DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL EN PARTICULIER
Dans le chapitre précédent nous avons traité l’ensemble des éléments généraux nous permettant d’étayer un diagnostic différentiel entre la typhoïde et l’appendicite ; tâchons d’appliquer à bon escient aux quelques-uns des cas qui peuvent se présenter couramment en clinique. Pour la clarté de notre exposé, ce chapitre restreint néglige volontairement les très nombreux types Intermédiaires dont la description étendrait sans profit les dimensions de ce travail.
Se trouvera-t-on en présence d’une infection légère de moyenne intensité avec céphalalgie, fièvre modérée, douleur ilaque droite, etc., la marche de l’affection nous aiguille le diagnostic qui pourra se poser avec une typhoïdette, un simple embarras gastrique ou une colique appendiculaire atténuée. La défense musculaire et l’hyperesthésie cutanée feront le plus souvent défaut et la localisation douloureuse mal définie. En présence de pareils malades, l'intensité de la céphalalgie, l’insomnie du début, l’apparition de taches rosées, l’hémoculture et le séro-diagnostic aidant seront, croyons-nous, les principaux signes qui permettent de poser le diagnostic si la maladie arrive à la fin du premier septenaire.
En second lieu, le médecin pourra être appelé auprès d’un malade atteint d'affection autrement sérieuse dont les symptômes sont d’emblée abdominaux. Si l’on observe déjà du météorisme, une vive douleur dans la fosse 1liaque droite, et suivant les cas, ou une diarrhée profuse ou une constipation opiniâtre, on aura recours au laboratoire pour l'examen du
sang et des urines : la diazo-réaction d’Ehrlich et la séroagglutination, répétons-nous ous livreront la clé du diagnostic. Dans d’autres circonstances, s’agira-t-1l d’une péritonite constituée, le médecin devra rechercher la pathogénie et la cause. Plus intéressant serait de savoir comment se conduira le médecin en présence d’une péritomite par perforation diagnostiquée ? Est-elle due à une perforation appendiculaire ou typhoïdique ? Le problème est délicat d'autant que d’autres affections — un ulcère de lestomac par exemple — pourront être également incriminées! Il nous reste une dernière ressource, celle de l’âge de l’affection.
En effet, une perforation typhoïdique ne survient guère avant la fin du deuxième septenaire et ne se produit que rarement après le troisième. Par contre, une perforation appendiculaire est généralement beaucoup plus précoce aux premières heures et la maladie peut se montrer d'emblée avec les caractères cliniques de cette perforation.
Persiste-t-1l le moindre doute, on recherche avec soin la localisation initiale de la douleur, l’état de la rate et des poumons, on surveillera lapparition possible des taches rosées, on interroge l’existence de la leucocytose, d’un réticulum fibrineux, on pratiquera enfin la séro-réaction de Widal-Sicard vers le huitième jour. Complémentairement la date exacte de la perforation, la marche antérieure de la maladie nous situent le diagnostic, croyons-nous.
La typhoïde qui se complique de perforation donne bien rarement lieu à une péritonite circonscrite; c’est la péritonite diffuse qui est la règle. La péritonite circonscrite est souvent consécutive à une perforation appendiculaire. Quant aux abcès péri-appendiculaires, ils seront très rarement confondus avec une typhoïde : la grande défense musculaire rarement en défaut, la courbe thermique, la leucocytose, la petitesse et la rapidité du pouls associées aux autres signes de suppuration abdominale nous lèveront le doute.
D'ailleurs, en cas de confusion, l’examen du sang et des urines ne donne aucun renseignement précis puisque dans ces
An Bon.