‹ L'apprenti sorcierChapitre 120 sur 249 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Ses yeux s'arrêtèrent sur Térésa et il comprit le - rôle qu'elle jouerait dans Ia pièce qu'il rêvait. Saisi Le d’orgueil et de joie, il s’avança vers l’image et dit:

. - | — Saint François d'Assise, je te remercie, tu es : vraiment un brave saint qui rend le bien pour le mal.

Nous sommes de vieilles connaissances. Nous étions

= voisins dans ma ville natale aux bords du Rhin. Le ee jardin de ma mère touchait celui de ton couvent. Fu E te souviens comme nous nous conduisions mal avec tes

bons moines, mes camarades et moi. Nous nous sommes

5 lavés les mains dans ton eau bénite et y avons même 4 introduit des grenouilles et des sangsues. Quand le Le. père Cyprien, le père Barnabé s'absentaient du jardin, + nous leur volions cerises, poires et raisins. Ils nous + grondaient et nous pourchassaient;, mais l’on court si

mal avec tes frocs bruns! O saint François, jamais fruits ne m'ont semblé meilleurs que ceux volés dans ton

jardin, pourtant je te promets de ne plus recommencer, afin de te remercier de ne m'avoir pas gardé rançcune

et de m'avoir montré ce que je devais accomplir avec

À cette jeune fille qui est sous ta sainte protection.

Li Il parlait respectueusement et avec onction. La 4 jeune fille ne remarqua pas l'ironie cachée.

: — Que t'as conseillé le saint pour moi? demanda- + t-elle.

. — Quelque chose que je te dirai plus tard. C’est un

bon saint et j'ai toujours été si mauvais à son égard !

Il s’approcha de la veilleuse et l’éteignit. Térésa s'effraya.

— Que fais-tu?

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Gardant son sérieux, il répliqua:

— C’est pour qu'il dorme! Cette lumière qui brûle toujours doit le fatiguer à la longue.

— Non, déclara-t-elle d’une voix ferme, un saint nest jamais fatigué. C’est en son honneur que brûle Ia lampe perpétuelle. Je vais ranimer la mèche rallumée.

Frank Braun et Térésa quittèrent l’eglise et fermèrent la porte derrière eux. La rue était déserte et silencieuse. De la grange de l'Américain arrivaient des bruits confus: musique et chants.

Quand ils furent rentrés Frank Braun demanda:

— Connais-tu la vie de la sainte dont tu portes le nom ?

Térésa secoua la tête.

Alors il poursuivit:

— Je te la raconterai. Le temps que tu te mettes au lit, je suis de retour.

Il se rendit dans sa chambre à Coucher, fit sa toilette, revêtit son pyjama, prit un gros livre, quelques brochures et revint auprès de la jeune fille. Il s’étonna de trouver la chambre sans lumière, s’en fut chercher sa lampe et s'installa au pied du lit de Térésa.

Elle aperçut les volumes, Soupira, ferma les yeux

et tendant les bras vers lui, murmura:

— Viens près de moi, je suis si fatiguée.

— Ne veux-tu pas entendre mon histoire?

Elle acquiesça, obéissante et, saisissant le gros livre, elle épela le titre avec curiosité: Acta Sanctorum.

— Tu vas me lire cela ?

— Oui, répondit-il, je te parlerai de sainte Thérèse

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