégorie : Un homme plante une vigne et la pourvoit de tout ce qui est nécessaire pour la cultiver, puis il la confie à des vignerons et s’en va en voyage. Le moment venu, il envoie vers eux son serviteur pour recevoir les fruits de la vigne, mais les vignerons le frappent et le renvoient à vide : d’autres serviteurs sont également frappés, outragés, mis à mort, Le maître se décide alors à envoyer son fils unique, mais les vignerons, espérant s'emparer de l’héritage, mettent l'héritier à mort. Que fera, demande Jésus, le maître de la vigne? Il viendra, et fera mourir ces misérables, et donnera la vigne à d’autres. La vigne, c’est certainement ici la promesse du Royaume, les vignerons représentent le peuple juif, les serviteurs et le fils, les prophètes et le Christ lui-même. Mathieu d’ailleurs souligne cette interprétation de la parabole en ajoutant : « C'est pourquoi, je vous le dis : le Royaume de Dieu vous sera Ôté et sera donné à un peuple qui donnera du
fruit » (Math., 21, 43 ;). Cette déclaration de Jésus équi-
vaut à une abrogation de la valeur de la circoncision, puisque celle-ci est la caractéristique du peuple d'Israël. Le judaïsme admettait bien que des païens puissent être sauvés, mais il fallait pour cela que, par la circoncision, ils fussent incorporés au peuple juif. Pour Jésus au contraire, c'est en tant que païens qu'ils sont appelés à entrer dans le Royaume de Dieu.
De la parabole des vignerons que nous venons d’analy-
PUR PNA TR TEE MER ME NE TER TAROT UT SEC 0e RENE ST RD RC TEAM Pre
ser, nous pouvons rapprocher d’autres déclarations de Jésus; la plus importante nous est conservée à la fois par Mathieu et par Luc, mais dans des contextes différents, ce qui constitue peut-être une garantie de son authenticité. Voici cette parole : « Je vous le dis, en vérité, que beaucoup viendront de l'Orient et del’Occident, et seront à table dans le Royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob; et les fils du Royaume (= les Juifs) seront dans les ténèbres du dehors, c’est là qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents » (Math., 8, 11. 12;)°. Il faut aussi retenir comme un enseignement universaliste donné par Jésus la parabole du festin de noces qui doit, elle aussi, mettre en relief le rejet des Juifs et l'appel des paiens.
IT. — La sotériologie de l’apôtre Paul.
Nous avons vu dans les chapitres précédents que la doctrine du péché et la doctrine du Christ constituent, s’il est permis de s'exprimer ainsi, les deux pôles du système paulinien. Il en résulte que la sotériologie doit, elle aussi, occuper dans ce système une place prépondérante, car elle est la conséquence de la rencontre du pé-
ché et du Christ.
Un premier trait à noter sur la manière dont l’apôtre Paul conçoit l’œuvre du salut, c’est qu'il y voit le couronnement de l’histoire religieuse de humanité, en par-
1. Luc (13, 28-30 ;) a conservé la même parole sous une forme un peu différente : « Il y aura, dit-il, des pleurs et des grincements de dents
. quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le
Royaume de Dieu, et que vous serez jetés dehors. Il viendra des gens de l'Orient et de l'Occident, du Nord et du Sud, qui seront à table dans le Royaume de Dieu.
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ticulier l'aboutissement del’Ancien Testament. Pour s’en convaincre, il suffit d'examiner les citations que Paul fait des livres de l’ancienne alliance et les allusions nombreuses qu'on trouve dans ses épîtres à des faits de l’histoire d'Israël'. On a dit que Paul lisait l'Ancien Testament avec les yeux d’un chrétien et la perspicacité d’un rabbin. L'histoire du peuple juif est pour lui une préparation de l’œuvre de la Rédemption, c’est une histoire de la promesse faite à Abraham et réalisée en Christ, son descendant (Gal., 3, 16;). L’apôtre montre comment la loi intervient pour faire abonder le péché afin que la grâce puisse surabonder (Gal., 3, 19; etc.). La loi est aussi un pédagogue qui conduit à Christ (Gal., 3, 24; Rom., 10, 43). Quand ils lisent la loi, les chrétiens n’ont plus sur les yeux ce voile qui troublait la vue des Juifs (I Cor., 5, 14 ;). Chaque détail de l'Ancien Testament est pour eux une préfiguration de quelqu'une des parties de la vérité chrétienne; Agar et Sarah représentent les deux alliances (Gal., 4, 21-31;); Abraham figure la justification par la foi (Kom., 4;); le passage des Israélites sous la nuée annonce le baptême (I Cor., 10, 1.2;); Jacob et Esaü enseignent la liberté de l'élection divine (Rom., 9, 10; ss.). Comme le dit l’épitre aux Colossiens, l'Ancien Testament n’est que l’ombre des choses à venir, le corps est Chrst{Col © "Tr7;:). |
Pour bien saisir la sotériologie paulinienne, il faut considérer l’œuvre du salut à deux points de vue. D'une
x. Voir sur ce point les études de Kaurzscx (De Veteris Testamenti locis a Paulo apostolo allegatis, Leipzig 1869); Vozcmer (Die alltestamentlichen Citate bei Paulus, Fribourg, 1895); Ca. Markior (Étude sur les citations de l'Ancien Tesiament dans l'épitre de saint Paul aux Romains (thèse), Paris, 1900); cf. aussi CLEMEN, Die Auffassung des Alien Testaments bei Paulus (Studien und Kritiken, 1902).
LE AA IEC
part, l’œuvre objective du salut consiste dans la destruction des conséquences du péché par l’œuvre du Christ, et dans la réconciliation du monde avec Dieu; d’autre part, l'œuvre subjective du salut consiste dans l’appropriation à chaque individu croyant de la rédemption opérée par Christ.
Il convient de rappeler brièvement ici ce que nous avons vu plus haut. Le péché, révolte de l’homme contre Dieu, a pour conséquence directe de conduire à la mort et de provoquer la colère de Dieu. La destruction des conséquences du péché devra donc comprendre deux éléments. Le premier sera l’apaisement de la colère de Dieu contre le pécheur, le second, la réparation du désordre introduit dans la nature humaine, c’est-à-dire le passage de la vie charnelle à la vie pneumatique. Ces deux éléments ne sont pasen fait nettement séparés. Par sa mort, le Christ accomplit à la fois les deux choses, il détruit la colère de Dieu contre le péché; en d’autres termes, il
réconcilie Dieu et le monde et en même temps, il rend
possible le passage de la vie charnelle à la vie spirituelle.
La déclaration la plus nette de l’apôtre Paul, au sujet de la réconciliation de Dieu et du pécheur, setrouve dans la seconde épître aux Corinthiens : « Tout, dit l’apôtre, vient de Dieu qui nous a réconciliés avec lui, et qui nous a confié le ministère de la réconciliation, car Dieu réconciliait en Christ le monde avec soi, en ne leur imputant pas leur: péchés» (Il Cor. /Sr8ro5 he
Du côté de Dieu, cette œuvre consiste dans le pardon des péchés; en d’autres termes, dans la non imputation
1. Nous traduisons ainsi avec la majorité des interprètes en voyant dans v...xat\ dos une forme analogue à celles qu’on trouve dans Marc, 13, 2S LUC 6, 12: 00 dd 21, 7: Jen
LA SOTÉRIOLOGIE AA 297
de l'injustice et dans la justification. « Tous ont péché, dit par exemple l’apôtre, et sont privés de la gloire de Dieu, ils sont justifiès gratuitement par sa grâce, par la Rédemption (érokirouss) qui est en Jésus-Christ, lui que Dieu a établi propitiation (iaaovigiov) par la foi en son sang, pour manifester sa justice par le pardon des péchés passés, dans la patience de Dieu pour montrer sa justice au temps présent, afin qu'il soit juste et qu'il justifie celui qui croit en Jésus » (Rom., 3, 23. 24;). Il y a donc pardon de la part de Dieu, mais la miséricorde divine n’est pas
le seul facteur qui intervienne ici. Il n’est pas seulement
question du pardon des péchés, mais aussi de « Rédemption en Jésus-Christ »,et de «propitiation par son sang». La mort du Christ exerce une action qui rend possible le pardon des péchés, c'est elle qui, à proprement parler,
réconcilie l’homme et Dieu. « Lorsque nous étions
encore ennemis de Dieu, dit l’apôtre, nous avons été réconciliés avec lui par la mort de son Fils, car c’est par Christ que nous avons reçu la réconciliation » (Rom., 5, LONET:).
L'efficacité de la mort du Christ tient à ce que le Christ se substitue au pécheur pour recevoir le châtiment divin. « Ce qui était impossible à la loi, dit Paul, Dieu l'a réalisé en envoyant son propre Fils dans une chair semblable à la chair du péché, et, pour le péché, il a condamné le péché dans la chair afin que la justice de la loi soit accomplie en nous » (Rom., 8, 3:s.); de même, il dit dans la seconde épiître aux Corinthiens : « Celui qui ne connaissait pas le péché, il l’a fait péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui » (II Cor., S,21;); et, dans l’épître aux Galates : « Christ nous a rachetés de la-malédiction de la loi, ayant été fait malédiction pour nous » (Gal., 3, 13;). Voici quelle est la
pensée de l’apôtre : Pour satisfaire la justice de Dieu, Christ a été traité, lui saint, comme un pécheur, plus exactement comme le péché. C’est ainsi que Dieu a pu être réconcilié avec l’homme. C’est exactement la même pensée que le grand prophète anonyme auquel on doit la seconde partie du livre d’Esaïe exprimait en disant du serviteur de Yahweh : « Le châtiment qui nous apporte la paix est tombé sur lui » (Esaie, 53, 5 ;).
La réconciliation entre Dieu et l’homme, dont nous venons d'exposer la théorie, n’a pas d'autre effet que de rendre possible le pardon des péchés. Elle a, par là, quelque chose d’incomplet, car, si elle efface le passé, elle laisse l’homme dans le même état qu'auparavant. Or, nous l'avons vu, la nature de l’homme est telle, qu’il lui est complètement impossible de ne pas pêcher. L'homme à qui ses péchés ont été pardonnés recommencera nécessairement à pécher, et par suite retombera dans son état primitif. Il faut donc, ou bien que la réconciliation se répête à chaque instant, ou bien qu’un acte intervienne, qui brise la puissance du péché et transforme l’être charnel en un être spirituel. C'est cette seconde hypothèse qui se réalise dans le systéme paulinien.
Nous n'avons pas à chercher pour le moment comment se fait le passage de l’homme charnel à l’homme spirituel, mais seulement à indiquer ce qui rend ce passage possible. C’est ici encore la mort du Christ qui intervient. « Jésus-Christ est mort, écrit Paul aux Galates, afin de nous arracher au mauvais siècle présent » (Gal., 1,4;). QI nous a rachetés de la malédiction de la loi » (Gal., 3, 13;). « Dieu, dit-il encore, a envoyé son Fils, né de la femme, venu sous la loi pour racheter ceux qui sont sous la loi » (Gal., 4, 4). Il dit enfin d’une manière plus générale : « La loide l'esprit de vie qui est en
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Jésus-Christ te délivre de la loi du péché et de la mort » (Rom... 8, 2;).
Nous verrons plus loin comment ce passage s'opère, disons seulement d’un mot qu'il se fait, parce qu’en s’unissant à Christ par la foi, le croyant meurt et ressuscite avec lui, et par là échappe à la domination de la chair, de la loi et de la mort.
Passons maintenant au côté subjectif de l’œuvre de la Rédemption. Il est aisé de comprendre que le salut ne peut être pour Paul un acte mécanique qui se réalise du dehors sans l’intervention de la volonté de l'individu. Il faut que l’œuvre accomplie par Jésus-Christ soit appropriée à chaque individu par un acte qui vient sans doute de Dieu, mais qui néanmoins reste un acte moral de l’homme. Le mot même de réconciliation que Paul emploie indique cela. L'idée de réconciliation indique deux parties en présence. Voyons donc ce qu'est la réconciliation envisagée du côté de l’homme. Paul écrit aux Romains: « Nous sommes ambassadeurs pour Christ, c’est comme si Dieu lui-même vous exhortait par nous. Nous vous supplions au nom de Christ :
réconciliez-vous avec Dieu » (Il Cor., $, 20;). A l'acte
d'amour accompli par Dieu, doit répondre un acte de l’homme. Dieu appelle le pécheur, il faut que celui-ci vienne à lui’. |
1. Le drame historique de la mort et de la résurrection du Christ est un drame extérieur qui n’a de vertu ou n’est complet, comme on voudra, qu’autant qu’il se répète moralement par la foi dans la conscience du chrétien. À proprement parler, ce n'est pas le Christ qui expie les péchés de l’humanité, c’est l'humanité qui expie en lui ses propres péchés en mourant pour satisfaire à la loi, et en ressuscitant, humanité nouvelle, à l'appel de celui qui fait revivre les morts (Sagarier, La doctrine de l'ex-
piation, p. 24.).
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