‹ L'appel aux armes et la réponse canadienne-françaiseChapitre 13 sur 36 · NOUS · texte numérisé non relu

NOUS

Que devons-nous à la France? La vie.

Que devons-nous à cette fille de la France qu’est notre province ? D’avoir dans le cœur et de traduire en actes sa devise : Je me souviens. De conserver intact le patrimoine hérité et de n’en pas laisser échapper l’honneur.

Or, cet honneur, précisément, la situation nouvelle créée par le partage des opinions sur une loi qu’en notre for intérieur nous pouvons toujours désapprouver, le fait chanceler.

Par quels moyens pouvons-nous encore le sauver ?

Le salut. — Pour ne pas faillir à notre mission, nous avons le devoir de nous réhabiliter. Il faut mettre devant l’opinion, avec nos excuses et nos explications, des actes qui auront un sens autrement clair. Quels sont ces moyens? Il vaut la peine que chacun y réfléchisse et trouve et suggère une solution. Et nos hommes publics ont des ressources qui me manquent et où ils pourraient puiser pour le profit de tous. Si dépourvues qu’elles soient d’une autorité compétente, je livre à l’opinion publique mes conclusions.

Mais auparavant, pour être tout-à-fait sincère, je dois dire que des deux moyens dont je parle, le premier, —qui comporte nécessairement, il est vrai, le second — me paraissait d’abord le seul, l’unique moyen d’une réhabilitation qui fût complète, éclatante. Des amis, devant le jugement de qui le mien cesse volontiers de s'imposer, m'ont à peu près convaincu que le second, moins panaché, seul pratique, pourrait suffire à la besogne. Espérons-le.

Le premier moyen s’exposait comme suit :

L’accusation qui pèse sur nous est celle-ci : Les Canadiens- ” Français sont, officiellement, contre l’enrôlement forcé, contre la mesure de guerre acceptée, officiellement, par la majorité anglaise de leur pays ; ayant consenti la guerre, ils ne veulent plus se battre; ils désertent le champ de bataille.

Notre réponse était celle-ci : L’accusation n’est fondée qu’en

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