‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 91 sur 111 · HP · texte numérisé non relu

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Seigneur. nous désirons et nous souhaitons plutôt quitter ce corps pour aller vers le Seigneur » (I Cor: Sa 2.6.7;). Cette nouvelle demeure dont parle l’apôtre n’est que l’expression symbolique de la vie pneumatique. Paul dit en effet que la condition, pour que nous soyons re- R vétus, estque nous SF trouvés vêtus et non nus, : BL (Cor, 5, 3). Ce premier vêtement est certainement le commencement de vie pneumatique réalisée dans le — croyant, car Paul déclare : « Celui qui accomplit en nous cette œuvre est Dieu qui nous a donné le gage de l’es- Des C Cor Si SEYe Nous trouvons dans l’épître aux Philippiens des idées identiques à celles qui sont développées dans la seconde épitre aux Corinthiens. On sait qu'au moment où Paul écrivit cette derniére de ses épitres authentiques, il était prisonnier à Rome, attendant l'issue de son procés. Il est particulièrement intéressant de connaître sa pensée à ce moment où la question du sort des morts se pose devant lui d’une manière directe et personnelle. L’apôtre se déclare prêt à glorifier le Seigneur dans son corps, soit par sa vie, soit par sa mort (Phil., 1, 20 ;); il expose ensuite quel est son état d'âme. « Pour moi, dit-il, vivre c’est Christ, et mourir m'est un gain », et il explique ainsi sa pensée : « Je désire être enlevé pour être avec Christ, cela est beaucoup meilleur pour moi » (Phil. MURAT Il ne faut d’ailleurs pas s’imaginer que l’évolution que ‘nous avons signalée équivale à une élimination de l’élément eschatologique. Même au moment où il arrive à cette conviction, que la réalisation parfaite du salut individuel est indépendante de la parousie, Paul attend avec impatience le retour du Seigneur : « Le Seigneur est proche », écrit-il aux Philippiens (Ph£., 4, 5;). Dans la

même épitre, après avoir dit dec mourir c’est être réuni au Seigneur, il dit : « Notre cité est au ciel, c’est de a que nous attendons le Sauveur, le Seigneur Jésus-Christ qui transformera notre corps humilié pour le rendre conforme à son corps glorieux, par le pouvoir qu'il a de s’assujettir toutes choses » (Phil., 3, 21;). Pour bien saisir le caractère de cette sotériologie paulinienne que nous venons d'exposer, il importe deremarquer que l'élément eschatologique qui nous paraît # n'être que secondaire, et dont nous saluons avec joie la disparition progressive, était, en fait, pour les contemporains de Paul et pour l’apôtre lui-même, la partie la plus importante du système. Ce qui a assuré le succès de la prédication paulinienne parmi les foules incultes auxquelles elle s’adressait, ce n’est ni la subtile hardiesse de la dialectique, ni l'harmonie du système, ni aucune de ces idées si ingénieuses et si complexes auxquelles s'arrête depuis des siècles l’attention des théologiens; mais c’est la promesse du retour du Christ, et par là, d’une délivrance parfaite, et d’une transformation radicale, d’une défaite définitive du péché.

Notre Exposé de la sotériologie paulinienne r resterait incomplet, si nous n'esquissions pas brièvement le rôle particulier que l’apôtre attribue au peuple d'Israël! et la manière dont il légitime la vocation des païens. Le seul fait que Paul se place constamment sur le terrain de l'Ancien Testament, suffit pour prouver que, pour lui, Israël n’est pas un peuple quelconque entre beaucoup: d’autres. Dans l’épître aux Romains où Paul défend avec tant d'énergie la justification par la foi seule, on trouve à

1. Frawke, Die Siellung des Apostels Panlus zu seinem Volke (Studien und Kritiken, 1895); Feine, Der Rômerbrief, Güttingue, 1903, pp. 66 ss.

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