‹ L'apôtre Paul et Jésus-ChristChapitre 97 sur 111 · CROROMSATS · texte numérisé non relu

CROROMSATS

| . Ailleurs il fait appel U Table dx Christ ni La, La ROM 07. 8)

Paul admet aussi une connaissance directe de la loi ne de Dieu, accessible à tout homme. C'est dansl'épitreaux Romains que cette idée est brièvement exposée : « Lors … que les païens, dit-il, qui n’ont pas de loi, font natu- : . rellement ce que demande la loi, bien que n’ayant pas de Re Toi, ils sont ä eux-mêmes une loi, car ils montrent que l'œuvre de la loi est écrite dans leur cœur, leur conscience . leurrendant témoignage. » (Rom.,2, 14. 153); l'apôtre continue, montrant que l’observation de la loi tient lieu de circoncision et que la circoncision ne sert de rien à. | tous ceux qui n’observent pas la loi. « La circoncision sert, dit Paul, si tu observes la loi, mais si tu la violes, ta circoncision devient incirconcision; si l’incirconcis ue les préceptes de la loi, sonincirconcisionne Jui sera-t-elle pas imputée à circoncision? » (Rom., 2, +

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1. Cf. Tinios, Der Paulinismus.…., p. 130. Ce que Paul propose en exemple dans la personne du Christ, ce n’est pas telle ou telle de ses - actions, mais le principe même de son activité. Paul veut que les chrétiens deviennent, s’il est permisde s’exprimerainsi, des Christs pour leurs frères (Phil., 2, $;). C'est ainsi que dans l’épiître aux Galates, il dit : « Portez les fardeaux les uns des autres et ainsi vous accomplirez la loi du Christ » (Gal., 6, 2;). Il n’est pas question ici d'épreuves particulières, mais du fardeau même de la vie et du péché que le croyant doit aider ses frères à __ porter, comme Christ l’a porté pour l'humanité. Paul est ainsi persuadé + de que ses souffrances sont utiles à ses églises. « Nous subissons des tribu- __ lations pour votre consolation et pour votre salut », écrit-il aux Corinthiens AL Ge, 1,16 cÉLIl Cor; 4, 10.125); Däns l’épitre aux Romains, Paul = déclare de be qu'il à oudrit être anathème pour le salut d'Israël (Rom, 9, 3;). On lit de même dans l’épitre aux Colossiens : « Je me réjouis dans % 7 les souffrances que j'endure pour vous. Je complète ce qui manque aux . souffrances du Christ, en souffrant dans ma chair pour son corps qui est, l'Église » (oi 1; sa Aa Li

a “A d loi pur Le conscience, mais. | cette . n'est pas un des pivots de la morale paulinienne.… à . Paul admet une autre connaissance immédiate % ere loi, réservée aux. seuls croyants : « L'homme spirituel 4 mevanès), écrit-il aux Corinthiens, juge de tout et n'est jugé par rien » (I Cor., 2, 15 je Dans l'épitre aux ee :.. Romains, il affirme que « tout ce que l’homme fait contre sa conscience est un péché » (Rom., 14, 23 5) ce qui nous permet de conclure que tout ce qu'il fait d’accord avec sa conscience est bon, c'est-à-dire, conforme Alaloi. L'état du croyant est ainsi ce que l’apôtre appelle la liberté glorieuse des enfants de Dieu (Rom., 8,21). C'est surtout aux prescriptions rituelles que songe lapôtre; on peut dire néanmoins qu'il pose, en face de l'hétéronomie de la morale juive, le grand principe de l’autonomie de la conscience. Quant au contenu dehaloi morale, nous ne pouvons songer à le déterminer ici avec précision ; nous devons donc nous contenter de quelques indications sommaires. D’une manière générale, le but proposé au croyant est sa sanctification : « Ceci est la volonté de Dieu, écrit Paul aux Thessaloniciens, votre. sanctification » (I Thess., 4, 3; cf. 4, 7; Rom., 6,22;). Ceci comprend deux parties, l’une négative consiste à s'abstenir de ce qui est mal, l’autre positive, à pratiquer ce qui est bien. Ces exhortations se rencontrent sous des … - formes très peu différentes dans les diverses épîtres de Paul. .. Aux Thessaloniciens, il recommande d'éviter la débauche et lesgains déshonnêétes (I Thess., 4, 1;ss.;). Aux Galates, aux Corinthiens, aux Romains, il recommanded'éviter

1. Sur ce point voir WERNLE, Der Christ und die Sünde bei Paulus, - Fribourg, Leipzig, 1897, pp. 119 ss. Vox DosscHürz, Die urchrisilichen Emo on 1902, p. 283.

toute une série de mauvais sentiments et de vices qu’il énumère longuement (I Cora 10: IE CO /20; Gal, NEO NOM A AO MES T2: Col5 55) AUCUNE VUE théorique ne domine les énumérations de l’apôtre; l’ordre même qu'il suit varie beaucoup d’une épiître à l’autre. La débauche sous ses diverses formes occupe la première place, puis viennent lidolâtrie, les mauvais sentiments (colère, jalousie, haine), les mauvaises actions envers le prochain (empoisonnement, meurtre, calomnie etc.). À ces catalogues de vices s’appose la liste des vertus de Gal., s, 22; ss. (cf. Rom., 8, 6; 14, 17;). Paul énumère sans ordre comme fruits de l'Esprit, la charité, la grâce, la paix, la grandeur d'âme, la générosité, la bonté, la foi, la douceur, la tempérance.

On pourrait relever dans les diverses épîtres de Paul des indications plus précises sur certains points; nous ne pouvons songer à faire ici cette étude qui nous éntrainerait trop loin. Nous nous bornerons à relever un point. À propos de la question du mariage, la morale paulinienne nous apparaît comme ascétique, sinon en principe, du moins en fait. Paul sans doute ne proscrit pas le mariage, et même pose quelque part un principe, qui logiquement appliqué, aurait dû l’amener à singulièrement relever le mariage. c'est celui de la sanctification mutuelle des époux (1 Cor., 7, 14;); mais en fait, ilen arrive presque à présenter le mariage comme un état inférieur, comme une concession faite à la faiblesse de la chair (I Cor., 7, 1. 2. 6-9;). Cette espèce d'inconséquence s’explique fort bien par deux causes : l'attente de la parousie d’une part, et la réaction que devait néces-

1. Les épitres aux Colossiens et aux Éphésiens donnent des déterminations beaucoup plus précises des devoirs des différents états (Col., 3, 18-4, 2; Eph., s, 15-6, 18;).

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FL vie sainte que ae demande au croyant est à ses yeux une glorification de Dieu. L'épitre aux Colossiens contient à ce sujet une parole qui, même si elle

n’est pas de Paul, exprime tout au moins parfaitement. sa pensée : « Quoi que vous fassiez, y lit-on, soit parole, soit acte, faites tout au nom du Seigneur Jésus,” rendant grâces par lui à Dieu notre Pére » (Col., \ Por Ch GONE TO./3T: Phil. I, 11;). C’est ce principe que Paul met en œuvre quand, dans cette épître aux . Philippiens que nous sommes en droit de considérer …

| comme son testament spirituel, il dit : « Maintenant ta comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps, . soit par ma vie soit par ma mort » (Phil, 1, 20;). AE qui caractérise la morale de Paul dans son oppo= sition vis-à-vis du judaïsme, c’est que la vie morale n’y est pas un moyen pour réaliser une fin, la justice, mais qu’elle est la ‘conséquence d'un état, celui du croyant … justifié. Paul cependant n’a pas toujours été absolument. . fidèle à ce principe. Par l'effet probablement d’une sur-

vivance des idées juives, il lui arrive souvent de faire intervenir l’idée de la fin à réaliser, du salaire à mériter.

Cela tient à la persistance, chez Paul, du principe eschatologique. Le jour du Seigneur présenté comme le but

del’activité du croyant, cela équivaut à invoquer comme

motif d'activité un facteur extérieur‘. Le motif moral

. que l’on rencontre le plus souvent dans les exhortations

de Paul, est celui-ci : Soyez prêts pour le jour de la pa- ie

rousie ( Thess is r35)etc.)-! Paul enseigne qu à ce mo- 4 Fe

r. Sur ce point, voir ZILLESEN, Die Beoründung der sittlichen a Ë bei Jesus und bei Paulus, pp. 56 ss.

n Ce 2. 16: 3, 6 5). Chacun recevra alors s suivant ce

Fes onda en ON œuvre du de. ae que votre peine ne sera pas vaine dans le Seigneur » (I Coin ” : 15: 58:). Il écrit de même aux Galates : « Ne vous y. de trompez pas, on ne se moque pas de Dieu, ce que l’homme a semé, c’est ce qu'il moissonnera. Celui qui sème pour la chair, récoltera pour la chair la corruption; ss celui qui sème pour l'Esprit, recevra de l'Esprit h'yet.e éternelle » (Gal. 6, 7- 8;). Ces motifs que Paul invoque : d’une manière générale sont aussi ceux qu il fait intervenir dans les cas particuliers. Pour engager les Corinthiens à à respecter la Cène, il rappelle que sa profanation : : est cause des nombreux malades qu'il y a parmi eux, et même de la mort de quelques-uns CL Eor.,11,30:); Le: 24 motif qu'il invoque pour demander l’obéissance aux autorités établies est de même nature. « Si tu fais le mal, crains, dit-il, car ce n’est pas en vain que l'autorité porte Je glaive. » . Ne nn En résumé, à côté du principe mental que la morale paulinienne emprunte à la sotériologie, il y a per-. Sistance du principe intéressé de la morale juive, en ce s re concerne en particulier IS motifs Ron pour

tions. Pour Jésus et pour Paul, la loi a perdu son carac-

sus, plus que par ce qui l’en de Il n’en est pas 4 mémeici, car la morale paulinienne nous paraît être une … fidèle reproduction de la morale de Jésus. Peut-être cela tient-il à ce que l’idée que Paul se faisait de la morale de.

d’obsession que la mort de Jésus a été pour lui.

d la plupart des paroles de Jésus auxquelles Paul faitallusion, ont un contenu moral. L’ épitre où l'on trouve le … plus de ces réminiscences est la première aux Corinthiens, qui est précisément l'épitre dans laquelle les questions 5 pratiques tiennent le plus de place.

par ce fait qu’elles sont destinées à des sociétés quiont

Jésus, n’a pas pu être sensiblement modifiée par l'espèce

Cet accord entre Paul et Jésus se remarque à ceci, que …

A F5 L'accord ici est si frappant, que nous pouvons pour le ; mettre en lumière, nous borner à quelques brèves indica-

tère absolu, et ne conserve de valeur que par son contenu :

et non par sa forme. Pour l’un et pour l’autre, la vie morale est une conséquence et non un moyen; l’idée de

l'intérêt ne joue plus qu’un rôle accessoire. Jusque dans les questions de détail il y a accord, en ce qui concerne … par exemple la question d'autorité, ie du mariage ét celle du divorce. ES

Enfin la morale de Jésus et celle de Paul sont des MO rales intérimaires. Leur caractère parfois négatif et leur abstention systématique sur certains points, s'expliquent

conscience de ne pas devoir durer.

Signalons toutefois deux différences dont l'importance d’ailleurs est très secondaire. La première est que l’abrogation de la loi juive a un caractère beaucoup plus systématique chez Paul que chez Jésus; la seconde est que, dans sa dernière période, la morale paulinienne semble commencer à s'organiser pour durer. Cette différence tient à la différence des temps, il ne faudrait d’ailleurs pas en exagérer l'importance, car avec Paul, le mouvement ne s'achève pas, c’eft à peine s’il commence à s’esquisser.

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