‹ L'Appareil Suspenseur du FoieChapitre 22 sur 35 · ET EN PARTICULIER · texte numérisé non relu

ET EN PARTICULIER

DE L'ÉPATOPEXIE

Nous n'avons pas l'intention de nous appesantir longuement sur les moyens purement médicaux de combattre l'hépatoptose. Ce n’est pas qu'ils n'aient une importance très réelle, mais nous n'avons guère qualité pour les apprécier et nous désirons d’ailleurs nous placer à un point de vue plus particulièrement chirurgical.

Avant tout, il faudra songer à l’état général des malades et combattre par tous les moyens possibles, et en particulier par l'hydrothérapie, surtout chez les femmes, tous ces phénomènes neurasthéniques qui constituent souvent, à eux seuls, le plus clair de la maladie. On calmera souvent ainsi, surtout en y adjoignant un traitement tonique les douleurs et les troubles de toute sorte dont se plaignent incessamment les malades.

Mais c’est aux moyens mécaniques qu'on s’adressera de préférence, car c'est grâce à eux qu'on apportera le plus grand soulagement aux malades. Très nombreuses sont les observations dans lesquelles il se sont montrés efficaces. Presque toujours ils diminuent les douleurs, les sensations de gêne, de pesanteur, de tiraillement, quelquefois ils les font disparaître.

Ces moyens mécaniques sont de deux ordres : les uns s'adressent à la paroi abdominale et tendent à la renforcer, les autres s'adressent directement au foie lui-même et vont, par des moyens sanglants, tenter de le soutenir en la fixant chirurgicalement à la paroi de l'abdomen.

Parmi les premiers, simples, eflicaces, innocents, et qu'on devra,

He . 15

par conséquent, toujours employer avant de recourir à une opération quelconque, il en est un, recommandé par Curtius et d'autres auteurs, et qui repose sur cette idée théorique mais en grande partie inexacte que nous avons déjà discutée, à savoir que c'est la paroi abdominale qui joue le rôle capital dans la suspension du foie et que, par conséquent, c’est elle encore qui est, par son relâchement excessif, le principal facteur dans la chute de cet organe. En lui restituant sa force, sa résistance et sa tonicité, on remédierait en même temps aux accidents du foie mobile. Dans ce but il faut électriser la paroi pour faire revivre ses muscles, et c'est aux courants interrompus, à la faradisation qu'il faudra s'adresser, comme toujours, lorsqu'il s’agit de réveiller la contractilité musculaire. Nous n’avons rien trouvé à ce sujet dans les diverses observations que nous avons recueillies, mais, à priori, nous ne pensons pas qu'on en puisse retirer un grand bénéfice.

fl n'y a pas que les muscles qui sont atteints et plus ou moins atrophiés dans 'l'éventration, il y a la peau, il y a les aponévroses qui sont distendues, sans résistance et dont l'électricité ne pourra guère modifier la vitalité. Nous doutons fort, également, que des muscles aussi amincis, aussi atrophiés, aussi dégénérés que ceux qui subsistent dans une paroi abdominale éventrée, puissent tirer grand bénéfice de l’électrisation même la mieux conduite.

Nous ne citerons donc ce procédé de traitement que pour mémoire et à titre d’adjuvant aux autres méthodes de renforcement de la paroi abdominale. Celles-ci peuvent se résumer en une seule : le port d'une ceinture bien faite.

Nous n’entreprendrons pas de décrire tous les appareils que l’on a faits et que l’on peut faire dans ce but. Ce travail fastidieux ne servirait à rien, car les ceintures varient avec les bandagistes, les chirurgiens et les malades. Disons seulement que les unes, en tissu plus ou moins élastique, ne font que doubler la paroi abdominale qu'elles remplacent, sans exercer aucune pression sur les viscères profonds, tandis que les autres sont garniés de pelotes plus ou moins épaisses, plus où moins saillantes et peuvent par conséquent, dans une certaine mesure, contribuer à soutenir les viscères qui tendent à descendre.

Notre expérience est nulle sur ce point et on ne saurait tirer grand éclaircissement de la lecture des observations, mais il nous semble que les appareils de la première catégorie, ceux qui ne font que remplacer une paroi fonetionnellement disparue, ne peuvent servir à

Page 1