‹ L'apprenti sorcierChapitre 43 sur 249 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

d’un sentiment d’intime satisfaction. Il s'étira, fier de ses {rois victoires et remarqua joyeusement:

— Ainsi je puis boire comme jadis, aimer comme jadis et avoir, par-dessus le marché, une révélation soudaine.

Il Ôôta son pyjama, se regarda, tout nu, dans la

glace. II pansa ses légères blessures et la chanson d'Édith Schwanenhals lui revint en mémoire:

Sur l'épaule de son amant, elle aperçut Trois cicatrices, trois morsures de sa bouche,

Trois témoins indiscrets de leur amour farouche Et posa les lèvres dessus!

I prit son tub, s’habilla et, tout en descendant l’escalier, se demanda quelle attitude allait prendre la jeune fille à son égard.

L’aubergiste de fort méchante humeur lui apporta son déjeuner et lui réclama, sur-le-champ, le montant des dépenses de la veille.

— Vous êtes homme de précaution, lui dit Frank Braun.

— Ça vaut mieux, rétorqua le vieux.

Il ramassa l'argent, le Compta soigneusement et s’en

fut. | | La jeune fille ne se montrait toujours pas.

À midi, l’aubergiste le servit, d'aussi mauvaise grace. Frank Braun pensa que la jeune fille avait, peutêtre, raconté quelque chose; mais il n’osa rien demander. À tout hasard il s’enquit du douanier.

— Îl est parti depuis longtemps, encore plus mal fichu que moi, grommela l’'aubergiste.

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— Et mon casque? demanda Frank Braun.

— Îl ma chargé de vous dire qu'il l’emportait. Il ne pouvait pas s’en aller nu-tête. Il en achètera un autre et vous rapportera le vieux quand il reviendra.

— C’est bon, acquiesca l'Allemand.

L’après-midi il prépara ses livres; mais, incapable de se mettre au travail, il alla dans la chambre de 1a jeune fille. La pièce était vide. Il sortit de l'auberge, parcourut l’étroite vallée, rongeant son frein.

Le soir, ce fut encore l’aubergiste qui lui apporta

Son repas. Frank Braun se décida brusquement : — Votre fille n’est donc pas 1à?

Le vieux s’assit en face de lui. Il semblait d’excellente humeur.

— Térésa est allée à la ville, rétorqua-t-il tranquillement. Oui, elle tenait à voir son confesseur.

À cette pensée qu’elle voulait se confesser, Frank Braun se mit à rire. Quelle tête avait dû faire don Vincenzo, en apprenant le succès de sa lettre! Cependant l'Allemand ne pouvait se libérer d’une certaine inquiétude. |

— Je lui ai donné une lettre pour don Vincenzo, poursuivit Raïmondi, en bourrant sa pipe. Je le remercie de vous avoir envoyé ici. S

Frank Braun rit de plus belle. La situation était vraiment comique. Que pourrait bien répondre le vieux prêtre à ces remerciements?

— Quand est-elle partie? interrogea-t-l.

— À onze heures, avec la diligence et elle rentrera,

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