‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 89 sur 111 · PERS · texte numérisé non relu

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300 DEUXIÈME PARTIE, = LES IDÉES LS d

La théorie paulinienne des conditions de la participation de l’homme au salut est fort simple, elle est parfaitement résumée dans une formule de l’épître aux Romains : « Nous concluons, dit l’apôtre, que l’homme est justifié par la‘foi en dehors des œuvres de la loi » (Rom., 3, 28;). Cette formule comprend un élément polémique non déguisé ; non seulement l’apôtre affirme le rôle de la foi dans la justification, mais encore il exclut d'une maniére trés précise toute coopération des œuvres de la loi. Arrétons-nous d’abord à ce côté de la pensée de l’apôtre. Ce que Paul veut exclure, c’est la justification par les œuvres de la loi mosaïque. Ce point avait à ses yeux une importance capitale. La pensée de Paul ne va ici à rien moins qu’à nier le principe même de la religion juive. Le caractère dominant du judaïsme, c'est d’être avant tout une religion nomiste. L’Ancien Testament est pour les pharisiens un ensemble de prescriptions rituelles, de l'observation desquelles dépendait le salut de l'individu et de la nation.

On comprend par là le scandale que Paul ne pouvait manquer de provoquer, quand, au pharisaisme pour qui la loi était tout, il opposait sa formule : « L'homme ne peut être justifié par les œuvres de la loi ». Aussi l’apôtre rencontra-t-il d’ardents contradicteurs et des adver- Saires convaincus, non seulement parmi les Juifs, mais encore dans les communautés chrétiennes, parmi ceux qui n'avaient pas rompu complètement avec leurancienne foi. Nous trouvons dans les épîtres de Paul, dans l’épître aux Galates et dans l’épitre aux Romains en particulier, un écho des controverses passionnées auxquelles donna lieu cette question. « Aucun homme, écrit Paul aux Ga-

1. Un autre écho de ces controverses est venu jusqu’à nous dans l’épitre de Jacques. Voir l’étude de Ménécoz, Étude comparative de l’enseigne-

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lates, n’est justifié devant Dieu par la loi » (Gal., 3, 11 ;). « Aucune chair, écrit-il de même aux Romains, ne sera justifiée devant Dieu par les œuvres de la loi » (Rom., MOUSE

Mais une affirmation, si énergique qu’elle ait été, ne pouvait suffire pour résoudre une question aussi controversée que celle de la justification, aussi Paul s’efforce-til de donner une démonstration de la thèse qui lui tient si fort à cœur. Il essaye d’abord de la prouver par l’absurde. « S'il y avait, dit-il, un juste qui le soit par la loi, Christserait/mortenvain » (Gal, 5; 21; cf:2, 16.070) Cette conclusion étant inadmissible pour l’apôtre, il se croit aussi en droit de rejeter la prémisse sur laquelle elle repose, à savoir qu'il y a une justice qui vient de la loi. On ne saurait dissimuler la faiblesse extrême de cette argumentation qui repose tout entière sur une pétition de principe. Paul semble d’ailleurs sentir lui-même que cet argument n’a de portée que pour ceux qui sont convaincus à l'avance, aussi s’efforce-t-il de donner une autre démonstration de sa thèse.

Il faut ici distinguer un argument de fait et un argument exégétique. Le premier se trouve dans l’épitre aux Romains : « Ce ne sont pas ceux qui écoutent la loi, dit Paul, qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui l’observent » (Rom., 2, 13 ;). Comme Paul affirme que tous les hommes sont pécheurs et qu'aucun ne fait le bien (Rom., 3, 10; ss.), il en résulte que les hommes ne peuvent être justifiés devant Dieu par la loi‘.

ment de saint Paul et de saint Jacques sur la justification par la foi (Études de théologie et d'histoire, Paris, 1901, p. 119-150).

1. Ici non plus la démonstration de Paul n’est pas dialectiquement probante. De ce que les hommes ne peuvent faire le bien, il ne résulte pas nécessairement qu'ils ne peuvent observer les prescriptions rituelles du

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