OBSERVATIONS
Observation I
Due à l’obligeance du professeur Sabrazès.
(Syndrome appendiculaire aigu pris pour une typhoide Service des contagieux, hôpital d'isolement de Pellegrin de Bordeaux)
Mme H. M., ménagère, 54 ans, entre dans le service d'isolement du professeur Sabrazès le 28 octobre 1930, envoyée par le Dr Chappert avec le diagnostic de fièvre typhoïde. Le début de l'affection remontait à dix-sept jours environ. Jusque-là bien portante, la malade se sentit lasse, courbaturée, fiévreuse: comme elle toussait un peu, elle se croyait, nous dit-elle, atteinte d’une affection pulmonaire bénigne et ne continue pas moins sa vie ordinaire. Le lendemain, les troubles ont augmenté d'intensité avec une température de 390, la malade dut s’aliter et consulter le Dr Chappert.
Durant deux semaines, état stationnaire, température oscillant aux environs de 389 — 399 5. Asthénie profonde, constipation tenace, malgré les lavements quotidiens. Pas d’épistaxis, aucun syndrome digestif marqué. Une crise d’étouffement survenue brusquement un soir avec douleur de constriction thoracique nécessitant une piqüre de morphine.
Aucun accident pathologique dans les antécédents : quatre enfants bien portants.
A son admission la malade répondait parfaitement à l'interrogatoire. Température 399 4; pouls 120; T. A. 7,4; cœur normal. Langue saburrale: anorexie el constipation.
30 octobre 1930. —— Frisson intense, tremblement, accès de fièvre, se terminant par une transpiration abondante. Douleur très nelle au point de Mac Burney et disparition de la douleur vésiculaire ressentie la veille. Vaccin anti-colibacillaire; Uroformine à 0,50, ne:
Le 127 novembre 1930. — Refroidissement intense, grand frisson durant une demi-heure. Légère douleur parasternale, douleur aiguë à la fesse et à la cuisse.
Régime sévère au bouillon de légume, lentilles, pois cassés, café, laitages, boissons sucrées, tisane de Boldo, huile de ricin.
Re MT.
La diazo-réaction et l’hémoculture pendant un accès fébrile (400 3) étaient entièrement négatives.
Numérationglobulaire MHémoglobimen rc rc ECC tre 7072 Globules rover Er EE 3.205.000 Globules nine Cr er re 34.720
Aucun bacille de Koch dans les crachats.
Pas d’hématozoaires à l'examen du sang au cours d’un accès fébrile.
La trouvant trop faible, la famille la transportait chez elle le 11 novembre 1930, où elle mourut deux heures après en toute
lucidité d’esprit.
Observation II
(Typhoide confondue avec une appendicile inlercurrente Semaine Médicale, M. Rendu, 6 février 1901)
S., Emilie, 29 ans, entre à l’hôpital Necker, dans le service de M. Rendu, le 12 novembre 1900 pour une douleur à la fosse iliaque droite avec légère élévation thermique. Nous ne relevons dans ses antécédents qu’une névrite grave soignée 1l y a huit ans à l'hôpital Bichat, et qui a été le point de départ d’irrégularités menstruelles et de leucorrhée dont elle se plaint encore aujourd’hui.
À son entrée dans le service, la malade se plaint surtout de céphalalgie. La fosse iliaque droite est modérément douloureuse, mais 1l n’y à pas de météorisme, ni de vomissement. La température est de 399 5. Le toucher montre du côté droit l'existence d’une trompe légèrement augmentée de volume, ainsi qu'un certain degré de mMmébritersee He de posé fut celui de salpingite catarrhale et l’on prescrivit le repos au Hit et des injections chaudes. Amélioration rapide les jours suivants. Quatre jours après, tous les accidents avaient disparu, et la température était redevenue normale. Du 16 au 24 novembre, la santé resta absolument bonne; la température était à 370.
L’appétit était excellent, et la malade devait quitter le service le lendemain, lorsque dans la journée du 24 novembre, elle fut prise brusquement d’un grand frisson avec 390 6, vomissements, ballonnement du ventre et douleur très vive au voisinage du point de Mac-Burney. Cependant la défense musculaire était nulle, ou à peine marquée. Le lendemain matin, la température était descendue à 370 8 mais elle atteignit 390 4 le soir, 400 6 le lendemain, jour où M. Routier, appelé en consultation, A le diagnostic d’appendicite. La Ce passa en chirurgie; elle fut opérée le 28 novembre. L'appendice réséqué était de volume normal, légèrement congeslionné et contenait « un caillot dans son intérieur Pas id abcès
rod
péri-appendiculaires. Cependant la malade ne parut pas bénéficier de l'intervention. La température resta les jours suivants au voisinage de 400, l’état général s’aggrava; le météorisme devint excessif, et une diarrhée abondante survint, qui avait fait absolumert défaut jusqu'alors.
Le séro-diagnostic, recherché le 3 décembre, fut nettement positif au 1/50, mais la malade mourut le lendemain. A l’autopsie, les plaques de Peyer étaient profondément ulcérées. Il n’y avait pas de traces de péritonite. Aucune lésion tuberculeuse dans aucun organe. La rate était grosse et diffluente. Le foie et les reins montraient les lésions qu'ils présentent habituellement dans les infections.
Observation III
(Typhoide débutant par une crise appendiculaire. De Kirkbrige, résumée in thèse Moizard).
Il s’agit d’un jeune garcon qui fut pris brusquement de fièvre, de douleurs abdominales et de constipation. On pensa d’abord à une fièvre typhoïde, mais la douleur etla sensibilité du ventre à la pression augmentant, la constipation persistant, le cinquième Jour surviennent des vomissements fréquents. Le diagnostic d'appendicite avec obstruction intestinale est porté par deux médecins et un chirurgien. Au septième jour, la température était à 379 5, le pouls à 130, la respiration à 36, le petit malade vomissait tout ce qu'il prenait et avait des vomissements fécaloïdes.
Après une injection de morphine, puis de strychnine, un lavement purgatif et plusieurs doses de sulfate de magnésie administrées d'heure en heure, une débâcle survint, et à partir de ce moment, la fièvre typhoïde reprit son cours régulier.
Observation IV
(Perjoration de l’appendice au cours d’une fièvre lyphoide.) (Société de Chirurgie, 16 déc. 1932)
Ce travail de MM. Moiroud et Avierinos (Marseille) est rapporté par M. Mondor. Les auteurs, intervenant chez une fillette de onze ans, le trente-huitième jour d'une typhoïde, pour des accidents péritonéaux datant de vingt-huit heures, trouvèrent une perforation de l’appendice, enlevèrent l’appendice malade et guérirent leur petite malade. M. Mondor, des faits disparates publiés et mis à part le cas de Widal et Abrami (observation VIII), ne peut tirer aucune statistique de fréquence de ces perforations appendiculaires, ni
conclure s’il s’agit plus souvent d’une appendicite typhique ou d’une appendicite banale au cours d’une dothiénentérie.
Observation V
(Appendicite perforante sans contraclure musculaire, résumée in thèse Siron)
Auguste G.…., fermier, 53 ans.
Le 9 décembre 1894, se couche avec de la bronchite, suite d’un refroidissement. Le 12, est pris de douleurs violentes dans l’hypochondre droit. M. le Dr Guillot de Lizy l’examine, porte le diagnostic d’appendicite et propose l'opération.
Le 16, l’état du malade s'aggrave, et l'intervention est acceptée. Le 17 M. le docteur Routier examine le malade. Il a le facies abdominal, les yeux excavés, le nez et les extrémités froids. Le pouls est à 100. Le ventre est uniformément ballonné, mais nulle part « les muscles ne se contractent », quoique la sensibilité semble un peu augmentée dans la fosse iliaque droite où l’on ne sent pas de tumeur. L'opération a lieu le jour même. L’appendice est trouvé perforé et baigne dans le pus d’un-abcès collecté. Le malade meurt 14 heures après.
Observation VI (Appendicile el lyphoide)
due à l’obligeance du professeur Sabrazès, Service des Contagieux, à Pellegrin
F. Ferdinand, 15 ans, mousse.
Depuis huit jours, température élevée avec coliques intense surtout dans l’hypochondre droit.
1er décembre 1933. Syndrome abdominal aigu avec douleur paroxystique à l’hypochondre droit; défense musculaire intense. Vomissements; pouls à 120.
Malade a été opéré d'urgence à la clinique Maritime par le professeur Dufour : découverte d’une péritonite généralisée sans perforation du grêle. Evacuation abondante de pus; drainage et appendicectomie, Comme le malade était en très mauvais état général, on praliquait un séro-diagnostic : positif pour l'Eberth T, le 5 décembre
Depuis on l’a admis dans le Service des contagieux à Pellegrin,
Examens : Hémoculture + au T, |
Diazo-réaction —