‹ L'apprenti sorcierChapitre 123 sur 249 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

ment de la présence de Dieu me saisit avec une telle force que je ne sais quoi devenir. Je le vois si grand et je me sens si petite que je ne sais où me cacher. Je suis irappée par une lumière éblouissante; maïs cette lumière n’est pas sensible aux yeux du corps, elle atteint l’âme, à la facon d’un éclair. C’est une clarté sans fin qui fait paraître la grandeur de Dieu et mon néant. Je me trouve dans un autre monde. Cette même lumière qui me sépare des choses extérieures, me réunit à Dieu immédiatement. » lle voyait le Rédempteur, ses stigmates, sa couronne d’épines; elle Ile voyait s’acenouiller, tomber, cloué sur la croix par les bourreaux. Elle souffrait, agonisait avec lui. Quand il avait rendu le dernier soupir, elle l’apercevait, en plein ciel, dans les bras de son Père.

Les yeux de Térésa brillaient. Elle murmura:

— Cela doït être splendide.

Il approuva:

— Les créatures humaines ne peuvent pas atteindre un bonheur plus haut. Et, ce qu'il y à de plus étrange, c'est qu'alors les tortures les plus afroces se transforment en délices suprêmes. Aïnsi tu comprendras quelles voluptés deviennent, pour Pietro et ses adeptes, les souffrances de la flagellation. Lis comment s'exprime la Mère du Sacré Cœur de Jésus, Marie-Marguerite Alacoque, sur la volupté des douleurs.

Il tendit le livre à Térésa qui lut, à voix basse, le passage indiqué: |

« Sans la croix et le Saint Sacrement, il me serait

impossible de vivre, de supporter mon exil dans cette

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