‹ L'Application de la Législation sur l'Enfance Coupable par le Tribunal de BordeauxChapitre 26 sur 50 · A ASS · texte numérisé non relu

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mal ou dans tous les cas, y pensant, n’en trouve pas facilement l’occasion. Le travail dans les champs, en plein air, au beau soleil, en même temps qu’il fortifie son corps, élève son âme. C’est l’application du fameux principe : « améliorer lenfant par la terre et la terre par l’enfant ». Ft, disait poétiquement M. Marin, « La vue du ciel bleu, de la fleur qui s’épanouit, de l’épi de blé qui monte flexible, tout doré, de la grappe qui murit, n’inspire pas de mauvaises pensées et ne fait pas naître de tentations malsaines. Elle met plutôt au cœur de l’enfant, je ne sais quel calme, quel recueïllement ».

L'enfant vit aussi de gaieté, il serait imprudent de lPoublier. Aussi s’attache-t-on à lui procurer spécialement toutes les distractions que réclame son âge. Il y a un fronton de pelote basque dans le voisinage du terrain de football, des agrès de gymnastique çà et là dans la cour intérieure et il y eut autrefois un véritable gymnase en sous-sol avec une piscine aujourd’hui inutilisée, hélas ! pour cause d’entretien trop onéreux. Dans la salle d’honneur est aménagé un petit théâtre où l’on joue avec succès du Molière et du Labiche.

Des parties de football se disputent avec des équipes voisines et le Directeur enregistre avec plaisir non pas des exploiïts sportifs mais l’excellente tenue de ses pupilles meilleure parfois que celle des jeunes gens avec lesquels ils se rencontrent.

Récompenses et mesures disciplinaires.

1° Les récompenses consistent pour les pupilles dans :

a) l'inscription au tableau d'honneur obtenue par 6 partout à la fin du mois. Cette note est la moyenne des notes données chaque semaine, par l’instituteur, les surveillants et les chefs d'atelier. Cette inscription donne droit à une petite somme, 5 francs, dont la moitié est remise en jetons

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et l’autre moîitié versée à la Caisse d’épargne. Les pupilles ne doivent pas en effet avoir sur eux d’argent, mais seulement des jetons ;

b) la promotion aux différents grades lesquels, assurant de notables améliorations de vie, sont très recherchés.

c) l’obtention des prix lors de la distribution solennelle qui a lieu au mois de juin. Ces prix, dûs à la générosité privée, permettent à l’enfant de constituer un petit avoir, et c’est là un point très important, l'enfant étant admis gratuitement ou pour une somme dérisoire, aucun péculesalaire n’est constitué en sa faveur.

Dans la grande enquête menée par le Comité de défense sur cette question si débattue du pécule-salaire, et du pécule-récompense, enquête qui recueillait les avis motivés des Directeurs et Directrices des établissements publics de réforme pour garçons et pour filles, des Directeurs et Directrices des établissements de réforme privés et des Comités de réforme, la colonie privée agricole Saint-Louis, se prononçait d’ailleurs avec la grosse majorité, pour un pécule, à moins d’impossibilité absolue, mais pour un pécule-récompense et non pour un pécule-salaire.

Ce n’est que par de jeu des récompenses que le pupille sort de la colonie avec des sommes variant entre 300 et 500 francs.

Les punitions sont assez rares, car les véritables actes d’insubordination sont peu fréquents, ce sont :

1° le piquet pendant la récréation ;

2° l'isolement pendant les repas au pain sec ;

Ces deux punitions sont prononcées pour faute légère contre la discipline, malpropreté corporelle ou des effets.

3° la privation de sortie, punition infligée pour réponse inconvenante, mauvaise conduite, désobéissance momentanée, paresse au travail, récidive de fautes légères, absence momentanée de da colonie sans autorisation ;

4° la cellule, punition infligée pour faute grave, évasion,

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insultes ou menaces envers un membre quelconque du personnel, refus d’obéissance ;

5° pour les gradés, la suspension ou la rétrogradation et la cassation suivant la faute commise.

Toutes les récompenses et les punitions sont prononcées par le Directeur qui reste toujours libre de proportionner la punition au degré d’intelligence de l’enfant sans sortir des limites du décret ministériel du 22 janvier 1894. Pour les punitions de plus de 48 heures de cellules, il rend compte au secrétaire général qui prononce.

Peu d’évasions à l’école, en dépit des facilités offertes : les portes sont ouvertes, une simple haïe sépare de la route et les enfants sont forcément disséminés dans les champs. Elles sont rares mais toujours par crises ; une évasion dit le Directeur, restera rarement isolée. Elles sont le fait, surtout, des petits vagabonds. M. Marin disait préférer recevoir à la colonie dix petits voleurs plutôt qu’un vagabond ; les premiers se corrigent vite, les autres ne rêvent qu’à s’évader. On les met en cellule, avec un clou ils percent les murs ; ils savent ce qui les attend au dehors : la faim, le froid ; ils savent qu’ils seront repris et au retour punis sévèrement, n'importe, ils veulent fuir : c’est une idée fixe chevillée dans leur cerveau. Ainsi que nous l'avons vu, le danger réside dans la contagion : ils entraînent avec eux des camarades. Pourquoi ne pas voir en eux, comme le soutient M. Faralicq dans sa thèse Le mineur abandonné, vicieux coupable (thèse, Paris 1906), des anonmaux, des malades ?

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