‹ L'apprenti sorcierChapitre 197 sur 249 · CHAPITRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOUZIÈME

mettre au chauffeur. Je vais la préparer et tu la cacheras dans l’étable. Que personne ne te voie! Quand tu monteras là-haut, non plus!

Angelo prit une mine sérieuse. Le ton impératif de l'étranger l’impressionnait.

— Je monterai par le chemin des chèvres, dit-il à voix basse.

— C’est cela, approuva Frank Braun, et emmène Marfa avec toi!

H Tui tendit un billet de dix couronnes:

-— Tiens! Quand je serai dans l'auto, tu en auras un autre!

Le valet, indécis, retournait le billet dans $es doigts.

+ — Monsieur, baltutia-t-l, monsieur.

| — Prends donc! dit Frank Braun.

Puis il rentra. Angelo lui prépara des œufs, du lait. + du pain et du jambon.

— C’est la dernière fois que je déjeune au Val di Scodra, murmura l'Allemand.

__ Îl trouva le repas excellent, mangea deux fois plus F qu’à l'ordinaire. | L. Sa valise terminée, il siffla le valet qui la recouvrit d'un grand sac de toile «et la dissimula dans l’étable, en grimaçant, l'air important.

à Lentement Frank Braun s'en alla vers le village. Où étaient donc ses gardiens ?

Il parcourut les ruelles, en rasant les maisons. Nulle Part personne, Le village entier semblait désert, mort.

— DT Te CT ne vs

Le soleil dardait ses rayons sur les pierres rondes. Desant l’église un chien galeux se roulait dans la poussière. Il prêta l'oreille, n’entendant aucun bruit, dans ce

silence brûlant. |

Alors il pressa la marche, monta à la grange de 4 l'Américain, ouvrit la porte, entra. C'était vide; mais on avait rangé des bancs, davé le plancher. Les bassines «de cuivre, les cierges, les disciplines n'étaient plus là. Le cadavre du petit Gino avait disparu.

Il sortit par la fenêtre et considéra la maison du prophète. Là, non plus, rien ne bougeait. Au-dessus du ruisseau, qui traversait le jardin, tournoyaient de orandes libellules bleues. |

Enfin, près de l’étroit sentier qui longeait le ruisseau, entre les saules et les aubépines, quelqu'un était accroupi: Giovanni Ulpo, vêtu de son seul pantalon et se frottant le dos et la poitrine d’une graisse malodo-

rante.

__ Où sont donc les gens du Val di Scodra? demanda Frank Braun. Il n’y a personne dans le village.

__— Jls sont chez eux, répondit le jeune homme. Chacun se prépare et met ses habits du dimanche. Le prophète en a donné l’ordre.

— Est-ce jour de fête aujourd'hui?

— Oui. C’est la fête de la sainte. La sainte va

monter au ciel.

— Qu'est-ce qu'elle va faire ? | __ Monter au ciel. Elle l'a annoncé, elle-même. Le | prophète l'a écrit, sous sa dictée. Ratti et Ronchi ont lu ses paroles, devant chaque maison.

Prat

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