‹ L'Appendicite Herniaire Inguinale: Étude Clinique, Technique OpératoireChapitre 9 sur 23 · FORMES AIGUES · texte numérisé non relu

FORMES AIGUES

Des cas très fréquents de l’avis de tous sont ceux où l’appendicite herniaire se présente sous une forme aiguë:

soit qu’il s’agisse d’un abcès appendiculaire de la région inguinale,

soit qu’il s’agisse d’une péritonite herniaire d’origine appendiculaire,

soit enfin qu’il s’agisse d’un étranglement du cœcoappendice par le collet de la hernie.

Dans les premiers cas, ainsi que dit Jacquemin :

L’inflammation ne reste pas cantonnée au sac, mais gagne les tissus superficiels; suivant son intensité, elle affecte les allures de l’abcès ou du phlegmon.

La région inguinale devient le siège de douleurs violentes, lancinantes, exaspérées par la pression, les différents contacts, et perd sa souplesse habituelle. Non seulement on y perçoit une tension considérable, mais cette dernière s’accompagne d’une sensation d’empàtement diffus, la peau devient rouge, chaude, douloureuse,

Tantôt l’inflammation se localise, en un point la ré-

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gion devient plus saillante, laisse percevoir une fluctuation profonde : la peau rouge violacée s’amincit, s’ulcère et laisse échapper une certaine quantité de pus fétide, mélangé ou non de gaz, de concrétions stercorales, en même temps que se produit une détente marquée dans tous les phénomènes locaux.

L'état général est peu inquiétant, quelquefois il y a un peu de malaise, de la courbature, quelques troubles digestifs, un peu de fièvre, le pouls est légèrement accéléré, c’est la variété suppurative.

Tantôt l’inflammation est diffuse : rougeur et gonflement n’ont pas de limites distinctes : on peut constater des phlyctènes. À la région inguinale, la tuméfaction envahit tout le scrotum, forme une masse de volume énorme et masque la recherche du testicule et du cordon. La palpation devient extrêmement douloureuse, le malade éprouve une sensation de brûlure excessive dans toute la région. Mauvais état général, la température monte à 39-39°5. Le malade est abattu, agité, en proie à une faiblesse extrême, à l’insomnie. La soif est vive, la langue saburrale, nausées, quelquefois vomissements bilieux, souvent constipation, rarement diarrhée. Bientôt la peau se phacèle en plusieurs endroits et laisse sourdre une certaine quantité de pus d’odeur fétide, stercorale, mêlée à des débris de tissu cellulaire gangrené. Le phacèle s’étend plus ou moins, et peut être très marqué au niveau du scrotum. De vastes décollements se produisent, la région constitue un clapier au milieu duquel il est souvent impossible de reconnaître l’appendice. Cette variété phlegmoneuse est heureusement moins fréquente que la précédente, mais on constate tous les intermédiaires entre les deux.

Dans la péritonite herniaire, le début est le plus sou-

vent brusque, survenant chez un vieux hernieux por-

tant bandage par une violente douleur de l’aine, cepen-

= dant que la hernie devient irréductible ou bien l’appa-

rition de la hernie coïncide avec le début de la crise d’appendicite. -

La douleur est très intense, susceptible de paroxysmes que certains donnent comme pathognomoniques de l’ap- pendice herniaire, elle ne reste pas localisée au collet - du sac, mais s’étend à toute la hernie avec peut-être dominance au collet et irradie peu le plus souvent.

La tuméfaction est en général considérable, assez dure, signe intéressant pour le diagnostic, sans que cela soit constant. Les signes digestifs sont peut-être moins mar- qués que dans les appendicites ordinaires sans que les auteurs soient d’accord sur ce point. L'état général est peu touché le plus souvent.

Enfin le cœcum et l’appendice peuvent être étranglés par le collet de la hernie. Le début est alors brusque et l’évolution dramatique ; les signes d’éfranglement cachent ceux d’appendicite. CRE

Quoi qu’il en soit, par le fait même de leur caractère aigu imposant l'intervention, ces formes ne présentent pour nous qu’un intérêt secondaire.

En effet, il n’a pas été possible, le plus souvent, de poser le diagnostic exact et c’est seulement à l’intervention que l’on a pu découvrir l’appendicite que l’on opère alors à chaud.

Elles présentent cependant un caractère intéressant par le fait qu’elles entraînent parfois une cicatrisation défectueuse par suite précisément de l’appendicectomie

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faite à chaud qui peut également provoquer des adhérences persistantes par la suite.

OBSERVATION N° 1. — Abcès appendiculaire de la région inguinale.

R. B.., 45 ans. Se plaint de douleurs violentes dans la région inguinale, qui est rouge, chaude, douloureuse, avec sensation d’empâtement diffus. Etat général peu atteint : malaises, courbatures, température : 38°5. On opère d’urgence le 21-10-26. On trouve dans le sac qui tendait à se cloisonner, un appendice suppurant et très enflammé, on agrandit l’incision primitive et on procède à l’appendicectomie. On procède également à la résection du testicule, car il y avait en même temps orchite et les veines du cordon étaient thrombosées. On referme la paroï au catgut en laissant un gros drain dans le haut. La guérison se fait sans à coup. On enlève le drain le 3-11. Le malade quitte l’hôpital le 20, totalement guéri. Nous l’avons revu ; il se porte tout à fait bien. Cependant demeure une légère faiblesse de la paroi en haut.

OBSERVATION N° 2. —- Appendicite herniaire aiguë.

Abbé G..., 68 ans. Il a toujours été bien portant et a mené toujours une vie très active. Mais depuis quelques mois a présenté à diverses reprises des troubles digestifs aigus, souffrant dans le bas-ventre, ayant des nausées et parfois des vomissements. Diarrhée et constipation alternées. Ces troubles sont attribués à une hernie inguinale droite pour laquelle il porte désormais un bandage. Brusquement, le 5 mars 1935, sa hernie devient grosse et très douloureuse, il a des nausées et des vomissements mais pas d’arrêt des matières ni des gaz. On fait le diagnostic d’étranglement herniaire. A l'intervention, on trouve une grosse hernie : ouverture du sac sans lequel on trouve de l’intestion grèle, le sac et l'intestin sont très enflammés, mais il n’y a pas” d’étranglement. Au niveau du collet du sac, on devine la base de l’appendice et son implantation sur le cœcum qui est très rouge. Le péritoine péricæcal voisin montre des lésions d’inflammation ancienne. On agrandit légèrement l'ouverture en incisant le tendon conjoint et l’on pratique la résection de l’appendice, qui contient du pus. Castration.

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