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CHAPITRE III

La valeur des choses.

Producteurs et non-producteurs. — Influence de rélément représenté par les non-producteurs dans la fixation de la valeur de la production générale. — Frais généraux sociaux. — Diminution des frais généraux sociaux par les lo\ers. — Leur diminution par lépargne individuelle. — Valeur exacte de la production générale. — Détermination de la valeur des objets en particulier. — Valeur des produits agricoles — \'aleur des produits industriels. — Prix de revient social. — Le prix de vente ne doit être ni plus fort ni plus faible que le prix de revient social.

Exceptions nécessaiies : menus produits agricoles.

Variations des qualités dun même produit. — Leur réglementation.

Abaissement graduel du prix des clioses sans diminution des salaires. — Bien-être croissant qui en résultera.

La société collectiviste, de même que la société capitaliste, comprendra des producteurs et des non-producteurs.

Ces derniers appartiendront à plusieurs catégories différentes :

1« Les possédants de la société actuelle, qui vivront des rentes qu'on leur aura allouées en reprenant leur avoir ; cette catégorie s'éteindra avec le temps et il ne restera que les suivantes,

2" Les assistés, qu'il ne faudra pas considérer comme les clients actuels de l'assistance publique, car ils comprendront des citoyens occupant tous les degrés de l'échelle sociale. Auront droit en effet à l'assistance de la société ceux qui ne pourront pas travailler et ceux qui auront assez travaillé pour avoir gagné leur retraite. On trouvera des détails plus complets sur ce sujet au chapitre de l'assistance sociale ;

3" Los agents dos sorvicos auxiliaires, c'est-à-dire ceux qui, ne produisant pas dircclenicul, ucn sont pas moins indispensables à la société, soit pour nietlrc les matières premières et l'outillage à la portée des producteurs et les objets produits à la portée des consommateurs, soit pour construire les bâtiments, les voies de communication, ou assurer les services sociaux de l'iiygiène, de l'assistance, de l'instruction, etc.

Il résulte de cette situation que les producteurs eflectifs devront travailler suffisamment pour pourvoir non seulement à leurs propres besoins, mais en outre à ceux des nonproducteurs.

Les produits obtenus, il faudra les répartir, et pour cela il est nécessaire d'en fixer la valeur.

S'il n'y avait ([ue des producteurs ce serait très simple : il suffirait d'attribuer à l'ensemble de la production la valeur de l'ensemble des salaires distribués, et cbaque travailleur pourrait retirer, en écbange de son salaire, une quantité d'objets produits correspondant exactement à son travail.

Mais alors il ne resterait rien pour les non^productenrs qui, cependant, ont à leur part des produits, des droits aussi légitimes que les producteurs. Il faut donc tenir compte de l'élément qu'ils représentent et fixer la valeur de l'ensemble de la production à l'ensemble des sommes versées dans l'année par IP^tat aux producteurs et aux non-producteurs, à titre de salaires, rentes, retraites, secours, etc.

Prenons des cbilTres cpielconques pour mieux préciser notre pensée, et supposons que dans le cours d'une année il ait été distribué par l'Etat les sommes suivantes :

Services producteurs 20 milliards

» auxiliaires 4 »

» de l'assistance sociale . . 6 »

Total. . . . :iO milliards

Le premier cliiirre, ([ui est de 20 milliards, représente en quelque sorte le prix de revient brut de l'ensemble de la production nationale.

Mais comme on ne peut pas se passer des services auxiliaires ni de celui de l'assistance sociale, les dépenses de ces services

doivent venir grever le prix de revient brut de la production ; les 10 milliards qu'ils représentent doivent donc être considérés comme les frais généraux sociau.r.

Et par conséquent c'est à 30 milliards, et non à '20 milliards, qn'il conviendrait d'estimer la valeur de l'ensemble de la production. De cette lacon on serait londé à penser que l'ensemble des objets de consommation seraient intégralement absorbés, dans le temps où ils auraient été produits, par l'ensemble des consommateurs qui restitueraient en écbange les 30 milliards qu'ils auraient reçus.

Mais deux éléments viennent modifier dans une certaine mesure les faits sur lesquels est basée cotte évaluation.

Dune part, ainsi que nous rexj)liquerons plus loin, une partie des sommes que distribuera annuellement l'Etat lui rentrera, non en écbange de marcbandises, mais sous forme de loyers de locaux servant à l'habitation, de recettes des chemins de fer pour les places de luxe et les transports d'objets appartenant aux particuliers, de recettes des théâtres, des hôtels, des bains publics en dehors de l'usage normal qui sera gratuit, etc., etc.

D'autre part, comme nous l'expliquerons également, il est certain que l'habitude de l'épargne ne se perdra pas complètement sous la société collectiviste bien que son utilité soit singulièrement réduite. Une partie des sommes distribuées annuellement par l'Etat ne sera donc pas dépensée par ceux qui la recevront dans le cours de la même année.

Supposons, toujours pour éclaircir le raisonnement, que sur les 30 milliards distribués par l'Etat, 2 milliards lui ren trent à titre de loyers et recettes diverses et 3 milliards ne lui rentrent pas du tout ; total ô milliards.

Si l'on a estimé à 30 milliards l'ensemble des objets de consommation, une partie de ces objets, représentant ces cinq milliards, ne sera pas consommée et restera en stock à la fin de l'exercice.

Or le but de l'Etat ne peut être de créer des stocks, en dehors de la quantité de marchandises nécessaires à son commerce d'exportation. li doit viser au contraire à ce que la

prodiiclioii soit à peu prvs égale, ou très légèrement supérieure aux i)esoins de la consouiuialion.

i*our éviter cet euconihrenienl des magasins publics, il est donc indisj)ensal)le d'évaluer rensemble de la production à rensemble des sommes distribuées par l'Etal, moins le montant des loyers et recettes diverses et des économies des particuliers. Dans l'exemple que nous avons cboisi. c'est à 25 milliards et non à 30 milliards que doit être évaluée la production nationale. De cette Façon tous les objets protUiits sont intégralement retirés en échange des 2") milliards qui rentrent dans les caisses des magasins généraux.

La statistique, en indicjuant les besoins de la consommation, permettra de fixer exactement la quantité d'objets à produire (on tiendra compte des augmentations de consommation probables, surtout dans les |)remières années) ; elle indi(|uera également le monlanl des. salaires des producteurs, des frais généraux sociaux et des loyers ; pour le chilTre de l'épargne on ne pourra procéder que par voie de prévisions ; mais ce chiffre variera peu d'année en année, et on pourra au début l'évaluera une somme relativement faible, car il vaudra mieux avoir excédent qu'insuffisance de marchandises.

Maintenant que nous avons une base exacte et rationnelle pour la détermination de la valeur de la production dans son ensemble, nous devons nous préoccuper de déterminer également la valeur de chaque objet en particulier, de façon à ce que le total des valeurs des objets pris séparément- soit bien égal à la valeur globale de la production.

Revenons à nos chiffres. Le prix de revient brut de l'ensemble de la production était de 20 milliards ; d'une part il a dû être augmenté de 10 milliards pour frais généraux sociaux ; d'autre part il a dû être diminué de ô milliards |)our loj'crs, recettes diverses et épargne. Les frais généraux sociaux, ainsi réduits, ne s'élèvenl [)lus (pi'à ô milliards au lieu de 10, soil 20 [)our 100 du prix brut. Nous allons partir de là pour fixer le ])rix des objets pris isolément.

S'agil-il d'un produit de l'agriculture? Il est d'abord acheté au cultivateur au prix du tarif; il reçoit ensuite les manipulations ou transformations nécessaires pour qu'il puisse être

livré à la consommation. Le blé, par exemple, est d'abord transformé en Farine, puis la farine en pain. Les frais de ces opérations s'ajoutent au prix (rachat. Le total ne représente que ce qu'il entre de salaire des services producteurs dans le l)rix du pain. Il faut y ajouter ensuite les frais généraux sociaux évalués à 2ô pour 100. Citons encore des chilïVes pour être mieux compris :

Un quintal de blé est acheté au cultivateur ... 20 fr.

Il produit 85 kilog. de farine; cette transformation coûte 1 »

Les 85 kilog. de farine produisent environ 100 kil.

de pain ; la transformation coûte 5 »

100 kilog. de pain ont donc pour prix de revient brut 26 fr.

Les frais généraux sociaux sont de 25 p. 100, soit 6 50

Total du prix de vente des 100 kilog 32 50

Prix du kilog. de pain, 0 fr. 325.

S'agit-il maintenant d'un produit industriel? L'atelier qui l'a fabriqué établit d'abord son prix de revient industriel par la méthode ordinaire qui est la suivante :

Dans les usines produisant des objets de différentes natures, un compte spécial est ouvert sur les écritures à chaque nature d'objet ; on fait entrer au débit de ce compte les matières premières, la main-d'œuvre, les frais généraux d'usine alTérents à sa fabrication. On totalise et on n'a qu'à diviser ce total par le nombre d'objets produits pour avoir le prix de revient industriel de chaque objet.

Dans les frais généraux d'usine on fait entrer, outre les salaires des directeurs, ingénieurs, contre-maitres, manœuvres, les frais d'éclairage, de graissage, de chauffage des chaudières, etc., et enfin l'amortissement des machines et installations, réparti sur autant d'années qu'elles devront probablement durer. Si une partie d'entre elles est prématurément remplacée, on doit amortir en une seule fois tout ce qui restait à amortir sur sa valeur d'achat.

L'industrie capitaliste fait aussi entrer dans ses frais généraux l'intérêt du capital engagé ; mais cet élément n'a plus de

raison cVèlre sous le régime collectiviste ; il en est de même de lamortissement des bâtiments industriels, puisque les dépenses du service des bâtiments sont comprises dans celles des services auxiliaires.

Nous avons dit que les matières premières doivent ligurer au débit du compte de chaque nature d'objet. Actuellement on en connaît la valeur par les factures du fournisseur. Sous le régime collectiviste, les services qui fourniront les matières premières les factureront également à ceux ([ui les emploieront. Ce débit ne sera fait, naturellement, que pour rétablissement des comptes, car il serait ridicule de créer des mouvements de monnaie entre divers services appartenant tous à la nation. Les services qui fourniront la matière première en débiteront les services (jui remploieront au prix de revient brut comprenant main-d'œuvre et frais généraux industriels, mais non les frais généraux sociaux. Ces derniers ne seront ajoutés qu'au moment où l'objet, entièrement terminé, sera livré au consommateur.

Dans certains cas la matière première sera fournie par le service du commerce extérieur qui Taura achetée à l'étranger ; le coton par exemple n'est pas produit en France. Le commerce extérieur débitera les fdatures au prix qu'il aura luimême payé sans aucune augmentation, ses propres frais généraux étant compris dans les frais généraux sociaux.

Le prix de revient brut de chaque objet produit industriellement étant établi comme il vient d'être dit, on le majore de 25 0/0 et on obtient son prix de revient social qui est aussi son prix de vente.

Dans la détermination du prix de vente des produits agricoles et industriels, on remarque cjue nous tenons compic seulement des éléments de dépense et qu'en somme l'Ktal vend au prix coûtant, ne se réservant ainsi aucun bénélice.

L'Etat, en elTet, qui n'est pas une personnalité distincte de la nation, qui se confond avec elle, ne doit pas chercher à réaliser des bénéfices sur les particuliers. Son rôle est de les assister mais non de gagner sur eux. D'ailleurs le voulùt-on (ju'on ne le pourrait pas. Kn elTet, de deux choses l'une, ou rélévalion artificielle du [)rix des choses correspondrait à une

élévation parallèle des salaires, ce qui ne changerait rien à la situation, ou elle ne serait pas accompagnée d'une élévation des salaires et alors la consommation descendrait au dessous du minimum des besoins ; la classe la moins favorisée manquerait du nécessaire. FA après l'avoir lait soulTrir ainsi, l'Etat aurait, à la fin de chaque exercice, un stock de marchandises non consommées qu'il devrait chercher à vendre à l'étranger !...

D'autre part l'Etat ne pourrait vendre au-dessous du prix de revient, car la consommation s'augmenterait et dépasserait les besoins réels ; mais il n'y aurait pas assez de marchandises pour la satisfaire et une partie du papier-monnaie distribué en salaires ne pourrait pas être échangée contre des marchandises, ce qui l'avilirait et causerait les plus grandes perturbations.

Rien de tout cela n'est admissible. L'équité, la logique veulent que le prix de vente soit établi comme nous l'avons indiqué, par la simple majoration, faite au prix de revient brut, du tant pour cent représentant les frais généraux sociaux.

Voilà donc la règle posée. Sera-t-elle sans exceptions ? Non pas. Nous allons en indiquer quelques-unes ; nous parlerons des autres au quatrième livre, chapitre III.

Il n'3' a aucun inconvénient à faire subir aux produits agricoles en général la majoration indispensable dont nous venons de parler, au moment de les livrer à la consommation. Mais l'inconvénient existe pour les menus produits tels que fruits, beurre, fromages, légumes, œufs, volailles, lait, qui n'ayant à subir aucune transformation industrielle, peuvent passer directement du producteur au consommateur. Si on les majore, le cultivateur cherchera à se passer de l'intermédiaire des magasins généraux et à livrer directement au consommateur en partageant avec lui la différence. Il résulterait de l'abus de cette pratique, non des dangers pour le fonctionnement de la société collectiviste, mais un certain trouble et un empêchement au contnMe du service de l'hygiène, qui n'est possible que si tous les produits passent par le magasin général.

Il est donc prcfcrahle doter le prolit de cette fraude et de la couper dans sa source en décidant que les magasins généraux livreront à la consommation les menus produits agricoles sans leur Caire subir la majoration représentant les Irais généraux sociaux api)li(iiiée à tous les autres produits. De cette iïiçon les cultivateurs auront tout intérêt à porter leurs produits aux magasins, et si quelques-uns les livrent directement, l'inconvénient sera minime.

On pourra dire qu'avec ce procédé le total des salaires distribués sera supérieur à ce que l'Etat pourra recevoir en écoulant l'ensemble de la production ; mais ce sera de si peu de chose qu'il ne vaudra pas la peine de s'y arrêter ; d'ailleurs même si cette ditTérence était considérable elle ne nuirait en rien au Conctionnement de la Société puis([u'il n'importe aucunement (jue tous les salaires distribués soient ou non intégralement dépensés. Enfin, cette différence, insignifiante en elle-même, sera compensée, et peut-être au-delà, par la majoration spéciale qu'il faudra, au nom de l'hygiène, faire supporter à certains produits comme l'alcool, le tabac, pour en limiter la consommation.

Les marchandises de même nature présentent toujours entre elles des différences de qualité qui justifient l'application de prix divers. Les différences tiennent soità laqualitéde la substance de la marchandise, soit à la qualité du travail qui l'a modifiée. Le plus souvent le prix de revient est le même pour les diverses qualités; mais le prix de vente nepeutéquitablement être le même; ainsi une assiette de porcelaine présentant des soufflures coûte aussi cher à produire qu'une assiette parfaite; cette dernière sera cependant toujours vendue plus cher. Danscertainscas, au contraire, le prixde revient va rie parce qu'on a emplojT de la matière première meilleure et qu'on lui a donné un travail plus soigné. Crest le cas du pain de dilTérentes (jualités. Dans d'autres cas enfin, c'est la nature qui établit les différences de ((ualité eu dehors de la (juantité ou de la qualité de travail. Cvs[ le cas du vin et de la plupart des produits agricoles On pourrait même dire ([ue ces divers facteurs se combinent presque toujours pour varier à linfini

la cfualité des produiis. On peut songer à établir des séries de prix aussi variées ; mais on peut et on doit classer les produits par catégories selon leur (jualité et fixer le prix par chaque catégorie. La règle à observer dans ces modifications de prix de vente sera de maintenir entre les extrêmes le })rix de revient général, de laçon à ce que lensemble des salaires permette d'absorber à peu près l'ensemble des produits.

Mais nous devons nous préoccuper spécialement du cas du cultivateur qui produit et livre aux magasins généraux. A celui-là on ne peut en équité pa^'er du mauvais blé aussi cher que du bon, et le (juintal d'un bœuf étique au prix d'un bœuf de choix. Ce serait encourager l'incurie et la paresse. D'autre part, il importe d'éviter entre les directeurs de magasins généraux et les cultivateurs des contestations sans issue, et de livrer le cultivateur à l'arbitraire du directeur de magasin puisque ce dernier seul peut être acheteur de ses produits.

On y arrivera d'abord en déterminant des prix différents correspondant aux qualités diverses, et au cas où le cultivateur et le dii-ecteur du magasin ne seraient pas d'accord sur la détermination de la catégorie dans laquelle doit rentrer la marchandise, en faisant trancher la question par un jury composé du délégué agricole de la commune, du directeur agricole et d'un habitant de la commune délégué par le préfet.

Il résulte des principes qui précèdent ([ue la valeur globale de la i)roduction dépendra non de la (piantilé des objets produits, mais du montant total des salaires payés pour les produire, augmenté des frais généraux sociaux. Donc si le total des salaires reste constant et que la production augmente — ce qui arrivera par le perfectionnement des moyens producteurs, on aura pour une même somme une plus grande ([uantité d'objets produits, ce qui diminuera le prix de chacun. Il y aura donc tous les ans à procéder à une nouvelle fixation du prix des choses, et ce prix, comme nous venons de le dire, ne pourra qu'aller en diminuant puis(|ue les progrès tie la science rendront la production plus abondante pour le même effort humain. La situation des citoyensdeviendra donc de plus en plus aisée, puisqu'ils pourront se procurer une quantité

(l'ohjc'ls (le consommalion de plus en plus grande eu échange de leur travail. Ce bien-être s'augmentera de lui-même par le fonctionnement normal des nouvelles institutions sociales, et c'est un des faits (|ui démontrent la haute supériorité de l'organisai ion collectiviste sur la société moderne, dans laquelle les progrès scientifiques se traduisent ordinairement par des chômages et un accroissement de misère, et tout au moins ne bénéficient nullement à la classe ouvrière.

Une autre augmentation de bien-être résultera de la diminution du travail quand la production sera devenue surabondante et supérieure même aux besoins les plus développés. A ce moment on réduira soit le nombre des heures de la journée, soit le nombre de journées du mois, ou encore on abaissera Vàae de l'admission à la retraite. I.a surabondance constatée indiquera la proportion dans laquelle le travail devra être réduit. Une simple règle de trois permettra de maintenir un constant équilibre. Qui ne sent la force et la valeur d'une telle organisation, comparée à l'anarchie actuelle, et combien la loi de l'oiTre et de la demande parait misérable et étriquée à côté de l'ample et inattaquable formule scientifique de la société collectiviste !

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