CHAPITRE HUITIÈME
— Non, s'écria-t-il. C’est vous les malades! Et votre maladie, la plus contagieuse de toutes, c’est votre foi ! Je te l'avoue, mon enfant, je ne demande qu'à l’attraper. Seulement, vois-tu, le malheur veut que je sois immunisé.
H s’assit sur son lit et attira la jeune fille à lui.
— Tu as la foi. Je veux me baigner en toi. Connaistu les bains de boue? Des infirmes viennent s’y plonger tout nus. Ils en ressortent guéris. Je suis nu, je suis pur, et pourtant je désire me baïgner dans la boue de la Foi. Je ne puis plus marcher, mes membres sont raidis. Prents-moi dans tes bras, jeune fille. Je veux vivre dans ta foi.
Il la pressa sur sa poitrine.
— Bien-aimé, je prierai la Madone, jour et nuit.
I] secoua violemment la tête.
— Non, non, elle ne peut rien pour moi. Toi seule peux me sauver. La Madone, c’est toi!
Elle se mit à trembler et balbutia:
— Moi, la Madone?
— Certes, affirma-t-il. Chacun a son propre Dieu, à Sa propre ressemblance. Le Dieu de ton confesseur est doux et bon comme lui-même. Le Dieu de l'Américain est aussi malpropre et mesquin que lui. Et ta Madone est pleine d'amour comme toi! Tous les êtres humains ont un Dieu auquel ils croient. Moi seul je n’en ai pas.
On eût dit l'appel d’un homme qui se noïe. La jeune fille se sentit pénétrée par ce désespoir.
— Prends ma vie, murmura-t-elle.
Il se redressa et la repoussa d’un geste.
— Je ne veux pas de ta vie. À quoi me servirait-elle?
Ad WTA PAEAATUT ars
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