PRÉFACE XIX
sont les surnaturelles énergies de la passion dont lui-même disait : « La charité ne craint rien. La charité parfaite n'est pas avec la crainte; et craindre, ce n'est pas aimer dans la perfection ' ! »
La perfection, pour lui, n'était pas de contempler, mais d'agir et de souffrir. La glorieuse montagne de la transfiguration n'était que le marchepied de celle de la crucifixion. S'il repose dans l'extase sur le sein de son Maître, il ne s'y endort pas. « Levez -vous, et marchons! » C'est au suprême combat que son Seigneur l'appelle, et nul n'en a, plus tard, soutenu ni commandé de plus glorieux que lui. Il a réfuté la gnose, détesté le nicolaïsme, anathématisé Cérinthe et ses erreurs; il a soutïert pour la justice, et haï l'iniquité; maudit Rome enivrée de voluptés et de sang; suspendu sur la tête des nations sacrilèges la coupe des fléaux divins, repris de leur relâchement les Églises d'Asie, et dénoncé des taches jusque dans leurs anges. Écrivant à la jeune chrétienté qu'il a fait naître, saint Jean la félicite avant tout d'être forte. Il ne parle que de luttes, de triomphes et de victoires. Il a traversé le feu, il a supporté l'exil, il
1 1 Joan. IV, 18.