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+ de fanatisme, : mais rien ne Pehet de suspecter Fe … bonne foi. | Et Si d’ailleurs l'accusation portée contre Étienne n 'avait | pas été fondée, il aurait pu se justifier, il aurait pu, tout . au moins, repousser avec indignation les idées qu’on LE prétait. Or, telle n’est nullement l'intention du discours qu'il prononce alors. Loin d’apaiser les Juifs, il les remplit de fureur, car il ne repousse pas l'accusation d'infidélité au judaïsme, mais proclame nettement sa rupture avec le judaïsme. Au moment où les Juifs indignés se précipitent sur lui pour le faire périr, Étienne en extase s'écrie: « Je vois les cieux ouverts et le Fils de l’homme à la droite de Dieu » (Actes, 7, 56;). Qu'est-ce quecette vision? Quelque chose de tout subjectif en tous cas, car Paul ne la compte pas dans le dénombrement qu'il fait des apparitions du Christ (I Cor., 15, 1 ss.)'. Peut-être même n'y a-t-il làqu’une expression imagée de la certitude de la foi d'Étienne. Le récit des Actes nous rapporte encore deux autres paroles du martyr : « Seigneur Jésus, recois mon esprit » (Actes, 7, 59;); et « Seigneur, ne leur impute pas ce péché » (Actes, 7,60;)°. Il ajoute encore un détail dont l’auteur du récit ne soupçonnait peut-être pas l'importance : « Les témoins avaient déposé leurs man-
1. Il est possible aussi que la déclaration de Jésus devant le Sanhédrin : « À partir de maintenant vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite de la puissance de Dieu » (Luc, 22, 69;) ne soit pas étrangère à la genèse” de cette vision. En tous cas, si cet épisode est authentique, il est fort possible qu’il ait fait, comme le veut Fuzziquer (La pensée religieuse du Nouveau Testament, p. 292), une grande impression sur Paul. 2. Ces paroles ressemblent tellement à deux paroles prononcées par à Jésus sur la croix, qu’il est permis de suspecter leur authenticité. C£. Luc,
teaux aux pieds d'un jeune ani nommé Saul » Cacts Tr 58;).
Essayons maintenant de nous faire une idée de la pensée d’Étienne, en analysant la partie de son discours que nous possédons'. Le discours que nous ont conservé les Actes n’est en effet pas achevé. D’après notre récit, la raison de cette mutilation serait que la fureur des Juifs ne permit pas à l’accusé de présenter sa défense jusqu’au bout; hous verrons qu’il y a peut-être une autre explication qu'il faut préférer à celle-là. Au premier abord, Île discours d’Étienne étonne ;.on s'attend à ce qu’il soit question de l'accusation portée par les Juifs, au lieu de cela nous trouvons une esquisse rapide de l’histoire d'Israël. Ce rèsumé historique, fait à un point de vue par ticulier, doit montrer que la loi a été annulée par linfidélité d'Israël, et que par conséquent, ce n’est pas blasphémer que d’en proclamer l’abrogation*. Par la, ce qui au premier abord paraissait une digression, est une réponse directe à l'accusation des Juifs.
Étienne raconte d’abord la vocation d'Abraham, son établissement en Palestine, l'institution de la circoncision, la naissance d’Isaac, puis de Jacob et de ses douze fils, la jalousie des frêres de Joseph, sa venue en Égypte, la famine à la suite de laquelle Jacob et ses onze fils vinrent en Égypte, puis l'œuvre de Moïse, la prophétie qu’il fait d’un prophète comme lui (Deut., 18, 15;); la révélation de Dieu au Sinaï et l’infidélité des Israélites qui adorérent le veau d’or, les quarante années du désert, conséquence de cette désobéissance, la construction du temple sous
1. Cf. KRanicHreLD, Der Gedankengang in der Rede des Stephanus (Studien und Kritiken, 1900).