CHAPITRE TROISIÈME
à pied, demain matin. Que voulez-vous boire aujourd’hui.
Monsieur ?
— KRien, répondit Frank Braun, en se dirigeant vers
la porte.
— Rien, monsieur? L’Allemand se retourna.
— Non, l'ami, rien du tout. Je ne bois Jamais, à peine une fois, tous les deux ou trois ans, quand
l'envie m’en prend.
L'aubergiste se gratta le menton et balbutia:
— Monsieur...
— Eh! bien, qu'y at-il donc?
— Monsieur, bégaya l'autre, j'avais cru que vous
boiriez chaque jour, quelques bouteilles...
la pension est si bon marché!
Le prix de
— Bon marché! Vous appelez cela bon marché? Il me semble, à moi, que je vous paye, assez cher, mon
logement et ma nourriture.
— Îl n’y à pas que le logement et la nourriture,
monsieur.
— Qu'y a-t-il donc encore?
Raïmondi hésita. Il cracha, bourra sa pipe, ouvrit
Ja bouche:
— Monsieur, fit-il, monsieur.
— ÆExpliquez-vous, que diable!
— Puisque vous le voulez! Vous étiez cette nuit
dans la chambre de Térésa.
L’Allemand, désarçonné, ne sut d’abord que répondre, tandis que l’aubergiste l’examinait par en dessous.
Enfin, il se décida:
— Est-ce votre fille qui vous l’a dit?
Raimondi secoua la tête.
— Non, monsieur. J’ai entendu.
— Ah! vous avez entendu? Je vous croyais sourd comme un pot. Et puis vous étiez ivre hier soir. Vous n'avez rien entendu, Vous avez rêvé.
L’aubergiste cligna de l'œil, la mine amusée.
— Non, vous avez été chez ma fille, Térésa a crié: et quels cris! Je me suis réveillé. Je suis monté. La porte était ouverte. La petite lampe brûlait. Je vous ai vu dans son lit, je vous ai vus, tous les deux,
Frank Braun lui saisit le bras.
— Et vous êtes redescendu tranquillement, Raimondi ?
— Oui, monsieur. Excusez-moi, je n'aurais jamais rien dit si...
Frank Braun lui coupa la parole.
— Tais-toi, Raïimondi! Le reste ne m'intéresse pas. Je ne veux pas que ma sobriété te fasse perdre quelque chose. Tu as droit à une indemnité.
Il tira de sa poche quelques billets, les jeta sur la table et sortit. | |
Il remonta dans sa Chambre, regarda par la fenêtre, Térésa ne viendrait-elle pas? Il murmura:
— La voici trois fois mienne. D'abord je l’ai prise de force. Ensuite, elle s’est donnée à moi; et puis son père me l’a vendue!
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