CHAPITRE DOUZIÈME
Carmelina, docile, enleva sa jupe. La sainte se tourna vers les musiciens:
__ Et vous? leur dit-elle. Vous ne voulez donc servir Dieu qu'avec vos instruments?
Ils se levèrent tous.
— Pas tous à la fois, dit la sainte ‘en leur barrant la route. Venez, Linda et toi aussi Cornaro et vous Toïanni, Tullio Tramonte, vous autres, restez assis et jouez!
Tullio, maigre jeune homme de dix-sept ans et la Cornaro, belle et forte femme à la chevelure rousse se déshabillèrent en un clin d'œil, maïs Linda, quinze ans à peine, hésitait, Ôtait sa robe, gardait sa chemise et son jupon. Térésa courut vers. elle.
— Tu as peur, Linda? Tu redoutes donc la grâce du Seigneur ?
Elle lui arracha chemise et jupon.
— Le sang de tes reins davera tes P échés!
Elle poussa Carmelina vers eux et, décrochant de la muraille une lourde cravache, elle ordonna :
—— Agenouillez-vous, courbez la tête et priez le
Seigneur !
Les quatre corps, blancs et nets, ne portaient nulle trace de blessures. En quelques minutes la orâce divine donnant au faible bras de la sainte rune force terrible, les quatre corps furent en sang, là peau se fendit. Les malheureux se roulaïent à terre, hurlaient de douleur. Ce ne fut bientôt plus qu’un amas confus de jambes et de bras enlacés, agité de sursauts convulsifs, plein de
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