CHAPITRE PREMIER
— Jl prêche la pénitence. I fait prier et chanter
les gens en commun. Leur travail terminé, tous
s’ennuient dans ce coin perdu. Les séances de lAméricain leur apportèrent une distraction nécessaire. Le nombre des disciples de Pietro Noselere augmenta si rapidement qu'il dut transformer une vaste grange en salle de prières.
— S'estil séparé de l’Éalise, lui et sa secte ?
— Jamais de la vie. Aucun de ses frères d’Amérique n’avait abandonné sa confession, fût-il protestant catholique, quaker ou méthodiste. J’en ai parlé quelquefois à Pietro. Au fond, il ignore le but exact que poursuivait cette secte de Pensylvanie. Il a toujours les mêmes phrases à la bouche: faire pénitence, acquérir la sainteté sur cette terre, combattre le démon, etc. etc. Il lui semble sans doute que l'Église catholique ne suffise pas à cette tache.
— Attaque-t-il ouvertement certaines de ses institutions ?
— Oui et non. I dit par exemple: la confession est une bonne chose, mais insuffisante. On doit avoir Île courage de dénoncer publiquement ses péchés. C'est le seul moyen de bannir l'esprit du mal. Ici-bas le démon rôde partout il faut le chasser par les prières et par les cantiques.
— Voilà qui est bien dans le style de l’armée du sabut. A mon avis, il n'est guère dans lintérêt de l'Église que vous attendiez, les bras croisés, le jour où vous serez débordés par ce mouvement.
— Si vous connaissiez nos montagnes, docteur, vous
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