‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 96 sur 111 · IPS · texte numérisé non relu

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| 338 ve DEUXIÈME PARTIE. st es mes

dans Que (Le La é … LE ee A . des le où

des mines (Math., 25, 14-30; et paral.), celle des deux fils. “

(Math. 21, 28-31 ;), et enfin le récit du jugement dernier

(Maïh., 25, 31-46;). ne.

. Notons enfin un dernier sentiment que Jésus exige de

ses disciples : l’humilité. (Parabole du pharisien et du péager Luc, 18, 9-14;). Jésus la demande parce qu’elle est inséparable de toute vie morale sérieuse et profonde.

Le contenu de la morale de Jésus peut être exposé

d’une manière trés simple. I se réduit en effet à fort peu de chose, car ce qui fait l'originalité de cette morale

c’est la forme et non la matière. Bien des choses que lon

/ a essayé d’expliquer en supposant des influences essé-

niennes, s'expliquent fort bien par les principes formels .

que nous avons posés plus haut. Prenons, par exemple, la

proscription du serment (Math., $, 33-37;). Il est inutile,

pour l’expliquer, de faire appel à une défense analogue des docteurs esséniens, car si Jésus proscrit le serment,

c'est parce qu'il est toujours dans une certaine mesure un

manque de sincérité. Nous ne croyons pas de même qu'il

soit nécessaire de faire intervenir l’enseignement d'Hillel!

sur le divorce, pour expliquer celui de Jésus, car Jésus

ne part pas d’une tradition quelconque, mais du principe même de l’indissolubilité du mariage auquel il est conduit, en cherchant à saisir l'esprit de l’enseignement de l'Ancien Testament sur le mariage.

C'est donc le principe formel de la morale de Jésus

qui fait toute son originalité ; matériellement Jésus n’ap-

porte rien de nouvèau. Le résumé qu'il donne de son enseignement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et tu aimeras ton prochain comme toi-même »

. Sur Hillel, voir Scnürer, Geschichte des jüdischen Volkes, IX, 363; on La Palestine, p. 277 ss.

(Marc, + 30. 31: e paral 3. ne cl ne A pas | en propre, puisqu'on trouve déjà cette formule dansl'An- Ë cien Testament (Deut., 6, 4. 5 ; Lév., 19, 183). Mais ce ie qui lui appartient, c’est d’avoir su, du PHASE posé, tirer toutes les conséquences qu'il comportait”. Sora .Nous avons dit plus haut qu’un des trañs nr Fr tiques de l’enseignement de Jésus, c'est que l’activité morale n’y est pas un moyen, mais qu’elle est une conséquence. Jésus ne dit pas comment il faut se conduire pour mériter le Royaume, mais il enseigne comment doivent se conduire ceux que Dieu appelle au Royaume. in __ semble cependant que dans quelques paroles de Jésus … l'activité morale apparaisse à certains moments comme un moyen de réaliser une fin : la glorification de Dieu ou. l'obtention du Royaume.

On connaît les paroles de Jésus relatives à la glcrifica- | + tion de Dieu par les œuvres de ses enfants : « Vous êtes Je sel de la terre, dit Jésus; vous êtes la lumière du monde... Que votre lumiére luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres et qu'ils glorifient votre Père. qui est dans les cieux » (Math, 5, 13-16;). On ne peutdire cependant qu'ici réapparaisse le principe intéressé de la morale juive, car, à bien examiner les __: choses, dans ce passage encore, la vie morale est une : conséquence. C’est parce qu ils sont le sel de la terre re " que les disciples doivent vivre d’une vie morale supérieure à celle du judaïsme. Il en est identiquement de même pour l’idée de la lumière du monde. Il reste donc | ici comme seul principe hétéronome de la morale du n: Christ, celui de la glorification de Dieu par ses enfants. ou.

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É 1. Voir ce que/Jésus dit de l’amour du prochain (Math., 7.,12;), du F : devoir de pardonner (Math., F8 23-35;), ie scandale + 4 18, 6: se du ÉRere (Maïbh., 7, 1-5 ;).

or ce cine n’est “nullement à un | principe intéressé, Es comme celui dela morale ; Juve SA - Il n’enest pas de même de quelques autres passages ; He lesquels l'intérêt bien entendu fournit un motif moral: « Celui qui écoute mes paroles, dit par exemple Jésus, et qui les met en pratique, sera semblable à un homme sage qui bâtit sa maison sur le roc » (Math., 7,24;). De È cette déclaration, il faut rapprocher la conclusion dela parabole des talents (Math., 25, 14-30;) et le récit du jugement dernier (Math., 25, 31 -46 5), où apparaît aussi d'une manière absolument précise la double idée de la récompense et du châtiment. Il n'est pas, croyons nous; possible d'interpréter ces passages de maniëre à éliminer Ke * complétement la notion d'intérêt. Il serait d’ailleurs étonnant que Jésus n’ait pas subi en quelque mesure l'influence d’une idée si répandue de son temps. Fo Remarquons d’ailleurs, que si Jésus admet, dans une certaine mesure, cette idée d'intérêt, iln’en faitpas,comme ie judaïsme, le principe fondamental et exclusif de sa morale. Il lui accorde tout au plus l'importance d’un mobile accessoire. Le judaïsme disait : Fais-ceci et tu obtiendras cela, Jésus au contraire dit : Telle ou telle manière d'agir est incompatible avec la dignité d'enfant du Royaume; donc il convient que tu l’évites, et telest aussi ton intérêt, car, agissant ainsi, tu montrerais que | tu renonces à la qualité d'enfant du Royaume et tu perdrais les promesses qui en sont inséparables. Lasurvivance de l’idée d'intérêt chez Jésus, ne nous empêche pas de dire que ce qui caractérise la morale de Jésus, c’est son Opposition contre la morale juive qui était une morale de l’intérêt.

IL — La morale de l'apôite Paul Ft

Quand nous nous sommes occupés de la sotériologie Je nous avons vu que l’apôtre présente le devoir de la sanctification comme étant une conséquence | - directe de la justification. Il nous faut reprendre cette idée de la sanctification à un point de vue un peu Fr rent, qui consiste à nous occuper, non plus de la forme de la sanctification, maïs de son contenu; en d’autres | termes, il nous faut exposer maintenant quelle a été. la + : ; morale de l'apôtre Paul. .

Au premier coup d'œil, la morale A Para assez confuse et même hérissée de contradictions. Si quel- qu’un lisait sans connaître le système paulinien, ce que : | lapôtre dit de la loi: dans le 9° chapitre de la première épître aux Corinthiens, il pourraitse demander si ce pas-

PT sage ie un sens intelligible. Paul déclare à la fois à qu’il n’est pas sous la loi (üx vue), sans que cependant il soitsans loi(äwues), car il est dans la loi (äwecc) du Christ

(1 Cor., 9, 20;). Mais quand on est familiarisé avec la

pensée de Paul, on reconnaît que la confusion est ici dans = Îles termes plus que dans la pensée. Sous ces apparentes contradictions, on parvient à découvrir une pensée trés vigoureuse et parfaitement logique. Tout le mal provient | de ce que Paul a désigné par le mot loi (vue), des choses à - fort différentes *. La première chose à faire, avant d'a- . border l'exposé de la morale paulinienne, c’est d'essayer

r. Cf. Méxécoz, La base dogmatique de la morale de saint Paul (Revue

- chrétienne, 1889). à

ss 2. Sur les différents sens de mot loi, voir REUSs, Hd de la a FE

chrétienne au siècle apostolique, Strasbourg, Paris, 1852, Il, pp. 65 ss. H: HOLTZMANN, Neutestamentliche Theologie, IT, 1 PB: 22589:

1) | DEUXIÈME PARTIE, — (LES is Le

“ de voir ue sur ce point. Par le mot loi, Paul désigne au #

moins trois choses différentes :

Ancien Testarnent, en particulier les livres . Moïse EN);

2° Le nomisme; principe du judaisme ou théorie . la justification par l’observation de certaines pratiques ri= tuelles commandées par la loi (circoncision, sabbat);

3° La partie purement éthique de l’Ancien Testament, la loi morale manifestée dans le décalogue et aussi peut- être naturellement révélée à l'homme.

Il ne faut pas perdre de vue ce triple sens du mot loi,

si l’on veut saisir le principe de la morale paulinienne*.

L’exposé de la morale paulinienne doit comprendre

deux parties, l’une théorique et l’autre pratique. Lepre-

mier point nous intéresse surtout ici, le second, au contraire n’a que peu d'importance pour les recherches que nous poursuivons.

Le premier point de la morale théorique de Paul est .… l'idée de l'abolition de la loi rituelle. Nous avons vu plus haut que d’après Paul, cette loi est incapable de justifier: . l’homme. Ceci n’impliquait pas nécessairement l'abrogation de la loi. Paul ne songe pas à dire : Puisque la loi est impuissante, elle est sans valeur et ne peut venir de Dieu. Il se place au contraire sans aucune réserve sur le terrain du judaïsme, et affirme que la loi vient de Dieu, mais enseigne en même temps qu'elle n’a qu’une valeur transitoire. La venue du Christ marque sa fin : « La loi,

.1. Il faut ajouter un quatrième sens du mot loi : c’est celui de principe (Home 27 702250, 2)

2. La confusion tient sans doute à l'insuffisance du langage qui n "offrait à Paul qu’un seul mot pour désigner la loi rituelle et la loi morale, mais pour.une part aussi elle remonte à l’apôtre lui-même qui, s’il avait distingué les deux choses, aufait bien su forger une expression pour rendre sa pensée.

ce dt Paul, cest un n pédagogue q qui nous. dot: à Chris » (Gal, 3, 24:), ce qui implique que Christ venu, la loi __ perd son autorité (Gal. 4, 4. 5 ;). « Christ est la fin de la loi», dit-il de même dans l épitre aux Romains (Rom. : 10, 4j Fa | Au-dessus de la loi il y a, nous l'avons vu, “fa promesse faite quatre cent trente ans avant la promulgation dela se loi, et même avant qu’Abraham fût circoncis. Le véritable rôle de la loi, c’est de multiplier le péché et de le rendre conscient (Rom., 3, 20; 5, 20;). Paul explique comment l'individu est affranchi de la loi, par la célébre allégorie . d'Agar et de Sarah : « Dites-moï, demande l'apôtre aux Galates, vous qui voulez être sous la loi, ne comprenezvous pas la loi? » ét il rappelle l’histoire d'Abraham qui eut deux fils, l’un de Sarah sa femme, l’autre d’Agar SON esclave. Cette histoire est pour Paul une llérons: .Agar L: T et Sarah représentent les deux alliances. Agar l’esclave, Fes c’est l'alliance de la loi du Sinaï, c’est la Jérusalem esclave; Sarah au contraire désigne l'alliance nouvelle, la Jéru- __ salem d’en haut qui est libre et qui, dit l’apôtre, est notre … mére à nous chrétiens (Gal., 4, 21-31;). L'idée de Paul est celle-ci : « Il y a deux économies, l’une de la loi, l’autre de la grâce. Les chrétiens appartenant à la seconde, sont par là même étrangers à la première. C’est pourquoi l’apôtre dit souvent dans ses épîtres : « Vous n'êtes pas sous la loi, mais sous la grâce » (Gal., $, 18; Rom. 6, 14. 15; etc.). C'est donc parce qu'il est à Christ, quele croyant est libre à l’égard de la loi; cela est vrai de deux manières. La loi, dit d’abord Paul est une malédiction, être sous Ja loi, c’est être maudit. Or «Christ est venu pour nous . racheter de la malédiction dela loi, en devenantlui-même

+ 1. Ou plutôt contient une allégorie, car Paul ne doute pas de la réalité : des faits de l’histoire d'Abraham.

VIS plus, Christ vit en moi » (Gal., 2, 19: 20; 5)

un homme libre : « Christ nous a libérés par sa liberté,

d’en bien préciser la nature et d’en définir l'esprit. « Vous

+ loi. ds de règne en effet sur Phoe on tout rie temps de sa vie; celui-ci mort, elle perd tous ses droits >. (Rom.,7,1;). Or le croyant est mort à la loi par le Corps du Christ (Rom. 7,4; ); étant mort, il est séparé dela loi

; CKomn., 7, 6;). C’est exactement la même idée que Paul exprime quand il dit aux Galates : « Je suis mort à la loi pour vivre pour Dieu; je suis crucifié avec Christ, je ne

Paul affirme d’une manière trés nette que le croyantest

écrit-il aux Galates (Gal, $, 13). La loi de l'esprit devie en Christ-Jésus t'a libéré de la loi du péché », écrit-il dans l'épitre aux Romains (Rom., 8, 2; cf. Gal., 5, 15 I Cor., ee 9, 1-19; I Cor., 3, 17; Rom., 6, 18.22 ;), mais il impor-. tait à l’apôtre, non pas sans doute de limiter cette eee 554

absolue qu'il pose ainsi en principe, mais tout au moins

avez été appelés à la liberté, frères, écrit-il aux Galates, ne faites pas de cette liberté un aiguillon pour la chair» (Gal., S, 13:). Aux Romains il écrit : «Que dirons-nous donc? Pécherons-nous parce que nous ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce? À Dieu ne plaise» (Rom., 6, 15;), et l’apôtre explique que l’homme est l’esclave, soit du péché, soit de l'obéissance. « Autrefois, ajoutet-il, vous étiez esclaves du péché, maintenant vous avez *. été rendus libres à l'égard du péché et vous êtes devenus esclaves de la justice... maintenant vous êtes esclaves de

Le "u

Dieu, vos membres qui étaient autrefois les armes du péché doivent maintenant être les armes de la justice pour

ce

. se-t-il en disant : « J’emploie des expressions humaines

volontés de la chair. Le fruit de l'Esprit, c’est la charité,

Fa grâce et la paix. Si nous vivons par l'Esprit, marchons A

- aussi par l'Esprit » (Gal., $, 16. 22. 25;).

Il y a donc en apparence un double principe de la mo- . rale paulinienne. D'abord le croyant devenu l'esclave de Dieu doit lui obéir, c'est-à-dire accomplir ce que lui. commande la loi morale; d'autre part, le chrétien estun homme qui, vivant dans l'Esprit, doit vivre selon l'Esprit. Ce dualisme cependant n’est que superficiel, il tient à ce que Paul ne se préoccupe pas de donner un exposé systématique de ses idées, mais les présente tantôt sous

une forme, et tantôt sous une autre. Un passage de

sujettie à la loi de Dieu, car elle ne le peut pas. Ceux qui sont dans la chair ne peuvent plaire à Dieu » (Rom., 8, 7. 8;). Connaissant l’antithèse que Paul établit entre la

chair et l'Esprit, nous pouvons retourner l'affirmation de Paul, et dire que la pensée de l'Esprit est soumise à Dieu, à que ceux qui sont dans l'Esprit plaisent à Dieu. Ce que ou veut, c'est donc la vie de l'Esprit, ce qu'il demande

al homme, ce sont les fruits de l'Esprit.

pce que « ce terme “ a a D pour exprimer l'obéissance que l’homme doit à Dieu; aussi s’en excu-

| (bpérne, \éyw), à cause de la faiblesse de votre chair » (Rom., 6, 19:). Paul exprime ailleurs la même idée en cs disant que le croyant doit, par l'Esprit, mortifier les œuvres de la chair, pour vivre selon l'Esprit (Rom., 8; 12

; cf. 8, 1-11 ;). Il écrit de même aux Galates : « Je vous 5 dis, marchez selon l'Esprit et n’accomplissez pas les

l’épître aux Romains nous met sur la voie d’une conci- va liation des deux idées : « La pensée de la chair (à opévmpe | nc éaprée), dit Paul, est hostile à Dieu, elle n’est pas as-

fees sa est ue de faire ici une crane Vite ne vention que nous venons de constater de l'obligation trouble la belle harmonie du système paulinien. Dans les développements sotériologiques de l’apôtre, là où l'on at. . tendcommeconclusionlaconstatationd’unfait,ontrouve une exhortation‘. Nous nous trouvons ici en présencede ce qu'on pourrait appeler la désharmonie fondamentale du système paulinien. Le croyant, en fait, continue à vivre dans la chair, il n’a reçu que les prémices de l’Esprit, aussi doit-il faire un effort constant pour vivre selon l'Esprit et non selon la chair. La morale de Paul . répond à ce dualisme qui subsiste encore chez le croyant; elle n'a par conséquent, qu’une valeur intérimaire et . … perdra toute sa raison d’être lorsque, l’œuvre de la Ré demption ayant été réellement achevée, les chrétiens vivront pleinement de la vie de l'Esprit. A Il faut maintenant nous placer sur le terrain pratique, Se et nous demander comment le chrétien peut connaître la loi morale, volonté de Dieu, qui doit étre, comme nous lavons vu, la règle de toute sa vie. fie Une première source de la connaissance de la loi pour Paul est l'Ancien Testament. On sait quelle autorité absolue l’apôtre lui reconnaît, il est donc naturel que tous les préceptes moraux qu’il contient soient pour lui l’expression même de la volonté divine. D’autre part, les paroles et l'exemple du Christ sont aussi une autorité trés haute. Rappelant les préceptes qu'il leur a donnés, : Paul écrit aux Thessaloniciens : « Vous savez quels enseignements nous vous avons donnés par Jésus Christ » (À Thess., 4, 23). Quand les Corinthiens lui écrivent pour lui demander des directions sur divers points, c’est l’au-

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