‹ L'apprenti sorcierChapitre 121 sur 249 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

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-de Jésus dont tu portes le nom, d’elle et d’autres saïntes femmes,

Elle lui caressa les mains.

— Je préférerais que tu chantes !

— Non, je ne chanterai pas. On ne chantera plus

ee jamais au Val di Scodra que les cantiques de l’Améri- 7. cain. Tu connais Louise Lateau?

+ - — Non, répondit-elle dans un soupir.

L : — L'image de saint François t'est familière. Sais-tu + ce qu'elle représente? L’instant où la mère de Dieu

apparut au Saint homme et où il reçut du Seigneur les stismates.

— Oui, je sais.

— Eh! bien, il ne fut pas le seul à recevoir cette grâce. Marie de Morl et Catherine Emmerich portèrent aussi les stigmates. Louise Lateau, du bois d’Haine, en Flandre, fut la dernière que la main du Rédempteur marqua de ses blessures.

D'une voix douce, insinuante, tenant les mains de la jeune fille, il lui maconta la lévende. Elle écoutait et se laissait ‘envahir par le charme mystique qui l'avait «déjà tenue frissonnante aux pieds du prêtre. Elle respirait cette atmosphère suave qui depuis longtemps ne l’avait plus enveloppée.

Il l’entretint de Jeanne des Anges, de la sœur Catherine, de Marguerite Alacoque, fondatrice de l’ordre du Sacré Cœur, paralytique müiraculée, telle Sybilla Mandruzzo. Il lui narra eette vie, pleine de Célestes visions comme celle de sainte Thérèse, devant qui s'étaient ouverts les sept cieux, déjà sur notre terre.

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— Qu'est-ce qu'une vision? murmura tout bas la 28 jeune fille. À f:: — Je ne puis te l'expliquer moi-même, tu ne | : comprendrais pas. Je vais te lire les propres paroles de + la sainte dont tu portes le nom: « Les facultés de l’âme | s’endorment, mais leur sommeil n’est qu'apparent; elles perdent seulement conscience de leur activité. Une exaltation bienheureuse, une joie infinie s'emparent de ‘hs 5 l'âme qui s'arrête à cet état, sans pouvoir encore s'élever s davantage ni redescendre. Elle aspire au bonheur suprême. Elle est semblable au moribond à qui l’on a déjà mis le cierge en main et qui va, enfin, atteindre le trépas désiré. Elle ressent, dans cette agonie, la félicité la plus grande qui se puisse exprimer. L’on semble être mort à toutes les choses de ce monde et l’âme ne sait si 4° elle doit parler ou se taire, rire, ou pleurer. C’est une ë folie sublime, une extase céleste, une Jouissance mer- : veilleuse. »

à Il s’interrompit:

É Comprends-tu ce que dit la sainte, Térésa?

Peux-tu t'imaginer cet état? | ë Elle releva lentement ses paupières closes et le 2 regardant intensément, murmura:

— Oui, c'est comme. dorsque je suis dans tes Dras.

I] Jui caressa les joues.

— Et ce n'est qu'un commencement. L'âme fiancée de Jésus éprouve, dans l’étreinte divine, un bonheur supérieur à tout ce que les hommes peuvent donner.

— Que voit-on? demanda-t-elle.

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