‹ L'Application de la Législation sur l'Enfance Coupable par le Tribunal de BordeauxChapitre 35 sur 50 · PR A · texte numérisé non relu

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un quartier correctionnel, un quartier spécial pour syphilitiques et une section de répression pour mineurs condamnés à plus de deux ans et mineurs relégables.

Les filles sont moins bien partagées, trois maisons les reçoivent : Clermont dans l'Oise qui possède un quartier correctionnel, Doullens (Somme) destiné aux pupilles syphilitiques et aux pupilles mères ou enceintes, Cadillac enfin qui n’a pas reçu d’affectation spéciale. k

Le bourg de Cadillac est un centre assez important de 3.000 habitants à une quarantaine de kilomètres de Bordeaux. Chef-lieu d’un canton riche en vins estimés, il est surtout connu en Gironde pour son asile d’aliénés (400 malades environ) que contrôle périodiquement le Procureur de la République de Bordeaux. L'Ecole de Préservation est située dans le centre du bourg, sur la grand’place faisant face à l’église, au point culminant du coteau. Elle est instaillée dans le très beau château des anciens ducs d’Eperon, château construit à la fin du xvi° siècle, qui domine de sa masse imposante la plaine de la Garonne. Sans nous étendre sur les merveilles architecturales qu’il représente, qu'il nous suffise de signaler en passant sa très belle cour d’honneur, le grand escalier qui rappelle celui du château de Blois et de monumentales cheminées sculptées attribuées à Giraudon.

Nous étudierons les locaux d’un point de vue plus terre à terre et uniquement en harmonie avec l’objet de notre étude.

On accède au château par un pont jeté sur les fossés profonds qui l’isolent du reste du bourg. Des bâtiments bas et sans style, que l’on sent édifié à la hâte, nous cachent l’harmonieuse façade du château. Ils sont réservés à l’admi-. nistration : à droite lé greffe et l’'économat, au centre la conciergerie, à gauche, dans une construction à la fois plus ancienne et plus architecturale, le bureau et les appartements du directeur. Toute cette partie est en facade sur la place principale de Cadillac ; une deuxième construction,

accolée à ces bâtiments, donne sur la cour intérieure ; au centre, la grosse porte d'entrée, à droite, la salle de douches, à gauche, la lingerie.

Les bâtiments formant les côtés nord et sud de la cour sont sans caractère, mais d’une construction plus soignée que ceux que l’on vient de traverser. Ce sont les anciens communs du château. À notre gauche, deux salles de classes en tous points semblables à une école de campagne avec leurs bancs et leurs cartes murales. A notre droite, la salle d’enseignement ménager d’une propreté digne d’un intérieur hollandais ; à la suite, une buanderie et un: ouvroir spacieux où le soleil entre largement.

Arrivons au corps central qui est le château ducal proprement dit. Il nous faut constater malheureusement qu’une seule aile est complètement occupée, l’aile gauche ayant brûlé accidentellement, en 1928, est en voie de reconstruction et ne pourra être utilisée à nouveau avant plusieurs années. Au rez-de-chaussée, nous trouvons le parloir, le bureau de la sous-directrice, centre de l’activité de la maison, puis le dortoir et l’infirmerie avec une pièce pour da surveillante de garde. Enfin, dans la tour, à l’extrémité sud, est installé un véritable petit sanatorium avec chambres de malades, galerie de cure, salle de baïns, cuisine ; le tout isolé du reste de la maison en vue d’éviter tout risque de contagion.

Au premier et au second étage sont les dortoirs, au nombre de quatre. Les lits sont placés dans des « box » en bois, grillagés sur le devant. Ces box, très étroits, laissant juste place pour le lit, pour une petite table garnie de menus objets de toilette, et pour le striet minimum de gestes, sont fermés à clés, les pupilles n’entrent et sortent que par groupes de cinq et sous une surveillance constante.

Pour gagner les réfectoires, il nous faut descendre un étage, au-dessous du niveau de la cour d'honneur. Ce sont de grandes salles voûtées, orientées à l’ouest, qui se trouvent de plain-pied sur cette face avec les jardins et les

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cours du château. À la suite du réfectoire où un théâtre est dressé les jours de fêtes, les cuisines occupent deux. salles analogues, mais plus petites.

La chapelle qui se trouvait autrefois dans les Dathacets qui furent la proie de l’incendie fait le pendant à la grande salle du réfectoire.

Un petit pont penmet aux pupilles d'accéder aux deux cours de récréation et au jardin situé en contre-bas.

Voilà, brièvement faite, la description des bâtiments affectés aux pupilles envoyées par les tribunaux. Ainsi que nous venons de le voir, il y a eu une simple adaptation des locaux. La majeure partie des améliorations ont été faites par la colonie elle-même qui, tour à tour, a scié, peint, lavé et enfin rendu habitables certaines parties abandonnées. Les crédits étaient rares, il a fallu beaucoup d’ingéniosité pour donner l’aspect propre et riant que revêtent certaines pièces comme la cure d'isolement ou la salle de travaux ménagers. Malheureusement, toutes ces modifications ne portent que sur le détail et il est difficile de transformer un château de la Renaissance en école pénitentiaire moderne. Les couloirs sont très larges et glacials, les réfectoires, la cuisine et la chapelle sont très humides ; ces pièces immenses sont difficiles à chauffer. Ces critiques ont été faites maintes fois et les inspecteurs ne peuvent qu'y répondre en invoquant la modicité des crédits (6 juillet 1921. Inspection générale des services administratifs : rapport de M. A. Mosse, inspecteur général).

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