‹ L'apprenti sorcierChapitre 48 sur 249 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

se mit à apprendre la langue masure, que personne ne parlait plus. Il prétendait que c'était la plus belle du monde et que chaque habitant de Masurie devait la connaître. Il traduisit Schiller et Klopstock en masure, puis Ramler, Eichendorff et tous les poètes patriotiques. Il réussit effectivement à fonder un petit parti, se présenta aux élections du Reïchstag, comme candidat masure et réunit, sur son nom, plusieurs douzaines de suffrages. Il découvrit à son bien-aimé Schiller, ainsi qu'à luimême, quelque ancêtre masure. Actuellement ïl ne pense plus qu'à une chose: restaurer la patrie masure de l’Elbe à la Duna. Auparavant il était Allemand, maintenant il est Masure et le seul au monde à parler cet idiome.

La langue? C’est un peu la peau de lion de tous les ânes !

Frank Braun se rappelait encore Friedrich Wäülhelm Bandmann. C'était un encadreur dont la maison touchait à celle de ses parents, un célibataire, qui ne jurait que par Bismarck. Lorsqu'il apprit la démission forcée du chancelier de fer, son sang ne fit qu'un tour. IH vendit sa maiïson, son fonds de commerce, s’enivra une dernière fois au club des vétérans, et, les lanmes aux yeux, S'embarqua pour d'Amérique. Le transatlantique aborda à Hoboken. Comme Bandmann ne savait pas un traître mot d'anglais, il demeura dans cette ville allemande et ne traversa le fleuve qu’une seule fois pour aller à New-York, non sans s'être fait accompagner. Il ne resta que deux heures et demie à New-York. La ville ne lui plaisait pas; Hoboken non plus, du reste.

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