‹ L'apprenti sorcierChapitre 14 sur 249 · SET · texte numérisé non relu

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individus s'intéressèrent à lui et le délivrérent de ses soucis matériels. Le petit savetier devint ainsi un honorable cordonnier, puis un marchand de chaussures. C’est alors que lui vint la fortune. A une loterie, organisée par la municipalité pour l'érection d’un nouveau temple, Pietro Nosclere gagna le gros lot: vingt mille dollars. Il resta encore un an, là-bas, puis, le mal du pays le tenaillant, il revint, d’une seule traite, au village, où il eut tôt fait d'acheter une ferme. C’est 1à que vit notre Américain depuis près de trois ans.

L'Allemand remarqua, en riant:

— Et mister Peter occupe ses lôisirs à prècher,

dans son village natal, la doctrine étrangère qui lui fut

si favorable!

— Oui, c'est à peu près cela, confirma le prêtre, quoiqu'il ne s'agisse point, à proprement parler, d'une doctrine. Pietro Nosclere qui ne comprend rien à la, culture a, sur mes conseils, placé son avoir en fonds d'État. Il a laissé le soin de ses quelques arpents de terre et de son ménage à sa femme qu'aident un valet de ferme et une servante, Cet homme reste donc inoccupé tout le jour. C’est ainsi qu'il en vint à se souvenir de ses frères de Pensylvanie.

— Que fit-il pour commencer?

— Il pria tout seul, chez lui, à heures fixes et à haute voix. Peu à peu il attira des voisins, ceux qu'il emploie ou qui lui doivent quelque argent. Il joue un peu le rôle d’un Crésus dans son pays et chacun cherche à lui être agréable.

— Mais, que prêche-t-il donc?

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