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volume énorme grâce à de l’hydronéphrose, ou à des néoplasmes. Abstraction faite des résultats de la percussion des reins, la constitution même de la tumeur, son bord inférieur tranchant, la possibilité de le ramener à la place occupée par le foie à l'état normal et remplie chez notre malade par des viscères abdominaux rendant un son tympanique, constituent autant de preuves contre l'hypothèse d’un rein flottant.
Ainsi, tous les signes tendent à prouver que cette tumeur, mobile dans , des limites si étendues, est identique au foie et que son lobe gauche surtout prend part à ses mouvements.
Mais il y a encore un point important du diagnostic différentiel à considérer, point que Léopold seul a effleuré, de tous les auteurs qui ont traité la question de l’hépatoptose, qui partout ailleurs est passé sous silence, et auquel on n’a pas prêté l'attention qu’il méritait; à savoir la preuve clinique rigoureuse qu'il s’agit réellement d’un foie flottant, c’est-à-dire d’une séparation du foie et du diaphragme par allongement de leurs digaments d'union. On pourrait prétendre en effet que le diaphragme s’est, en même temps que le foie, déplacé vers le bas. Naturellement, il y aurait dans ce cas un gonflement considérable du poumon droit, par conséquent un emphysème partiel; et l’existence d’une zone tympanique entre le poumon et Le foie ne suffirait pas dans tous les cas à nous garantir d’une erreur. Mais l’existence d’une zone tympanique entre la matité due au foie et la matité cardiaque est un signe de certitude qui permet de rejeter cette hypothèse. Elle prouve qu'il s’est glissé entre le cœur et le foie un viscère contenant de l'air, ce qui n’est possible que si le foie s’est détaché du diaphragme pour lui céder la place.
Quant au traitement du cas en question, j'ai renoncé à l'application d’un bandage de corps fixe pour deux raisons, savoir :
1° Parce que les personnes malades de l’estomac ne supportent généralement pas une pression considérable qui s'exerce sur tout le pourtour de leur corps.
2° Parce que, par ce procédé, le foie n’est pas maintenu du tout ou du moins très peu.
C’est pourquoi j'ai employé un bandage à pelote mobile que j'ai fait construire à cet effet. Elle 4 un diamètre longitudinal de 16 centim.; sa plus grande largeur, en avant, est de 7 1/2 à 8 centim., elle est mollement capitonnée, a la forme d’un coin creux à base inférieur et est mobile autour d’un are horizontal (c’est-à-dire que sa partie inférieure élargie se tourne en dedans). Au moyen d'une telle pelote, on imite le mieux possible la pression que l’on exerce quand on cherche à maintenir, avec le creux de la main, le foie à sa place normale.
L’application du bandage se fait comme pour un bandage herniaire ordinaire. On réduit le foie dans le décubitus avec la main droite, on applique le bandage avec la main gauche, finalement on place la pelote horizontalement au moyen de la vis.
La malade, que j'ai vue pour la dernière fois il y a 8 jours, a bien supporté son bandage, qu’elle porte depuis 10 mois; elle est devenue beaucoup plus forte; en la pesant, on a constaté une augmentation de poids de 14 livres en 9 mois; la graisse de la paroi abdominale a visiblement augmenté. La malade ne peut pas encore se passer de son bandage; si elle l’enlève seulement pendant une heure, on voit se produire des phénomènes de vertige et des nausées.
OBSERVATION XX V. — J. MaaAcK. St-Petersb. med. Wchnschr., 1884, p. #10.
Mademoiselle N. N.., 35 ans, originaire d’une famille nombreuse et bien portante, constamment en bonne santé et bien constituée, de tempérament vif, sentait depuis l’automne de 1873 une tumeur, située sous le bord inférieur du thorax, du côté droit : le diagnostic, confirmé par un clinicien éminent de Leipzig, concluait à un kyste hydatique. En conséquence, sur le conseil du Dr C. Gerhard, nous avons essayé, en administrant du picronitrate de potasse, de provoquer une atrophie du ver vésiculaire. Nous n’avons obtenu qu'un ictère qui a duré fort longtemps et une disparition totale du goût; même beaucoup plus tard, on ne put constater aucune modification dans la tumeur hépatique; il semblait, au contraire, à la malade que la tumeur augmentait peu à peu; l’état général, bien que variable, était très bon, et il n'y avait pas d’autres accidents. En 1881, la malade se trouvant de nouveau à Leipzig, un autre médecin lui déclara que son cas était du plus haut intérêt, mais ce fut tout, et comme la malade se sentait assez bien, l'examen ne fut pas poussé plus loin. C’est seulement au mois de mai de la même année qu'apparurent des accidents et des douleurs du côté du bas-ventre, en même temps qu'une grande lassitude et de la nervosité. Passagèrement il y eut sur la cuisse droite, à un travers de main au-dessous du ligament de Poupart, une tumeur grosse comme un œuf de poule, que la la malade fit disparaitre elle-même par des badigeonnages à la teinture diode et des compresses froides. Il ne nous restait qu'à pratiquer l'examen du ventre et les résultats en furent les suivants : Il était impossible de trouver le foie à la place qu'il occupe normalement; aussi loin que s’étendaient les côtes, on trouvait à la percussion un son net et on entendait le bruit respiratoire, Dans la région abdominale droite inférieure, au-dessous de l'ombilic, par conséquent dans la région iléocæcale et reposant sur l'os iliaque droit, on sent nettement le foie sous forme d’une masse compacte, hémisphérique, à convexité supérieure, À sa surface, on ne peut pas constater de saillie révélant la présence du kyste hydatique. Il semble donc que ce kyste ait diminué de volume, peut-être à cause de l'emploi du picronitrate de potasse. Probablement, l’atrophie de la poche kystique a été suivie d’un relàächement du liga-