‹ L'application du principe des pesées à la méthode oscillo-sphygmophoniqueChapitre 5 sur 25 · HAINE · texte numérisé non relu

HAINE

1° À la déperdilion perpendiculaire de la pression de la manchette à travers les tissus interposés, défaut commun à tous les appareils, que Gallavardin qualifie d’inexpugablie.

2° À la réaclion cardiaque, que, d’après Fernand Lévy, toute manchette constrictive provoque sur l'appareil circulatoire. « Les méthodes à manchette créent une résistance artificielle, capable de déterminer une réaction nerveuse d'hypertonie cardiaque, le cœur cherchant à s'adapter à l’obstacle qu’il doit surmonter. À priori, donc, toutes les méthodes à manchette, qui se basent sur la compression complète pour déterminer l'existence d'une Mx se trouvent faussées dans leur

principe ».

Le Professeur Pachon vint l’accuser de reposer sur une erreur de principe, et oppose à l'appui de sa thèse une expérience, qui pour lui doit être irréfutable.

« Tout est disposé comme pour prendre la tension par la méthode de Riva-Rocci. Pour rendre l'expérience tout à fait démonstrative, et l'exploration du pouls indépendante de toute appréciation subjective personnelle, l'outillage utilisé est celui du sphygmo-signal de Vaquez.

« L'ampoule humérale est conjugée à l'oscillomètre sphygmométrique, ce qui permet à l'observateur d’interroger à volonté le pouls huméral, et de connaître sa valeur à tout instant de l'expérience, qu'il Juge convenable.

« Le sphygmo-signal fonctionnant, c'est-à-dire le

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pouls antibrachial étant très manifeste, on établit dans le brassard huméral la pression juste suffisante à provoquer l'arrêt du sphygmo-signal, c'est-à-dire l’extinction du pouls de l’avant-bras. Etmaintenant au moment précis de l'extinction du pouls antibrachial, manœuvrons le séparateur de l’oscillomètre; de superbes occillations se manifestent, traduisant un pouls huméral très énergique à ce moment ».

De cette expérience, l’auteur conclut, que si on exerce une compression en une région déterminée d’un membre, il n'y a pas équivalence entre l'exploration du pouls au niveau même ou en aval de la zone comprimée. Ce qu'il explique en disant que le pouls s'éteint en aval par absorplion de l'onde pulsatile au niveau de la zone comprimée; que la disparition du pouls n’est pas due à un arrêt du cours du sang, par oblitéralion artérielle, mais à l’uniformisalion du cours du sang, par transformation de la zone artérielle comprimée en un segment élastique très extensible, en une véritable poche anévrismale arlbificielle, d'où l'influence de la hauteur du brassard, les chiffres étant d'autant plus bas que le brassard est plus large.

« Il en résulte que l'exploration seule du pouls à l'endroit de la zone comprimée doit être systématiquement adoptée en sphygmomanométrie clinique ».

En outre, en ce qui concerne l'appréciation de Mn, il faut reconnaïlre que celte méthode est pénible et souvent peu précise.

Quoi qu'il en soit de cetle crilique, il n'en est pas moins vrai que cetle méthode donne pour Mx des résultats des

Vies

plus intéressants, qui ne sont que fort peu démentis par les expérimentations faites sur le vivant au cours d'amputation, celles de Faivre (1856), d'Albert (1883), de Kuhe Wiegandt (18961 et celles surtout d'Ottfried Müller et Blauël en 1907. Ces dernières qui font presque loi en matière de sphygmomanométrie, donnent pour Mx 110, 115 millimètres à la radiale, 100 millimètres à l'humérale. Or, Gallavardin obtient pour Mx, par la méthode de Riva-Rocci, une moyenne de 110 à 120 millimètres, ce qui lui fait dire que la surestimation esttrès minime, puisque d'après les vérifications expérimentales elle ne serait que de 7,5 p. 100. Toujours dans cet auteur, nous lisons : « Bien qu'influencée par l'épaisseur des parties molles ou l'état des parois artérielles, cette surestimation, à cause même de son faible degré, n'est susceptible de présenter que des variations indivuelles peu étendues.

« Ces conclusions permettent de placer délibérement la méthode de Riva-Rocci au premier rang parmi les

méthodes se proposant de mesurer Mx. ».

Méthode oscillatoire. — Mais, depuis longtemps déjà, en 1876, Marey avait découvert le germe d’une méthode, qui, grâce aux travaux de Mosso, Roy et Adami, Oliver, Hill et Barnard, Pal, von Recklinghausen et Erlanger devait nous donner des appareils semblant se rapprocher davantage de la perfection. C'était la méthode oscillatoire. Ce principe trouva son application dans deux

, ss Te genres d'appareils :

LHRNURRS

l, Les uns étudiant les oscillations sur la compression circulaire pneumatique, tels l’oscillomètre de von Recklinghausen, le sphygmométroscope d’Amblard.

2 Les autres étudiant les oscillations sur le pouls total du membre par la méthode plétysmographique, tels les appareils de Marey, de Mosso, de Fleischer.

Dans ces appareils, les variations de compression et les oscillations du pouls étaient indiquées par le même manomètre, ce qui élait d’une lecture difficile, et exposait à des erreurs, la sensibilité des appareils étant variable selon les pressions. Il y avait donc intérêt à séparer les indications de la contre-pression et les oscillations, ce que réalisèrent l'appareil du professeur Pal, de Vienne, et l’oscillomètre, que le professeur Pachon de la Faculté de Bordeaux, présenta à la Société de Biolopie TeY19 Mai 1909’

Etude de l’oscillomètre Pachon. — On sait que ce dernier appareil est caractérisé par une disposition telle que la capsule anéroïde, qui doit extérioriser les oscillations artérielles est douée d'une sensibilité constante et maxima, puisque ses parois se trouvent toujours, à quelque régime qu'on l'interroge, préalablement dans un état de tension nulle, la pression étant toujours la même sur ses deux faces.

On sait également que Mx se lit au seuil des oscillations graduellement croissantes, à l'apparition de la première oscillation différenciée.

Pour Mn, au début, on la lisait au moment des oscillations maximales; en effet, le Professeur Pachon nous

disait : « Si on vient à exercer autour d’une artère ou d’un

lo

segment de membre une pression concentrique, le pouls de l'artère ou le pouls total du membre, présente la plus grande amplitude, quand la valeur de la pression concentrique est juste égale à celle même de la pression artérielle constante, ou Mn.

« La pression, indiquée par le manomètre au moment des oscillations maximales, représente exactement la valeur de Mn du sang dans l'artère ».

Maintenant, on lit Mn au moment de la première oscillalion décroissante, après les oscillations maximales, c'est-à-dire celle qui marque la sortie de la zone croissante, selon la nouvelle technique du professeur Pachon. « La première oscillation plus faible, succédant aux plus grandes oscillations, correspond à Mn ».

Si cel auteur a lui-même beaucoup critiqué la méthode palpatoire, la sienne le fut aussi d'une façon non moins acharnée. Et, malgré de grandes discussions dans la littérature médicale, la question ne semble pas tranchée. Il parait d’ailleurs difficile qu'elle le soit, puisque de longtemps encore, il semble que sur cette queslion, nous soyons condamnés à nous contenter de méthodes approximatives, plus ou moins entachées de cause d'erreur, les méthodes d’une exactitude rigoureusement scientifique n'étant pas toujours compatibles avec la pratique médicale.

Néanmoins, nous essayerons d'analyser la crilique de cette méthode.

Au sujet de Mx. — A). Sureslimation. — D'après les différents auteurs, le chiffre moyen qui exprime Mx, chez

les sujets normaux oscille entre 14 et 17 centimètres

mere

de Hg. D'une façon générale, il est jugé trop fort, par rapport à la Mx artérielle réelle, si pour cette dernière on se base sur les expérimentations de Ottfried Müller et Blauël déjà citées. De plus, cette surestimation est d'autant plus forte que Mx est plus élevée. C'est l'avis de MM. Josué, Lian, Gallavardin, Enriquez, Surmont, Barré.

Gallavardin écrit : » Les chiffres de la méthode oscillaloire sont constamment et souvent notablement plus élevés que ceux fournis par la méthode palpatoire. Or, toutes les vérifications expérimentales, que Je connais, vérifications faites non sur des animaux, mais sur l'homme (Müller, Blauël, Dehon, Dubus, Heitz) ont toujours montré que Mx sanglante était encore inférieure aux chiffres fournis par la palpation ».

Cet auteur explique cette surestimation par ce fait que la transmission de la pression de la manchette à l'intérieur de l'artère est inégale et incomplète, et ce, pour deux raisons.

1° Par déperdition perpendiculaire, par inertie des différents milieux interposés.

2° Par déperdition tangentielle, particulièrement étudiée par von Recklinghausen. « Quand la partie centrale de l'artère, dit Gallavardin, qui reçoit le maximum de pression (par exemple une pression initiale de 1» centimètres Hg, diminuée de la déperdition perpendiculaire) vient de s’affaisser sous une pression qui est si on veut de 14 centimètres Hg, comme au même moment les parties périphériques du segment artériel sont encore béantes, il faut bien admettre que leur pour-

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tour supporte une pression inférieure à 14. Suffisamment en dehors des bords de la manchette, les mêmes parlies molles sont soumises à une pression nulle. On est donc obligé d'admettre, que du centre de la manchelle jusqu'au delà de ses bords, la pression, qui pèse sur les parois artérielles, subit une dégradation progressive de 14 à 0, dégradation dont la pente peut être suffisamment raide dans Îles circonstances favorables, mais aussi plus oblique dans d’autres circonstances moins heureuses. Car, et c’est ce qu'il y a de plus grave, la déperdition tangentielle, qui ne fait que mesurer le taux de cette dégradation progressive au niveau des parties les plus périphériques du segment artériel, compris sous la manchette, ne représente nullement une valeur fixe, mais une valeur éminemment variable, suivant l'épaisseur des parties molles, et Ja hauteur de la pression initiale.

« Dès lors, pour une pression de 15 dans la manchette, de 14 sur la partie centrale de l'artère, quelle est la pression qui va peser sur ses parties périphériques el en commander la béance, 13, 12, 11. Ni l’une ni l’autre de ces pressions d’une façon fixe, mais une pression inférieure, tantôt de 1 à 2 centimètres, tantôt de 3 à 4 ou peut-être plus à la pression centrale,suivant l'élévation de la tension artérielle du sujet ou le diamètre de son bras.

« Une méthode sphygmomanométrique, basée sur la compression pneumatique d’un membre, aura d'autant plus de chance d'être exacte, qu'elle interrogera au niveau du segment artériel exploré un phénomène central, et non un phénomène périphérique... 2,20 HER à

DUFOUR

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