‹ L'apprenti sorcierChapitre 45 sur 249 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Le lendemain matin, ce fut Térésa qui lui servit son petit déjeuner, dans la salle commune. dl lui prit da main, avec de gaiïes paroles de bienvenue. Elle se dé- Sagea, lui murmura un bonjour, à voix basse, et s’en fut.

Frank Braun déjeuna lentement. Il espérait le

! retour de la jeune fille. Elle ne reparut pas. Plus tard, il la rencontra au jardin. Elle s'enfuit comme il allait SE vers elle. 4

Il essaya plusieurs fois de lui parler, ce jour-là, et les suivants. Elle l’évitait. Une nuit, il voulut pénétrer dans sa chambre. La porte était fermée au verrou.

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1 — dant pis! Laïssonsda, songeat-il.

| Il la désirait encore; maïs sans violen ce, presqu'à s + Son insu, Le reste du temps, il l’oubliait. : | Il travaillait beaucoup, donnait toutes es pensées 3 | - à son œuvre. Il la voyait grandir, prendre forme. Son . mastodonte, comme il le nommait, devenait viable, LE 1 maintenant qu'il tenait, dans sa main, l’os de Cuvier. ;

Un jour, au Cours d’une promenade, il entra chez

mister Peter. Il avait presque oublié l'Américain, comme — Vamour de Térésa. On chantait un cantique du carême : ee

Que mes chants traversant l’espace, apportent mon cri de pitié, | Le Agneau divin, agneau sans tache.

Qui me lavas de mes péchés.

Jésus, imprime tes souffrances | Dans le cœur de tous les chrétiens. »

En t’adorant j'ai l'espérance

D'être un jour au nombre des tiens.

ES ee ee mm et

Frank Braun examina là vieille grange. Elle était vaste, avec trois murs en pierre; seul, Celui de devant était construit en planches. Pour la transformer en salle de prières, on avait démoli le plafond qui, jadis, la mur latéral. Aucun ornement religieux, sauf un grand séparait en deux étages et percé une fenêtre, dans un crucifix, pendu au fond.

L'assemblée ne différait pas de celles de l'Armée du Salut. On chantait et priait avec ferveur. Puis l'Américain fit un sermon sur la pénitence, luttant contre le démon, père de tous les péchés. De temps en temps il entremêlait son prône de belles phrases, en mauvais anglais, retenues, sans doute, de son séjour en Pensylvanie, Il exhorta ses auditeurs à la pénitence et termina par une ardente prière. Ensuite, il demanda si quelqu'un de l'assistance «voulait dire son âme».

Un robuste valet de ferme, agrémenté d’un énorme goître rouge, se présenta. Il raconta, en bégayant, qu'il avait été un terrible ivrogne, saoul quatre fois la semaine et deux fois le dimanche. Il s’exalta aux souvenirs de ses débordements, exagéra ses vices, se peigmit le plus noir possible pour apparaître plus rayonnant, dans la blancheur récente de sa vertu. Le Seigneur Jésus lavait illuminé de sa grâce et il ne trouvait plus de bonheur que dans la contemplation de l’Agneau et du sang divin. Il grommela:

— J'étais aussi noir qu'un diable de l'enfer et me voici purifié par la grâce du Rédempteur. Depuis trois

mois Dieu me préserve de tout péché. J'étais plein de vin

et me voici plein du Saint-Esprit.

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