II. — Examen des urines
Cet examen de laboratoire, indispensable dans les cas simples prend uae importance capitale lorsqu'on se trouve en présence d’un cas douteux.
L’albuminurie est de règle dans toutes les maladies infectieuses fébriles aiguës et du fait se rencontre indifféremment aussi bien dans la typhoïde que dans l’appendicite. Néanmoins, il est à remarquer qu’au moment où éclatent les premiers accidents, l’appendicite est une affection locale alors que la septicémie typhoïdique est générale, nous sommes conduit à penser que l’albuminurie est plus fréquente et plus marquée dans la typhoïde que dans l’appendicite. Dans la dothiénentérie durant l’incubation, le rein est déjà touché par la toxine alors que celui-ci reste indemne au début de l’appendicite. Plus tard, quand les lésions appendiculaires seront constituées et la cavité close franchement septique, la diffusion des toxines dans l’économie sera généralisée touchant profondément les organes nobles et le typhique meurt avec tous les signes d’un empoisonnement suraigu; on pourra trouver de l’albuminurie en abondance. L’indicanurie présente une valeur diagnostique secondaire ; en effet on retrouve communément lindican dans les états infectieux du tube digestif voire même dans les indigestions barales. Dans la typhoïde au
début, lindicanurie ne fait presque jamais défaut pour devenir maximum à la convalescence, d’après Motta-Cocot.
Dans l’appendicite l’indicanurie apparaît précocement dès les premiers jours, c’est donc un signe differentiel commode qui peut être utilisé le cas échéant, mais d'indication secondaire. Durant ces dernières années, MM. Gaillard et Lannelongue étudiaient la toxicité urinaire toute particulière au cours de l’appendicite chez les enfants. Ils ont mis en évidence que cette toxicité augmente d'emblée en fonction de la densité et de la coloration de l'urine. Au contraire, dans la typhoïde, la toxicité est supérieure à la normale surtout au début et à la convalescence marquée par une pollakiurie de décharge active.
Ajoutons qu'on peut également déceler la présence de bacilles d’'Eberth par la centrifugation de l'urine recueillie au cours de la maladie, toutefois ce procédé d'investigation perd toute sa valeur quand il s’agit de poser un diagnostic d’urger.ce.
Enfin, dans le service des contagieux du professeur Sabrazès à l’hôpital Pellegrin, notre vénéré maître attache une importance particulière à la fidélité de la Diazo-réactior d’Ehrlich; en effet, celle-ci est presque toujours positive dans la typhoïde {obs. XIT) et franchement négative dans les appendicites ainsi que nous prouvent les treize cas de notre observation XI. On conçoit dès lors, combien il est indispensable de s’entourer de cette précieuse Diazo-réaction pour étayer commodément un diagnostic différentiel dans les cas embarrassants.
Comme nous nous sommes proposé dans cette thèse d£ rechercher si la Diazo-réaction d'Ehrhch si fréquemment constatée dans les typhoïdes et para-typhoïdes existe ou non dans les appendicites aiguës, qu'il ncus soit permis de rappeler brièvement en quoi consiste la technique pratique et économique que nous adoptons dans nos investigations.