LES
vallée de larmes. Je n'ai jamais demandé de soulagement à mes douleurs. Plus mon corps était accablé, plus mon âme s’en réjouissait, plus elle se sentait libre de s'unir à mon Jésus souffrant. Mon Seigneur ne s'éloïgnait jamais de son humble victime dont il connaissait la faiblesse ei l'indignité. Parfois il me confiait: «Je t'accorde un orand honneur, ma chère fille, en me servant de si nobles instruments pour te crucifier. Mon Père Éternel m'a livré aux bourreaux pour me mettre à mort et j'emploie pour toi, à cet effet, mes prêtres consacrés. Je veux que tu m'apportes toutes tes souffrances pour ton rachat.» Ainsi parlait le. Seigneur et moi je ne parle que de la joie de la douleur, avec une telle plénitude de bonheur qu'il me semble que je pourrais écrire des livres entiers, à ce sujet, sans jamais apaiser mon désir. » Frank Braun reprit le livre des mains de Térésa.
— Ainsi, dit-il, de la souffrance naît la béatitude
suprême. Mais personne ne peut exprimer cette béatitude. Celui qui apprend à connaître cette volupté, celuilà est en Dieu, il est Dieu lui-même. Térésa, voudraistu connaître une telle félicité?
La jeune fille soupira:
— Je suis pleine de péchés.
__ J] n’y à qu'un péché devant le Seigneur!
— Lequel?
__ Ne pas être en Dieu ! C’est le grand péché. Si tu es en Dieu comme le furent sainte Thérèse, sainte Catherine, Louise et Marguerite et tant d’autres femmes pieuses, tu es libérée de tout péché pour ce court instant. Quand il est passé, tu te retrouves en état de péché mortel et