L’appendicile, pr
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lie, d’une typho-malaria ou toute autre affection que l’appendicite. Mais nous n’ignorons pas qu'il y a des formes graves, à prédominance de signes abdominaux par suite du retentissement précoce et intense de l'intestin sur le péritoine, alors que l’état général se trouve peu amendé. Tout concorde à nous démontrer que rien n’est plus variable que l’intensité des différents symptômes d’une typhoïdé, raison pour laquelle tous les Lyphiques ne présentent pas nécessairement les mêmes symplômes morbides; tel malade faisant au maximum du météorisme, avec douleur à la fosse iliaque droite et diarrhée, alors que les taches rosées lenticulaires sont très discrètes la bronchite peu marquée, les signes nerveux nuls ou à peine ébauchés.
De nos jours, certains auteurs tendent à admettre qu’une éruption abondante de taches rosées est en faveur d’une typhoïde moyenne légère, de pronostic plutôt favorable; malheureusement en vérité cette éruption n'apparaît qu’à partir du 7e ou & jour de la période d’état. Un médecin appelé en présence d’un de ces cas avec prédominance du météorisme et des signes abdominaux, aurait vite porté le diagnostic d’appendicite, à plus forte raison, il sera encore plus embarrassé dans les cas qui s’accompagnent d’une péritonite précoce ou d’une perforation.
Si les débuts brusques et l’hyperthermie plaident plutôt en faveur d’une appendicite, la réalité clinique nous apprend que les typhoïdes à 39°, 400, au début, semble-t-1l, sont loin d’être exceptionnelles. Devant pareille confusion du moins pour le cas qui nous occupe, attendre le sérodiagnostic de Widal serait exposer la vie du malade. Nous croyons qu'une numération systématique des globules blancs du sang, préconisée par le professeur Sabrazès, Hayem et Curschmann (1886) trouve ici son indication. L'examen hématologique, simple et rapide, à la portée de tout le monde nous permet de nous fixer sur la nature de l'infection en cause. Retenons les énoncés du professeur Aimé Guinard,
Nos ta.
sis
dans son Trailé de Chirurgie abdominale (p. 362) au sujet de l’appendicite :
« Leucocytose légère de 8.000 ‘à 20.000, il s’agit d’une crise bénigne. Leucocytose plus notable, mais éphémère de 20.000 à 25.000, la crise pourrait se résoudre. »
» Leucocytose intense et permanente (50.000) et au delà c'est la suppuration qui s'établit. »
Nous passons sous silence l’éosinophilie de 1 à 2% observée fréquemment du 4€ au &e jour de l’appendicite au point que certains auteurs voulaient en faire un signe de présomption d’appendicile ; malheureusement selon MM. Bezançon et Labbé cette éosinophilie se confond trop avec celle de la convalescence pour qu'on puisse lui attribuer une certaine valeur. Si le malade a concurremment une helminthiase, le problème se complique, car on ne sait à quelle affection se rapporte cette éosinophilie (Millian).
En résumé, l’appendicite et la typhoïde dans les formes moyennes présentent de réelles difficultés de diagnostic tant leurs allures sont analogues. Le médecin est obligé de recourir aux examens de laboratoire pour pouvoir se prononcer. En pratique, dans les cas qui prêtent à la confusion, les signes cliniques sont parfois quasi superposables dans les deux affections, par ordre d'importance et de fréquence citons les douleurs à la fosse 1laque droite avec ou sans gargouillement, le météorisme, la température plus ou moins élevée des premiers jours, l’entérocolite et la diarrhée.
À part ces symptômes communs, il en existe qui appartiennent en propre à chacune des deux maladies qui nous occupent. a) La défense musculaire plus marquée, l’absence des signes pulmonaires, l’état du pouls et les signes de la péritonite, lorsqu'elle existe, seraient en faveur de l’appendicite.
Par contre la bronchite, la céphalalgie intense du début, l’épistaxis, l’insomnie, l’éruption des taches rosées lenticulaires après le huitième jour de la période d'état, l'accessibilité de la rate au palper, plaident en faveur de la typhoïde.
Nous passons en revue les symptômes communs aux deux affections et ceux leur appartenant en propre sans trop appuyer sur leur valeur Hu que nous traiterons dans le prochain chapitre.
D'ores et déjà, il ressort de cet aperçu que le diagnostic de la typhoïde et de l’appendicite est particulièrement difficile à porter, surtout lorsqu’uvu ou plusieurs symptômes cardinaux font défaut.
Nous iusisterons volontiers sur le chapitre du diagnostic différentiel des appendicites et des typhoïdes, attendu que le clinicien est appelé à résoudre des cas embarrassants mal caractérisés. Nous ne faisons que relever ici les principales causes d'erreur historiques, c’est ainsi que la colique appendiculaire à pu être confondue avec la colique néphrétique (cas de Letulle), la colique hépatique, l’occlusion intestinale, la colique saturnine (Sergent! et Prentiss Lord?). L’appendicite peut être prise pour une péritomte tuberculeuseÿ, plus fréquemment pour une salpingite ou eucore pour une typhoïde. Nous n'insisterons pas davantage sur les ressemblances symptomatiques entre la salpingo-ovarite et l’appendicite, que nous citons ici pour mémoire, les points douloureux n’étant pas les mêmes; de même nous renvoyons au Trailé de chirurgie de Le Dentu et de P. Delbet la magistrale étude sur les lésions de l’appendice et celles des annexes dont les rapports intimes sont indéniables. Toutefois nous ne retiendrons que ceux qui ont trait au diagnostic avec la typhoïde.
Dans un cas remarquable qui fait l’objet de notre observation I, il s'agissait d’une femme prise de courbatures et d’accidents fébriles, admise dans le service des contagieux du professeur Sabrazès. En présence de l’anorexie, de la constipation tenace, d’asthénie profonde et d’une toux sèche, le diagnostic restait hésitant. La malade était entrée la veille avec le diagnostic de typhoïde de son médecin traitant. Quelques
1. Sergent, Presse médicale, 1899, 2. Journal of Amer. Med. Assoc., 15 avril 1899, 3, Broca, loc. ci,
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esp
jours plus tard, la malade était prise d’un frisson intense avec accès de fièvre suivi d’une transpiration abondante. L'examen montrait une douleur assez nette au point de Mac Burney; deux jours après elle a eu une sensation de froid durant une demi-heure, à la suite de laquelle elle se plaignait des douleurs parasternales, des douleurs accusées à la fesse et à la cuisse. La diazo-réaction et l’hémoculture pendant un accès fébrile (4093) étaient entièrement négatives. Numéra-
tion globulaire
HÉno maine rreRre 1006 Globules rouges ............ 3.255.000 (rlobuleés blancs +". 34.720
Aucun bacille de Koch dans les crachats.
Pas d’hématozoaire à l’examen du sang au cours d’un accès fébrile. La trouvant trop faible, la famille la transportait chez elle où elle mourut deux heures après, en toute lucidité d'esprit.
Nous avons pu retrouver plusieurs observations analogues antérieurement publiées, deux de Moizard!, une de Kirbrige, rapportée par Talomon?, une de M. Jalaguier*, une autre de Mauranget. Enfin, nous devons citer une étude de M. le professeur Dieulefoy® sur le même sujet.
D'autres auteurs ont à peine signalé la possibilité du diagnostic différentiel mais sans en faire l’objet d’une étude spécale. C’est cette étude que nous devons maintenant entreprendre en nous aidant des résultats de laboratoire pour étayer un diagnostic dans les cas douteux.
1. Moizard, Journal de méd. et de chirurg. praliques, juillet 1895, 2. Talomon, L'’appendicile.