CREER
« le foie et les intestins à la paroi abdominale, on constate facilement, « en ouvrant la cavité abdominale par une incision oblique, que la « position du côlon transverse n’est nullement aussi atypique qu'elle « en à l'air dans les nécropsies ordinaires. On voit alors qu'à l'état « normal il court de droite à gauche, parallèlement à la face infé- « rieure du foie, dans une direction transversale où plus exactement « oblique. Naturellement, le côlon transverse lui-même est soutenu « par les anses intestinales sous-jacentes, et indirectement par la « paroi abdominale. Bien que le foie pèse environ 2 kilogr. l'effet de la « pression qu'il exerce n’est pas considérable, d'autant plus que seul « son poids spécifique doit entrer en ligne de compte. Or celui-ci « n'est pas beaucoup plus élevé que celui de l’eau, par suite peu supé- « rieur à celui des intestins avec leur contenu.
« Comme les viscères abdominaux, surtout l'estomac et les intes- « tins, déterminent et assurent la position du foie, il est nécessaire « de connaître les raisons pour lesquelles ces organes mous et mobiles « sont eux-mêmes préservés d'un déplacement. C'est pourquoi il « nous faut étudier certaines fonctions anatomiques et physiologiques « de la paroi abdominale, puisque cette paroi doit être considérée « comme le principal soutien, non.seulement des intestins, mais « encore des autres viscères abdominaux et en particulier du foie (1). »
On nous pardonnera cette très longue citation en faveur de son importance. Le mécanisme de l’action des intestins y est très clairement expliqué, ce qui nous dispensera d'y revenir longuement plus loin. Mais ce que nous ne pouvons comprendre, c’est l'importance extraordinaire que leur donne Landau, alors qu'il connaissait mieux que personne la solidité des attaches du foie. Et il nous semble, en vérité, étrange et même paradoxal d'aller chercher si loin les causes de la suspension du foie, quand celui-ci possède pour se soutenir des ligaments vingt fois plus forts qu'il ne le faut.
C'est, en-effet, ce que nous ont démontré des expériences extrèmement simples, au cours desquelles nous avons cherché à nous rendre compte du rôle des divers organes dans la suspension du foie et surtout de leur degré respectif de puissance. Le procédé que nous avons adopté est d'ailleurs des plus élémentaires.
Le cadavre est suspendu verticalement par le cou à une poutre
(1) LANPAU. Loe. cit.
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transversale, Si nous l'avons suspendu par le cou et non par les aisselles, c'est parce qu'il retombe ainsi plus naturellement, sa poitrine n'étant pas déformée, ses côtes aplaties par la corde qui le soutient. Dans ces conditions, la masse intestinale est distendue par l'insufflation directe dans l'intestin grêle d'une grande quantité d'air. Une anse est attirée au dehors, par une petite plaie située très bas, dans la fosse iliaque gauche, à peu près au niveau de la ligne d’incision recommandée pour laligature de l'artère iliaque externe, ineision dont nous avons profité chez un certain nombre de sujets qui avaient servi à des exercices de médecine opératoire. Par une petite ouverture pratiquée à une anse de l'intestin grêle attirée au dehors, pénètre l’extrémité d’un soufllet qu'on attache solidement. Quelques coups de soufflet, et l'intestin ne tarde pas à se remplir et à se distendre, Cette distension de l'intestin grèle, accompagnée de la distension de l'estomac et du gros intestin, a pour but de reproduire autant que possible les conditions de la statique intestinale, telles qu'on les observe pendant la vie, au cours de laquelle les'‘intestins sont en général gonflés de gaz, et de gaz dilatés par une température élevée. L'abdomen est ainsi rempli par le fameux coussinet intestinal élastique, résistant et capable de soulever le foie, au moins autant qu'il le peut faire dans les conditions normales de la vie.
Cela fait, avec une longue aiguille droite, des ponctions sont pratiquées horizontalement, à travers la paroi abdominale, immédiatement au-dessous du rebord costal droit, de façon à le circonserire en rasant sa convexité, On obtient ainsi un certain nombre de petites plaies qui viennent tracer sur les organes profonds et en particulier sur le foie, le niveau exact que le rebord des côtes occupe par rapport à eux.
L'abdomen est alors ouvert en croix, d’une part verticalement, de l'appendice xiphoïde au pubis, d'autre part horizontalement, un peu au-dessous de l’ombilic, pour ménager le ligament suspenseur et le cordon de la veine ombilicale. La section se prolonge très loin sur les côlés, presque jusque dans la région lombaire, surtout du côté droit. afin de pouvoir facilement contourner de l'œil et du doigt l'extrémité inférieure du lobe droit du foie.
L'abdomen ouvert, il est facile de constater qu'au moins dans la position verticale, le foie, appuyé sur les intestins distendus, dépasse
presque toujours, dans des proportions d'ailleurs très variables, le