IV. — Groupes industriels
Voir, à la page 34, le tableau indiquant les chiffres des statistiques officielles.
Il en résulte que l'industrie occupe en France : 1.021.659 patrons
207.222 employés 3.319.217 ouvriers Nous allons examiner successivement ces trois catégories. Patrons. — Une partie des patrons travaillent eux-mêmes, tout en occupant des ouvriers ; d'autres se consacrent exclusivement au côté commercial de leur industrie : recherche des
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clients, achats de matières premières, encaissements, etc., et ne s'occupent (jue très peu, sinon jamais, de la partie technique. Même ceux qui travaillent personnellement avec leurs ouvriers doivent consacrer an coté commercial une portion importante de leur temps.
Dans la société collectiviste, les petits ateliers seront remplacés par des grands, les patrons deviendront donc inutiles et nous pourrions les supprimer en bloc. Cependant, pour ne pas être accusé d'exagération, nous en conserverons 200.000 pour tenir compte du travail personnel de certains d'entre eux et des directeurs qui resteront indispensables à la tète des ateliers nationaux. Notre réduction reste de ce chef à 821 .659.
Employés. — Il n'est pas excessif d'admettre une réduction de moitié sur le nombre des employés, à raison delà réduction du nombre des ateliers, de la simplification de la comptabilité des ateliers et de la suppression de la comptabilité commerciale, soit 103. ()11.
Ouvriers. — Les ouvriers sont les producteurs par excellence. Il n'y a donc aucune réduction à faire sur leur nombre ; mais grâce à l'anarchie de la production actuelle, aux crises pléthoriques suivies de ralentissements et de chômages qui en sont la conséquence, aux perturbations économiques continuelles résultant des changements apportés dans le mode de production, aux déplacements industriels qu'elles entraînent, à l'afTaiblissement physique, résultant pour les ouvriers, du surtravail, de la mauvaise hygiène, de l'insuffisance de l'alimentation, et à d'autres causes spéciales qu'il serait trop long d'énumérer, les ouvriers ne peuvent presque jamais travailler les 300 jours que comporte l'année normale. Tous subissent des chômages qui varient selon les professions, selon les localités, selon les circonstances, mais qui réduisent dans une proportion sensible la durée de leur travail effectif.
Nous avons fait une enquête personnelle consciencieuse pour déterminer, dans chaque groupe professionnel, la moyenne des chômages annuels. Nous avons de plus compulsé un document qui, s'il n'a rien d'officiel, ne nous parait pas moins digne de confmncc : nous voulons parler de l'enquête ouverte
par le secrétariat national du travail, auprès des chambres sj'ndicales ouvrières de F'rance et d'Algérie, sur le chômage, ses causes, sa durée et ses effets. Les réponses reçues par les enquêteurs ont été nombreuses ; la plupart sont précises ; lorsqu'elles faisaient naître un doute, nous avons pris l'interprétation qui réduisait le chômage aux chilTres les plus faibles. L'enquête a été résumée par M. \'. Renou, rapporteur-délégué, en une brochure singulièrement instructive (1) qui nous a fourni de précieux éléments.
Nous avons plutôt diminué qu'augmenté la durée indiquée pour le chômage. Et de plus il ressort de la lecture même du travail de M. V Rcnou que le seul genre de chômage qui ait été signalé par les chambres syndicales ouvrières est le chômage normal, périodique, qui reparaît à des saisons déterminées ; nous n'y voyons pas figurer le chômage, si fréquent, dû à des causes accidentelles et spéciales. Il est donc certain que nos chiffres sont plutôt au-dessous qu'au-dessus de la réalité. Nous reconnaissons cependant qu'ils ne peuvent être absolus ; mais ceux de nos lecteurs qui auront la curiosité de lire l'opuscule de M. Richter dont nous avons parlé, Où mène le socialisme — ce à quoi nous ne saurions trop les engager — feront la comparaison de nos recherches impartiales et approfondies avec les simples suppositions sur lesquelles se base l'écrivain allemand pour affirmer que le collectivisme réduirait la production des deux tiers. Ils verront ainsi de quel (*ôté doit être la vérité. D'ailleurs quand nous aurons récapitulé nos calculs il restera une telle marge pour les erreurs possibles, sans que notre conclusion en soit modifiée, que nos contradicteurs s'épargneront sans doute le soin puéril de discuter et rectifier nos chiffres de détail.
(l) Le chômage, ses causes, sa durée et ses effets, par V. Renou, Imprimerie J. Allemane 51, rue St- Sauveur, Paris.
Le tableau ci-dessous résiune les résultais de notre travail sur les chômages :
Nombre d'ouvriers