CHAPITRE IX
Organisation administrative.
Augmentation du nombre des portefeuilles ministériels. — Départements nouveaux. — Ministres sans portefeuille. — Leur rôle et leur utilité. — Individualisation de la responsabilité ministérielle.
Nous conservons le titre de ministres pour désigner les chefs responsables des difïérents services publics ; mais leurs attributions et leur nombre seront sensiblement augmentés. Il n'y a en efïet pas de comparaison à faire entre l'administration d'une société collectiviste et celle d'une société individualiste. Tel département dont l'importance est considérable sous le régime actuel, comme l'intérieur, passera au second plan lorsque les préoccupations politi(jues ne tiendront plus aucune place dans l'esprit des gouvernants. Tel autre, comme l'agriculture, dont le rôle est aujourd'hui très effacé, deviendra immédiatement l'un des premiers lorsque son chef sera investi de la direction effective de tous les travaux agricoles. De nouveaux portefeuilles seront créés, qui tiendront une large place dans l'organisation future, tels que ceux de l'industrie, de l'hygiène publique, de l'assistance sociale, etc. Bref, en tenant compte des besoins nouveaux, en évitant d'autre part de multiplier démesurément le nombre des ministères, nous
estimons qu'il conviendra d'en avoir dix-sept, y compris les anciens qui sont mainlenus. En voici la désignation :
Agriculture,
Industrie,
Commerce intérieur et extérieur,
Transports, Navigation cl Correspondances,
Mines et Carrières,
Forces,
Bâtiments et Voirie.
Hygiène publique.
Assistance sociale,
Colonies,
Trésorerie et Comptabilité,
Instruction publique,
Justice,
Beaux-arts, Littérature, Presse,
Intérieur,
AfTaires étrangères.
Guerre et Marine.
Nous croyons qu'en outre de ces dix-sept ministres il serait avantageux de créer trois ministres sans portefeuille, dont l'un serait président et les autres vice-présidents du Conseil des ministres et qui seraient chargés de porter la parole à la Chambre et au Sénat dans les questions de politique générale. Ces questions perdront beaucoup de leur importance et de leur acuité sous le régime collectiviste. Néanmoins elles subsisteront toujours. Chacun des ministres avec attributions spéciales sera trop absorbé par la direction de son service pour pouvoir leur consacrer assez de temps ; il sera donc préférable qu'il ne parle devant les Chambres que sur les affaires rentrant dans ses attributions. Il résultera un autre avantage de cette particularisation : c'est qu'on pourra individualiser la responsabilité ministérielle, jusqu'à présent collective, et éviter ainsi à la Chambre l'alternative d'exercer ses droits avec mollesse ou de provoquer à chaque instant des crises inutiles et même nuisibles. Si un ministre commet une faute dans son service, est-il juste, en effet, en lui donnant son
congé, (le se priver du concours de ses collègues qui remplissent leurs fonctions à la satisfaction de tous".' Quant aux actes ministériels relevant de la politique générale, s'ils excitent le mécontentement de la Chambre, elle renversera simplement les trois ministres sans portefeuille.
Nous allons examiner successivement les différentes branches de l'administration que nous venons d'énumérer et en indiquer sommairement le fonctionnement.