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138 L'APPRENTI SORCIER la coulisse, tirait les fils de ces marionnettes. Pour ce jeu ne valait-il pas la peine de vivre?
Il se redressa d’un bond, appela Térésa qui accourut, hors d’haleine.
— Que veux-tu ? interrogea-t-elle.
Il l’interpella:
— Quelle est ta foi? Crois-tu en Dieu?
— Oui.
— Et en Jésus-Christ, son fils? au Saint Esprit, à da Madone, à tous les Saints?
— Oui, oui, fit-elle, tremblante.
— À Ja résurrection des morts? Au ciel, au purgatoire, à tout ce que l’Église enseigne ?
— Oui, dit-elle, Mais pourquoi ces questions?
Il continua, martelant chaque mot:
— Crois-tu à l'amour? Crois-tu que la terre est ronde? Crois-tu que ceci est une chaise et cela une table? Crois-tu au bonheur ici-bas?
Elle recula, effarée.
.— O, bien-aïimé, balbutia-t-elle.
— Réponds, ordonna-t-il.
-— Oui, je crois tout cela, répliqua-t-elle craintive.
Il eut un rire sauvage.
— Ainsi tu crois tout! Si je te dis que le curé vient aujourd'hui, te le croiras ?
— Pourquoi pas, si tu le dis?
-— Naturellement, pourquoi pas! Si je te dis que le soleil va tomber du ciel, tu le croiras aussi ?
Elle s’approcha de lui et lui caressa le bras. — Tu es malade?
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