‹ L'appel aux armes et la réponse canadienne-françaiseChapitre 28 sur 36 · AU TANE · texte numérisé non relu

AU TANE

DE M. ARMAND LAVERGNE, AVOCAT, (6) Québec, 24 juillet 1917.

Mon cher ami,

Je te remercie de l’envoi de ta brochure : L’' Appel aux armes. D'abord, laisse-moi te dire que rien ne peut altérer l’estime que J'ai pour toi ; ton caractère et ta conduite te mettent au des-

(6) Ancien député, à Ottawa puis à Québec, La Vergne est ‘“ l’enfant terrible ” du groupe nationaliste ; orateur populaire extrêmement osé, beau joueur au jeu des batailles de hustings, il est souvent, avec ses amis, la victime de son esprit, dont les sautes indisciplinées bousculent tout — même ses idoles. Il est le plus célèbre lieutenant de M. Bourassa. Lieutenant-colonel de milice, il commande un régiment, en temps de paix ; il n’a peur de rien pourtant et serait, au front, le plus brave de ses soldats. Il a grandi en se battant ici contre les Anglais, il ne veut pas changer d’ennemis. Au fond mon sentiment, c’est qu'il enrage surtout d’être attaché ici par des liens politiques, alors que, pour être vraiment lui-même et donner sa vraie mesure c’est un rôle dans la grande guerre qu'il lui conviendrait de jouer. Notre amitié date de nos années de collège.

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