‹ L'Application de la Législation sur l'Enfance Coupable par le Tribunal de BordeauxChapitre 25 sur 50 · RE PAU · texte numérisé non relu

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Boursiers placés par la ville ........ 4 LTIPONAUX 28 LUE ARERNZ HORS 30 Délégation des parents …............ 23 Assistance publique ............... EE Ad Placement provisoire .............. 1 TOTALE CN ERP EEE 61

L'entrée à la colonie. — Depuis quelques années, les Cabinets d'instruction confient à la colonie Saint-Louis, à titre provisoire, des enfants dont l'affaire est en cours d’instruction. Cela facilite les choses à tous les points de vue : d’abord en évitant à l'enfant la promiscuité de la détention préventive, ensuite en permettant à l’administration de l’œuvre de donner un avis officieux sur les mesures utiles à son relèvement moral.

Lors de son arrivée à la Colonie, l’enfant a été précédé (c'est là une mesure récente et très heureuse) par un dossier très complet sur son cas. Ainsi sont évités de fâcheux malentendus entre le jeune délinquant et ceux qui vont avoir la charge de son éducation. L’enfant est mis tout d’abord en observation, aucune mesure définitive n’est prise à son égard, on l’étudie avant de le classer dans une section — section dont le recrutement est en principe déterminé par l’âge, mais qui en fait, est composée d’enfants de même maturité d'esprit, chose beaucoup plus normale et très importante pour l’éducateur. En outre, le futur pupille subit dès son arrivée un examen médical qui vient s’ajouter aux renseignements fournis par le rapport de la Fédération des Œuvres Girondines de l’enfance. Sur un carnet médical dont le modèle est fourni par la Municipalité bordelaise, carnet identique d’ailleurs à celui qu’elle met à la disposition des écoles, sont notées toutes les observations d’ordre physique, psychique, lesquelles seront précieuses à consulter lorsque l’enfant subira, par exemple, une crise d’insubordination.

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La colonie ne reçoit pas les enfants infirmes ou anormaux ; des établissements spéciaux leur sont affectés : les Statuts de l'Œuvre le déclarent expressément : « L’Œuvre ne reçoit que des enfants de constitution et de santé normale. Les enfants arriérés et anormaux ne sont pas admis. »

Un certificat médical constatant que l’enfant a été vacciné et n’est atteint d'aucune infirmité physique, ni inentale, de maladie contagieuse, ou d’incontinence d’urine est exigé préalablement à l’admission. Cette admission à la colonie ne devient définitive qu'après la visite du médecin de l’œuvre. Si même, par la suite, des tares congénitales venaient à se révéler et nécessitaient des soins spéciaux, l’enfant suivant le cas, ou bien serait remis à sa famille, ou bien ferait l’objet d’une modification de garde.

Les enfants ne sont pas acceptés au delà de quinze ans ; au-dessous de treize ans, ils sont envoyés à la colonie Lecoq.

La Direction de Œuvre accepte bien dans certains cas exceptionnels, lorsque le sujet est moins perverti que son âge le laisserait supposer, des enfants plus âgés, mais ce sont là des exceptions dont elle entend rester seule juge. D'où, de grosses difficultés parfois pour le Tribunal car nombre d'œuvres ont sur ce point particulier des statuts identiques en ce qui concerne le placement d’un mineur acquitté de l’article 66, âgé de 16 à 18 ans ; ceci nous permet de signaler au passage le désaccord entre le législateur de 1906 et beaucoup de spécialistes de la rééducation infantile sur l’extension jusqu’à 18 ans de la minorité pénale.

Pour tous les enfants confiés à l'Œuvre, sauf évidemment pour les enfants confiés par les tribunaux, la délégation des droits de puissance paternelle, par jugement de la Chambre du Conseil du Tribunal civil est exigée ; cela facilite comme nous le verrons, l'application des mesures rééducatives qui relèveront de la seule initiative de l'Œuvre, sans que les parents puissent intervenir.

Voici la fiche dressée par la colonie lors de l'entrée du

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pupille. C’est non seulement un résumée de sa vie et de sa situation antérieure, mais encore le tableau de l’évolution vers le bien de cet enfant.

N° matricule | Nom, prénoms, surnoms | Etat signalétique

Grades né DE MORE RENE NA RER

fils de AU TE et de

CU RES 0 ee EN jéntre le METRE ENSAES sorti:fe: 2 Returns motif de l'entrée ......

motif de la sortie ......

situation de famille ..

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Voici donc le jeune délinquant installé, examiné, immatricuilé.

Organisation intérieure. — Quelle est la vie à la colonie ? Comment se comporte le personnel directeur à qui incombe la lourde charge de cette rééducation ? Comment vit le jeune pupille et surtout comment réagit-il sous l’applica-

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tion des mesures prises ? Tels sont les points que nous examinerons successivement.

Le Personnel. — Les instructions données au personnel ont pour base le règlement approuvé par M. le Ministre de l'Intérieur en date du 22 janvier 1894, dont elles ne sont en Somme que le développement en ce qui concerne le service intérieur.

Tous les quinze jours a lieu un rapport général qui est présidé par un membre du Conseil d'Administration, ou à son défaut par le Directeur, et auquel assistent avec voix consultatives : le surveillant principal, le surveillant-chef et le chef jardinier. Toutes les questions concernant la colonie y sont examinées. Un compte rendu succinct de cette réunion est inscrit sur le registre des rapports. On a ainsi un tableau très complet et très suivi de la vie et des incidents qui peuvent surgir dans le petit monde de la colonie.

Le personnel de la colonie est composé hiérarchiquement comme suit :

1° Un Directeur. Son action est prépondérante car c’est de lui que va dépendre la bonne marche de l’établissement. Il faut savoir faire preuve à la fois de fermeté et de douceur ; l’enfant s’aperçoit vite de l’ascendant possible du directeur ; quelques punitions judicieusement infligées dès le début éviteront par la suite bien des désordres, il faudra cependant beaucoup de tact pour ne pas exposer certains jeunes réfractaires à se buter et voir s’évanouir ainsi tout espoir de redressement. Le choix de ce poste est donc très délicat ; n’oublions pas que nous avons à faire non à de jeunes collégiens, mais à de solides gaillards qui n’ignorent souvent rien de la vie. Ce choix a toujours porté, depuis sa fondation, sur des officiers en retraite qui se sont toujours consacrés avec beaucoup de cœur et de succès à une tâche délicate, toute nouvelle pour eux, mais qui, par

certains côtés, rappelait un peu la caserne et l’éducation de l’homme de troupe.

20 Un surveillant principal. — I] est en même temps chef de culture. C’est après celui de directeur, le poste Le plus important, de travail agricole étant le but même de la colonie. Il a autorité sur tout le personnel y compris les chefs d'ateliers ; il assiste aux différents rassemblements des enfants, fonme les équipes, et dirige les chantiers. C’est lui qui est chargé de donner des directives pour le meilleur rendement des terres et l’entretien de la propriété. Avec l'approbation du Directeur, il règle le service et en son absence, il le remplace. II assure également des appels fréquents, soit dans la semaine, soit le dimanche. Comme on le voit par ses attributions, il faut à ce poste un homme très compétent en matière agricole, ses fonctions de surveillance n’étant, si l’on peut s'exprimer ainsi, que supplétives.

3° Un surveillant-chef. — Aïnsi que son nom l’indique, il a autorité sur les surveillants et leur donne les ordres nécessaires pour la bonne exécution du service intérieur dont il est spécialement chargé.

Il remplit les fonctions d’économe de l'établissement et de chef de fanfare. Il est chargé et responsable de toutes les distributions. Les dames de la lingerie et de la cuisine sont placées sous son autorité. Il fait tenir à la lingerie une feuille trimestrielle d’entrées et de sorties de tous les effets; cette feuille est soumise au visa du Directeur le dernier jour du trimestre. Il en est de même pour toutes les denrées et les vivres en magasin. Il fait lui-même les commandes de viande ainsi que de toutes les denrées, il s’assure que les menus établis par lui et signés par le Directeur sont exécutés tant pour le personnel que pour les pupilles et que la préparation des aliments est faite avec soin et la qualité suffisante. j

Il se fait rendre compte chaque matin au rassemblement,

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par les surveillants, des malades de leur section, les fait soigner par l'infirmière en attendant l’arrivée du docteur qu’il envoie chercher s’il y a lieu. Il l’assiste dans la visite des enfants, s’assure de l’exécution de ses prescriptions par l'infirmière, ainsi que des pansements pour ceux qui ne sont pas en traitement à l’infirmerie. Les noms des malades sont consignés sur un cahier indiquant le genre de maladie et le traitement ; ce cahier est présenté au Directeur chaque jour. En fait, grâce à la vie au grand air, l'état sanitaire est excellent.

Le surveillant-chef fait également des appels, une ou deux fois par jour, aux heures indiquées par le directeur. Il se rend fréquemment dans les locaux, les ateliers et les cours pour s'assurer que chacun est à son poste.

4° Surveillants. — Les surveillants sont au nombre de quatre. En fait, le plus ancien des surveillants remplit aujourd’hui les fonctions de surveillant-chef. IIs ont chacun une section qu’ils ne doivent jamais quitter (C’est un principe d'éducation que l’on trouve parfois appliqué dans des institutions privées). Ils surveillent les enfants au dortoir, au réfectoire, à la récréation, à la promenade. Au travail, ils veillent sur les pupilles composant leur chantier.

Ils remplissent là un rôle très important et très délicat ; il faut être bon sans faiblesse et tout en jouant avec les pupilles, ne jamais tolérer des familiarités déplacées, des propos légers ou des expressions inconvenantes et donner en toutes circonstances le bon exemple. Ainsi que lécrit M. Marin, « c’est par une action immédiate de tous les instants, par une conduite exemplaire, un grand calme, du sang-froid, qu’ils obtiendront peu à peu chez l'enfant le redressement d’une éducation première presque toujours abandonnée, au moins très négligée avant l’arrivée à la colonie ».

Les surveillants tiennent un contrôle de leur section et doivent être en mesure de donner tous les renseignements

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sur la conduite, le caractère, les progrès de leurs pupilles. Ils sont responsables, vis-à-vis du surveillant-chef, de la propreté, de la bonne tenue des dortoirs ainsi que des locaux affectés aux pupilles. Ils doivent plusieurs fois par jour faire l’appel des pupilles de leur section ou de leur chantier.

Ils veillent à la propreté des effets, du linge de corps et des draps de lit ; ils sont tenus de rester au dortoir et de ne s’absenter sous aucun prétexte. Ils s’assurent au moment du coucher que tous les élèves sont dans leur lit et ils font un appel.

Le surveillant dit « de grande semaine » est chargé des prisonniers et seconde l’instituteur pour le maintien de l’ordre en classe.

C’est l’élément le plus difficile à recruter et malheureusement celui qui a la plus grande part dans l’œuvre de rééducation grâce à son contact quasi permanent avec les pupilles. Le poste n’est pas très rétribué, la tâche souvent ingrate, aussi le recrutement est-il difficile et le choix, s’il y a choix, parfois malheureux.

Les mesures rééducatives. — Les pupilles sont divisés en quatre sections commandées chacune par un surveillant qui a pour le seconder : |

1° un pupille d'élite ou sergent qui a pour signe distinctif une étoile d’or sur la manche gauche, il est dispensé de corvées et touche une légère solde mensuelle.

2° deux pupilles de première classe ou caporaux qui ont pour signe distinctif une étoile rouge sur la manche gauche.

Chaque section est divisée en deux escouades commandées chacune par un caporal sous la surveillance du sergent qui doit s'assurer de la bonne tenue des escouades.

La répartition dans les sections est faite, ainsi que nous l’avons signalé, théoriquement par l’âge, mais souvent, en fait, en tenant compte de la mentalité de chaque enfant. Comme on le voit, le régime disciplinaire s'inspire beau-

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coup de celui des enfants de troupe ; il ne faut pas oublier que la colonie fut fondée à une époque où fonctionnaient dans tous les établissements d’éducation les bataillons scolaires, auxquels étaient prescrits des exercices militaires et des manœuvres. La fanfare qui est aujourd’hui encore très goûtée et très recherchée des pupilles est le dernier vestige de cette organisation d’un type presque militaire.

Le sens de la responsabilité et l’émulation sont entretenus soigneusement : les gradés sont responsables de la tenue et de la propreté de leurs hommes au dortoir comme au réfectoire.

Voici le règlement de travail auquel les pupilles sont astreints à:

Hiver

À PERTE À MOT PE re er ET IN MEN NS OX 6 h. 30 SOINS AC DEOpDrete nsc er rc 6 h. 30 à 7 h. 30 DéTeMeT e inerNTe 7 h. 30 ÉRA VOL AE ne ere RONA 8 h.

Rentrée des chantiers ............ 11 h. 40 Dîner et récréation .............. LR 5 4h.

Me D GR se CR EEE 1 h.

Rentrée des chantiers ............ 4 h. 30 Goûter et récréation .…........... 4 h. 45 à 5 h.

(OS RTE RAA pt DEN AA RE 5h. 15 à 6,h. 45 Souper et récréation ............. Frs à 8 h. COURENT PERTE ne ui SHOT

Instruction religieuse : mercredi, samedi, à 3 h. 30. Répétition musique : mardi, jeudi, de 8 h. à 9 h. 15. Répétition batterie : mercredi, vendredi, de 8 h. à 9 h. 15. Répétition chant : mercredi soir, à 5 heures.

Eté Revel ni den is a RAT PAIE ERAS 5 h. 30 dE A NASA PR RE NE PR EE 7\B:

Déjeuner et récréation ........... 8 h. à 8 h. 30 Rentrée des chantiers .......:.... 10 h. 30 Dîner et récréation .............. 12 h. à 1h. CASSC ME ACC ES LL ee PAPE PNR TERRE 1h. AAA TÉAVATR I SU ENS LE ARR MERE 2 h. 30 Goûter et récréation .............. 4 h. 30 à 5 h. Rentrée des ateliers .............. 6 h. 40 Souper et récréation jusqu'à ...... 7h 15 8 h. 30 Coucher: eut ER TAsRRS nr AR 8 h. 30

Le règlement d’été est modifié par le directeur suivant. les circonstances : fortes chaleurs, fenaïison, vendanges, etc.

Ce programme appelle plusieurs réflexions. On s’aperçoit de suite du peu de place qu’y tient l'instruction ; à peine un heure par jour en été ; mais il ne faut pas oublier que beaucoup de pupilles viennent de la colonie Lecop où cette instruction leur a été donnée, que les autres arrivent ici âgés de treize, quatorze et quinze ans et qu’il est très difficile à cet âge de plier un cerveau aux exercices de mémoire et de compréhension qu’il n’a jusqu’alors jamais pratiqués. C’est devant des insuccès répétés que l’Administration s’est contentée de faire donner aux pupilles quelques instructions par un instituteur du bourg voisin. Pendant que le surveillant de grande semaine assure la police en classe, l’instituteur fait de courtes causeries sur des sujets pratiques et s’efforce d’enseigner quelques éléments rudimentaires.

L’instruction n’est donc pas au premier plan des préoccupations. En revanche, la colonie justifie bien son titre de colonie agricole. Levé tôt, couché tôt, l'enfant mène exactement la vie du fermier. Des cours de floriculture et de culture maraîchère sont donnés les lundi et mercredi,

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et des cours de viticulture et d’arboriculture tous les mardi et vendredi. L’enfant vit toute la journée en pleins champs et travaille sous la direction du chef de culture. La colonie permet toute culture et tout élevage. Elle possède une quinzaine de vaches laitières, plusieurs chevaux pour les charrois. Elle a des prés, des champs de céréales, et surtout, dans ce pays de Gironde, des vignes ; la partie vinicole est particulièrement soignée et chaque année la colonie donne un excellent Graves ; elle a deux crus classés, un grave blanc : château du Cros (c’est le corps du bâtiment principal de la colonie) et un graves rouge, château Saint-Bris, appellation d’origine dont il lui a été fait don). Le travail n’est cependant pas d’un rendement tel que la colonie puisse se suffire à elle-même. Malgré toute la bonne volonté dont ils font preuve, il ne faut pas oublier que les pupilles sont de petits citadins, des apprentis pour la plupart et que la culture de la terre est souvent ingrate.

Nous avons pu interroger en particulier un pupille que nous avons observé sept mois auparavant passant devant le Tribunal pour enfants à la suite de vols. Hors de la présence de tout surveillant il nous a dit sa crainte d’être envoyé dans une maison de correction au prononcé du jugement. Aujourd’hui, cet ancien habitué de la rue Bonaffé, travaille avec goût verger et potager, il est très bien noté, et malgré les portes grandes ouvertes, ne tient nullement à regagner la grand’ville pour retrouver un père qui s’adonne à la boisson.

On s’efforce de faire d’eux, non pas de simples manœuvres, mais des jardiniers, des ouvriers agricoles capables de rendre de véritables services dans les propriétés où ils seront employés.

Outre Îles leçons de professeurs qualifiés, ils sont encadrés par des chefs d’ateliers et des chefs jardiniers qui leur enseignent la pratique de leur métier. Les heureux résultats obtenus à la colonie Saint-Louis sont bien connus puisque chaque année de nombreuses offres d'emplois ne peuvent être satisfaites.

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Voici, donc un premier point acquis : un métier donne à ces enfants dont les principales causes de déchéance sont l’inaction et la paresse.

C’est pour avoir vécu sans travail, ou ce qui est peut-être pire avec des métiers mal définis : grooms, garçons de courses, etc. que ces enfants ont eu l’occasion de prendre contact avec certains élément malsains de la rue. La faiblesse des parents ou leur manque de surveillance a permis ces fréquentations et ces enfants sont aujourd’hui à la colonie à la suite d’un délit quelconque, un vol la plupart du temps. Demain ils auront un métier régulier, un métier sain, loin des entraînements pernicieux de la ville.

Mais ce n’est pas tout, il ne suffit pas d’avoir rendu à un petit malheureux un important service en lui assurant l'existence matérielle, il faut lui faire comprendre, c’est chose parfois très difficile, que ce genre de vie est le seul admis dans une société bien organisée, que la vie normale n’est pas celle qu’il a menée antérieurement, mais celle à laquelle le prépare la colonie.

Il faut donc que le pupille, alors qu'avec ses dix-huit ans, il a reconquis sa pleine liberté, n’ait aucune hésitation entre de chemin du vice et celui de la vertu, et pour cela, parallèlement à l’enseignement d’un métier, il faut faire son éducation morale.

Cest l’objet des conférences, des causeries faites par de Jeunes avocats sur des sujets divers, maïs qui, tous, suggéreront quelques réflexions salutaires chez l'enfant sur son état et ses responsabilités. L’instruction religieuse y contribuera aussi pour beaucoup : la colonie reçoit des enfants de tous cultes et assure chaque service religieux. En fait, la religion catholique seule est représentée par un aumônier qui fait de fréquentes visites aux deux établissements de Villenave et de Léognan. Mais les plus puissants moyens d'éducation morale sont la régularité de vie et l’exemple de chaque instant. L’enfant occupé toutes les heures du jour, soit au travail, soit au jeu, ne pense pas à faire le

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