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CHAPITRE QUATORZIÈME

—— Tu ne pourras pas la porter, ma sœur, dit Ronchi.

— Î faut que je la porte! répondit-elle. Le Seisneur n'a#t-il pas porté la sienne?

Elle refusa toute aide, chargea le lourd fardeau sur ses épaules sang lantes qui plièrent.

7 lapPpez-Moi, réclama-t-elle. Traitez-moi comme les soldats traitèrent Jésus sur le chemin du Golgotha.

Elle trébucha sous les coups de fouet.

À la troisième station, elle s'évanouit, comme le Christ sur l’image, tandis que les assistants priaient. Ses femmes laïdèrent à se relever. Elle reprit la croix et se remit en marche. : :

À la quatrième station, elle s'arrêta de "NOUVEAU, déposa la croix à terre et s’agenouilla, des veux fixés sur Pimage où le Rédempteur rencontre sa Mère douloureuse.

—— Notre Père qui êtes aux cieux. pria-t-elle, donnez-Mmoi la force nécessaire!

Alors üls repartirent. La sainte ne marchait plus qu'avec peine, flagellée sans répit par la foule.

La cinquième image représentait l'intervention de Simon le Cyrénéen que les soldats obligeaïent à prendre la croix du Sauveur épuisé,

SCUrTO s’avança rapidement et placa le bout de Ia croix Sur ses larges épaules.

[ls gagnèrent ainsi la sixième station où Vér onique essuie la sueur sanglante qui coule du divin vis age. Linda Vuotto déchira un morceau de son voile et le tendit à la Sainte qui s'essuya le visage.

__ Garde-le, ma, sœur, en souvenir de moi! dit Térésa.

Le douloureux calvaire continua, station par station.

__ Ne nleurez pas sur moi. dit-elle à ses femmes. Je ?

vous prépare une demeure auprès du divin Fiancé. Obéis-

sez au Selgneur!

C’est ainsi qu'ils parvinrent à la dernière station: la mise au tombeau.

— Que des destins s’accomplissent! dit la sainte.

Le prophète récita la prière des cinq plaies de Jésus. Et tous parcoururent la dernière étape, le Golgotha.

La sainte s’agenouilla devant Le Fils de l'Homme

crucifié, puis se leva, désigna une place, près de la croix du Seigneur :

— Dressez ici ma croix!

Raïtti et cinq jeunes paysans, à coups de pelles et :

de pioches, creusèrent un grand trou dans le sol, auprès duquel Seuro et Venier déposèrent la croix. | La sainte embrassa ses femmes, se coucha sur la croix, joignit les jambes, étendit les bras.

Le valet considéra l’image du Christ.

On ne peut pas clouer les pieds! dit-il.

Il vaut mieux les attacher, remarqua Cornaro.

La sainte le regarda.

__— Voudriez-vous me traiter comme les larrons? déclara-t-elle. Préparez un support pour mes pieds!

À coup de hache, Souro tailla le support et de cloua. sur la croix de la sainte, juste au-dessous de ses pieds!

—— Est-ce bien ainsi, ma sœur? demanda-t-il.

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